Publié le 2 Feb 2018 - 12:39
PLATEFORME ‘’FRANCE DEGAGE’’

Interdits de rassemblement hier, les acteurs se donnent rendez-vous aujourd’hui 

 

Les acteurs de la plateforme ‘’France Dégage’’ se donnent rendez-vous, aujourd’hui, devant l’ambassade de France au Sénégal, après l’interdiction de leur rassemblement hier. Ces derniers exigent notamment la sortie de la France du franc Cfa et la suspension des Accords de partenariat économique (Ape).

 

‘’Violation de l’arrêté n°007580/Mint/Sp du 20 juillet 2011’’, ‘’menaces de troubles à l’ordre public’’, ‘’risques d’infiltration par des individus malintentionnés’’ et ‘’entrave à la libre circulation des personnes et des biens’’. Ce sont les quatre motifs évoqués par le préfet de Dakar pour interdire le rassemblement projeté par la plateforme ‘’France Dégage’’.

En effet, les acteurs de ce mouvement avaient prévu de se réunir, hier dans l’après-midi, devant l’ambassade de la République française à Dakar, pour exiger des dirigeants des pays africains de la Zone franc et de la France un ‘’Frexit, c'est-à-dire la sortie de la France du franc Cfa, la suspension des Ape…’’.

Ils n’ont pas renoncé, puisque le mouvement ‘’France Dégage’’ ‘’va tenir son rassemblement pacifique initialement prévu le jeudi 1er février (hier) le vendredi 2 février 2018 (aujourd’hui) à partir de 15 h précises devant l’ambassade de France à Dakar’’, indiquent les responsables de cette plateforme dans un communiqué reçu à ‘’EnQuête’’.

Hormis ce regroupement, ils prévoient aussi ‘’d’attaquer devant la justice l’arrêté Ousmane Ngom’’, c’est celui n°007580/Mint/Sp du 20 juillet 2011.

Selon les signataires de la note que sont, entre autres, le Cercle des étudiants panafricains de Saint-Louis, le Front anti Ape anti Cfa, la Ligue panafricaine Umoja/Sénégal, ‘’l’administration Macky Sall n’a pas hésité à se cacher derrière Ousmane Ngom’’ pour prohiber leur manifestation. ‘’Cet arrêté n’est ni général ni impersonnel. Et cela doublement. Parce que cet arrêté a été pris de manière politicienne pour protéger le régime de Wade (Abdoulaye Wade) contre les mobilisations populaires pour faire échec à une 3e candidature illégale et illégitime d’une part’’, fulminent-ils. Les protestataires dénoncent ainsi ‘’cette énième forfaiture’’ contre les libertés citoyennes.

‘’Pour notre plateforme anti-impérialiste, cette interdiction ne fait que confirmer que ce n’est pas parce que nos gouvernements sont anti-démocratiques que nos pays sont pillés. C’est parce que nos pays sont pillés qu’il faut des lois illégitimes, des administrations et des Etats aux gestions anti-démocratiques qui n’hésitent pas à faire preuve de banditisme d’Etat comme dans la déportation de notre camarade et frère Kemi Seba’’, estiment-ils.

En réalité, renseigne la même source, le système franc Cfa que déplorent ces activistes, l’accaparement des ressources notamment minières qu’ils fustigent, le processus ‘’conduisant les peuples aux abattoirs que constituent les négociations sur les Ape’’ contre lequel ils s’élèvent, les présences militaires étrangères qu’ils réprouvent, sont ‘’anti-démocratiques’’.

Contrairement au thème de la 3e conférence du Partenariat mondial de l’éducation, à savoir ‘’Financer l’éducation pour bâtir l’avenir’’, qui se tient à Dakar et coprésidée par le maître (Macron) et son sous-préfet (Macky Sall), les activistes affirment que pour financer l’éducation, la santé, la sécurité, l’alimentation… des peuples, ‘’il faut des projets souverains au niveau des Etats dominés’’. Cette souveraineté est également valable, d’après eux, sur les ressources, le budget, la monnaie…

MARIAMA DIEME

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