Publié le 18 May 2017 - 14:18
JOURNEES MEDICALES DE L’HÔPITAL PRINCIPAL

L’élimination du Vih/sida à l’étude 

 

L’hôpital Principal de Dakar organise la XVIIIème édition de ses journées médicales, du 18 au 20 mai. Pour cette année, les interventions vont porter sur l’élimination du Vih/sida et les traumatismes de la tête et du cou qui constituent un véritable problème chez les jeunes.

 

‘’L’infection à Vih/Sida : vers une élimination ?’’. C’est le thème de la XVIIIème édition des journées médicales de l’Hôpital Principal de Dakar. Ce choix, a dit  le président du comité scientifique des dites journées, le colonel Abdourahmane Niang, est dû au fait que l’efficacité des thérapeutiques actuelle a révolutionné la prise en charge de cette infection. Ce, en permettant une suppression prolongée de la réplication virale. Il animait hier une conférence de presse en prélude à ces journées prévues du 18 au 20 mai.

Dans la même veine, le chef de service des maladies infectieuses a révélé  que  le dernier rapport de l’Onusida montrait qu’il y a 36,7 millions de personnes vivant avec le Vih dans le monde. Le nombre de décès est  de 1,1 million et la persistance de nouvelles infections est de 2,1 millions dans le monde. ‘’C’est dire que cette maladie reste un problème de santé public’’, a reconnu le Professeur Khadidjatou Bâ. Cependant, a-t-elle souligné, beaucoup de progrès ont été notés dans cette lutte. Car les tendances ont montré que sur ces 36,7 millions de personnes, 18,2 millions sont sous traitement. Certaines stratégies ont également  permis d’éviter les infections chez le nouveau-né. D’autres avancées ont été obtenues dans la prévention. Ce qui lui fait dire qu’il ‘’est possible d’éliminer le sida à l’horizon 2030. Mais il faut que tout le monde s’y mette. Les études et les modélisations ont montré que si on teste et traite tout le monde, on pourra y arriver. C’est la stratégie des 3x90 (dépister 90% des patients, parmi ces patients traiter 90%, et contrôler 90% de ces personnes traitées’’, a-t-elle rassuré.

Au Sénégal, même si le taux de prévalence de la maladie est en baisse (0,7%), il reste élevé dans certaines régions du Sud et chez les populations clés. Ces dernières sont  les travailleuses du sexe, les usagers de drogues et les MSN (les hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes). Elle a cité comme exemple la région de Kolda où le taux est à 2,4%. ‘’C’est une prévalence très élevée. C’est pourquoi la stratégie de test and traite est réservée aux régions du Sud. Le taux est de 18,7% chez les travailleuses du sexe, de 9,4% chez les usagers de drogues et de 21,3% chez les MSN’’, a-t-elle fait savoir.

Toutefois, elle a mis en exergue  les défis à relever pour arriver à cette élimination de la maladie. Il s’agit surtout du dépistage des patients. ‘’Actuellement, 17 millions de patients vivent avec l’infection et ne connaissent pas leur statut. Le défi majeur reste le dépistage. C’est pourquoi l’Oms recommande le dépistage communautaire’’, a soutenu le Pr Ba. Selon elle, l’organisation mondiale de la santé a  recommandé de prendre des prestataires communautaires pour aller vers les patients, les dépister pour pouvoir les traiter et contrôler l’épidémie.

‘’Traumatismes de la tête et du cou’’

Par ailleurs, le chef de service des maladies infectieuses a conseillé le maintien de la prévention pour mieux éviter les infections. A l’en croire, les cinq piliers prioritaires sont surtout les jeunes et leurs compagnons. Car, a-t-elle dit, les derniers chiffres font état d’une contamination surtout chez les jeunes de 15 à 24 ans. ‘’Il faut qu’on maintienne la promotion du préservatif. Parce que depuis le début, il a permis d’éviter 45 000 infections’’, dit-elle. L’autre stratégie importante à son avis, ce sont les méthodes de prévention innovantes comme la prophylaxie pré-exposition qui sera surtout réservée aux populations clés.

A côté du thème principal, il y aura un symposium consacré aux ‘’traumatismes de la tête et du cou’’. Des experts nationaux et internationaux vont débattre de différents sujets portant sur les traumatismes cranio-encéphaliques, les traumatismes oculo-orbitaires, les traumatismes cervico-faciaux et la chirurgie réparatrice de la face et du cou.

Selon le pneumologue Colonel Abdourahmane Niang, les traumatismes de la tête et du cou sont devenus un fléau, parce que touchant les jeunes. Ils constituent 15% des urgences en milieu hospitalier et les causes les plus fréquentes sont les accidents de la circulation. ‘’La traumatologie de la tête est la deuxième après les traumatismes des jambes. Donc il est important de mettre un accent sur la prévention parce que souvent, ça aboutit à des handicaps. Cela peut aboutir également à des séquelles majeures’’, a-t-il prévenu. 

VIVIANE DIATTA

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