Publié le 14 Apr 2016 - 22:11
3e JOUR DE COMPETITION OFFICIELLE JMC

Sabry Mosbah, prince des JMC

 

Qu’il gagne un prix ou pas à l’occasion de la 3e édition des journées musicales de Carthage (JMC), le chanteur Sabry Mosbah a de quoi être fier. Il est l’unique artiste, jusque là, à avoir presté à guichets fermés mardi soir à la Maison de la culture Ibn Rachik de Tunis.

 

Depuis le début des concerts pour la compétition officielle des Journées musicales de Carthage (JMC), jamais la salle de spectacles de la Maison de la culture Ibn Rachik n’a reçu autant de monde. Une longue file s’était formée devant les lieux. La première affiche de la soirée explique l’engouement des Tunisiens.

La scène accueillait Sabry Mosbah dont le père, Slah Mosbah, est l’une des virtuoses de la musique arabe en général et celle tunisienne en particulier. Même si la carrière de son père n’a pas été un long fleuve tranquille parce que juste il était noir et victime de racisme, Sabry semble avoir plus de chance. Le public tunisien est venu le voir en masse mardi soir. D’ailleurs, il est l’unique artiste à avoir joué à guichets fermés depuis le début des JMC.

Paré de sa guitare, Sabry est arrivé sur scène en jean et tee-shirt. Malgré le retard qu’a pris le début de son spectacle, les spectateurs ont été tolérants et compréhensifs envers lui. Alors qu’avec les autres, ils n’ont pas manqué de taper des mains pour réclamer les artistes sur scène. L’attente en valait la peine, même si Mosbah a commencé sur de douces notes avec une douce et petite voix avec ses musiciens. La tonalité ne prendra pas d’allure trop rythmée mais reste agréable à l’écoute. A cela s’ajoute la joie du public. Dès que les premières notes sont émises, ils entonnent tous en chœur avec l’artiste. Une belle communion. Né en Tunisie, Mosbah est aujourd’hui basé à Toulouse.

Ce qui lui permet de côtoyer d’autres sonorités et de les mélanger avec les musiques traditionnelles qu’il côtoyait dans son jeune âge. C’est ce cocktail que l’on retrouve d’ailleurs dans le projet présenté à cette 3e édition des JMC. ‘’A 33 ans, Sabry Mosbah voyage musicalement et mélange les influences pour composer une musique qui met en avant une Tunisie tournée vers le monde. Son style porte l’authenticité et la fierté de ses origines. Son premier album « Asly » (mes origines ou mes racines) traduit ses influences musicales multiples, oscillant entre musique traditionnelle tunisienne (Malouf, Nouba, Hadhra) et le blues, le rock, le reggae, etc. Qu’elles soient écrites ou reprises, ses chansons sont toujours riches en style, avec des rythmes à la fois envoutants et modernes qui ne laissent ni l'oreille ni le cœur indifférents’’, indique-t-on sur la fiche de presse des JMC.

Après Sabry Mosbah, la salle s’est un peu vidée. Le deuxième concert débutait avec la prestation de Nasreddine Chebli. Il présentait, avec sa troupe, ‘’Fellega’’. ‘’Avec une quarantaine d’artistes sur scène entre musiciens, chanteurs et danseurs, ‘’Fellega’ se veut une œuvre qui revisite le patrimoine musical tunisien, les chants du terroir, les rythmes et les sonorités de ce pays. C’est un projet qui rafraîchit la mémoire collective, suivant une approche dramatique et scénique bien maîtrisée comme le fait si bien Nasreddine Chebli, musicien et artiste fortement attaché au patrimoine de la musique tunisienne’’. Ainsi décrit-on ce projet musical. 

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