Publié le 25 Jun 2021 - 14:54
SUIVI CAMPAGNE AGRICOLE

Les producteurs veulent plus de graines

 

Le Comité national de suivi de la campagne agricole, conduit par le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, a effectué, hier, une visite au niveau des commissions de Ngohé et de Ndoulo, dans le département de Diourbel. Il a entendu certaines doléances relatives à la remise à temps des intrants comme l’engrais, mais aussi et surtout à l’augmentation des quotas des semences d’arachide.

 

Mamadou Dieng, 71 ans, domicilié au village de Ngohé, dans le département de Diourbel, est déçu de la qualité, mais aussi de la quantité de semences que chaque personne pourra acheter. Il regrette le régime de feu le président Léopold Sédar Senghor pendant lequel ils avaient ‘’des semences à suffisance et gratuitement’’.

Le septuagénaire, qui s’exprimait en marge de la visite du Comité national de suivi de la campagne agricole, voudrait que les quotas de semences soient revus à la hausse. Très amer, le vieux Dieng, qui est cultivateur depuis l’âge ses 16 ans, déclare : ‘’L’Etat parle de semences mais, en fait, c’est du n’importe quoi qu’on nous vend. Il ne nous donne pas les graines. S’il est logique avec lui-même, il faudra qu’il remette des semences de bonne qualité. Il nous a beau fait croire que la relance économique passe par l’agriculture, mais ce que nous constatons, c’est tout le contraire.’’

Ces paroles de ce septuagénaire rencontré au village de Ngohé suffisent pour démontrer que les semences cédées aux producteurs sont en deçà de leur espérance. 

Ces quotas de semences rapportés à la population sont comme une goutte d’eau dans la mare. ‘’La population totale de la commune de Ndoulo tourne autour de 8 283 personnes, réparties dans 56 villages. Ce qui fait 12 kilos de coques par personne. Pour les décortiquées, chaque personne doit se retrouver avec 1,5 kilo’’, explique le président de la Commission de distribution des intrants agricoles Ibrahima Ndiaye.

Mamadou Diouf, représentant du sous-préfet de Ndoulo au niveau de la commission locale de réception et de cession de Ngohé, en a lui aussi fait l’amer constat. ‘’Nous avons reçu le quota de 50 tonnes d’arachide et on a vendu 45, 500 tonnes. Donc, il reste actuellement 4,050 tonnes. Les quotas ne suffisent pas, parce que c’est le même quota que nous recevions depuis 2013, au moment où la population était estimée à 30 000 habitants. Actuellement, la commune compte près de 40 000 habitants et nous continuons à recevoir le même quota. Ce qui n’est pas normal’’, relève-t-il.

Par ailleurs, renseigne Ibrahima Ndiaye, ils ont reçu à Ndoulo 100 tonnes de coques de bonne qualité provenant de l’opérateur Adiou Sène. ‘’Sur les 100 tonnes qu’il devait apporter, il ne manque que 200 kg. Les opérations de vente ont débuté. C’est ainsi que le kilogramme de R2 est cédé au producteur à 230 F CFA. S’agissant du deuxième opérateur Sadikh Ababacar Mbacké, il a apporté 25 tonnes qui représentent le quota qui lui a été alloué. Ce sont des graines écrémées, mais ce sont des tout-venants. Le prix du kilogramme de ces graines est de 540 F CFA. Le sac de 50 kilos coûte 22 000 F CFA. Ce sont des semences décortiquées et nous en avons déjà vendu 654,5 kilos’’.

 ‘’Il faut signaler que dans la région, nous devons avoir le quota de 4 892 tonnes d'arachide et de ce quota, nous avons 54 % d'écrémées. Le reste, 45 %, est constitué de R2. S’agissant de la mise en place, nous avons reçu 90 % de ce qui nous est destiné. Nous avons déjà débuté la commercialisation du lot reçu. Nous avons vendu les 1 400 tonnes et cela représente 33 %. En ce qui concerne l'arachide, je pense que c'est satisfaisant à 91 %’’, s’est félicité le directeur régional du Développement rural (DRDR) de Diourbel.

Pour les autres espèces que sont le niébé, le sorgho, le maïs et le sésame, le quota n’est pas considérable. Pour le maïs, la vente des 10 tonnes prévues au niveau du département de Mbacké a débuté. Pour le niébé, la semence est disponible, mais la cession n'a pas encore débuté, alors que la réception est à 46 %. Pour le sésame, le quota tourne autour de 42 %. Pour le Sorgho, sur les 85 tonnes prévues, les 25 sont déjà arrivées. Pour le sésame, sur les 127 tonnes, les 45 ont été déjà réceptionnées. Pour le niébé, seules 675 tonnes sont reçues, sur les 1 574 tonnes prévues.

Pour les intrants comme l’engrais, c’est mercredi dernier que la notification est parvenue à la Direction régionale du développement rural.

Boucar Aliou Diallo

Section: 
ICS - NATIONALISATION OU CENSURE : Vers un bras de fer entre exécutif et législatif
MOUHAMADOU MAKHTAR CISSÉ À MÉDINA BAYE : “Il faut sauvegarder la cohabitation entre le spirituel et le temporel...”
SAINT-LOUIS : GOUVERNANCE DES FRONTIÈRES : La zone Nord œuvre pour une paix durable
DETTE PUBLIQUE : L’encours atteint 25 583 milliards F CFA
Poc II
BALANCE COMMERCIALE AU MOIS DE MAI 2026 : Elle est déficitaire de 13,3 milliards
RENFORCEMENT DU SYSTÈME PHARMACEUTIQUE : 1,3 milliard F CFA pour renforcer la distribution des médicaments
MISE EN PLACE DES INTRANTS AGRICOLES À HAUTEUR DE 90% C’est un leurre, selon les paysans
RIZ LOCAL – AUTOSUFFISANCE : Le grand paradoxe
PERSPECTIVES DE DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE DE L’OUEST 2026 (BIDC) : La guerre au Moyen-Orient menace les acquis de l’Afrique de l’Ouest
FORA'ESS 2026 : L'Afrique veut faire de l'économie sociale un véritable moteur de développement
ÉCOULEMENT DU RIZ LOCAL : Des commerçants s’engagent à acheter la production
ALIOU DIONE - MINISTRE MICROFINANCE, ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE : “Les femmes ne sont pas des bénéficiaires, mais des décideuses...”
Campagne agricole 2026-2027
Campagne agricole 2026-2027
ASSOCIATION IMPACT’ELLE : Impact'elle dénonce une usurpation de son identité associative
Souveraineté alimentaire
FORA'ESS DAKAR 2026 – ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE : Le Sénégal veut faire de son modèle une référence africaine
DECENTRALISATION ET AMENAGEMENT DU TERRITOIRE : Vers un « consensus des territoires »
À LA TÊTE DE LA LONASE : Abdourahmane Baldé signe son retour à la direction générale