Publié le 2 May 2016 - 16:56
SOLO SANDENG TORTURE A MORT PAR LES AGENTS DE LA NIA

Révélations sur une mort atroce

 

On en sait un peu plus sur les circonstances de la mort du jeune opposant gambien, Solo Sandeng, responsable de l'organisation du parti United democratic (UDP), arrêté à Serrekunda, le 14 avril dernier et torturé à mort par des agents de la National intelligence agency (NIA), la police secrète du Président Yahya Jammeh.

 

Des sources internes de cet instrument de l'appareil répressif du régime gambien font des révélations graves sur les circonstances de la mort de ce partisan de l'opposant Ousainou Darboe, qui n'avait qu'une bannière et un mini haut-parleur au moment de son arrestation. Quand il réclamait des réformes du code électoral de son pays, en prélude à la présidentielle de décembre prochain, en Gambie.

Selon nos sources à Banjul, Solo Sandeng a été arrêté, dans la journée du 14 avril 2016 aux environs de Westfield, à Serrekunda, en même temps qu’une vingtaine d’autres personnes dont le tort a été de demander l'ouverture du pouvoir à un dialogue sur l'application des réformes électorales. "Solo Sandeng et les autres ont été interpellés par des éléments de la Police intervention Unit (PIU) qui les ont acheminés à leur quartier général à Kanifing où ils ont été gardés jusque tard dans la soirée du jeudi 14 avril", raconte l'une de nos sources. De là, Solo Sandeng, le responsable de l'organisation de l'UDP, a été exfiltré, vers 21 heures, par des agents de la NIA qui l'ont conduit loin, vers Tanjeh, une localité du sud-ouest de la Gambie, où il a été placé en détention dans les locaux de l’agence qui polarise ce secteur.

Une autre source interne à la NIA de Tanjeh explique : "A partir de là, tout est allé très vite. Toujours menotté, Solo a été déshabillé et frappé par une équipe de tortionnaires sous la direction du "Jungullar" Sulayman Sambou, un jeune membre de l'équipe de tueurs directement sous les ordres de "Oga" (le surnom du président gambien, selon sa garde rapprochée). Solo portait un caleçon de type boxer de couleur bleue.

Il a été battu et torturé jusqu'au moment où il a perdu connaissance, obligeant Sheikh Oumar Jeng, le directeur adjoint des opérations à la NIA de Tanjeh, à appeler le docteur Lamin Sanyang de Brikama Berewuleng pour examiner le jeune opposant qui baignait dans une mare de sang, le corps complètement inanimé". Notre interlocuteur ajoute qu'au moment des faits, "il était entre 04 heures et 05 heures du matin, dans les premières heures de la journée du vendredi. Et le médecin n'a pas tardé à confirmer ce que beaucoup d'entre nous craignions. Solo Sandeng, dont le corps était complètement déchiré par les coups de fouet, est mort des suites de ses blessures contractées, lors des séances de tortures", déclare notre source qui n’a pu retenir ses larmes.

Devant cette situation extrême, "les agents du bureau de la NIA à Tanjeh, sous la direction de leur chef Sheikh Oumar Jeng, ont appelé leur patron Yankuba Badjie, le chef des renseignements du régime, qui s'en est ouvert au Président Yahya Jammeh", explique toujours notre interlocuteur. Quelques minutes plus tard, Sheikh Oumar Jeng est revenu dans la salle où le corps de Solo Sandeng était couché sur une natte, pour donner un ordre qui a pris de court tous les autres agents de la NIA témoins des événements. "Boss nous a ordonné de faire disparaître le corps de Solo Sandeng. Et puisqu'il n'était pas prudent de sortir un tel corps vers le cimetière, tout le monde était d'accord qu'il fallait l'enterrer derrière les locaux de la NIA de Tanjeh, près du mur de clôture", explique une autre source, après avoir confirmé les explications de ses collègues.

Deux jours après ces évènements tragiques, la mort de Solo Sandeng a été annoncée par Ousainou Darboe, le leader de l'UDP, qui demande, depuis lors, la restitution de son corps ou sa libération, "si le régime de Yahya Jammeh soutient que Solo est encore en vie". Ousainou Darboe a été arrêté, lors de la marche qui s'en est suivie, en même temps que sa fille venue des Etats-Unis et une douzaine de ses militants. Ils sont toujours en prison à Banjul.

 

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