Publié le 5 May 2018 - 14:54
ABDOU KARIM DIALLO LORS DE LA CELEBRATION DES 10 ANS DES PETITS PERROT

‘’La richesse du Sénégal, ce n’est pas le pétrole et le gaz, mais…‘’

 

L’institution Marc Perrot de Dakar a célébré, hier, ses 10 ans d’existence, sous le sceau du dialogue et de l’ouverture. A l’occasion de cette cérémonie festive à laquelle chrétiens et musulmans ont pris part, le directeur de l’établissement, Abdou Karim Diallo, a rappelé aux élèves que la richesse du Sénégal n’est pas le pétrole, encore moins le gaz.

 

Les responsables, élèves et parents d’élèves de l’école Marc Perrot de Hann-Maristes ont célébré, hier, les 10 ans d’existence de leur établissement. Comme l’ont voulu ses fondateurs, l’institution Marc Perrot est un creuset de savoir mixte où le dialogue islamo-chrétien est une réalité. L’occasion a été saisie par son directeur pour adresser un message à ses élèves. ‘’Le jour où vous serez responsables dans ce pays, je vous exhorte à préserver cet esprit de dialogue, à  le pérenniser et à le sauver à tout prix. C’est la richesse du Sénégal, et non le pétrole et le gaz dont on parle’’, a lancé Abdou Karim Diallo.

Pour joindre l’utile à l’agréable, les responsables de l’établissement ont fait, cette année, un clin d’œil aux enfants mineurs en conflit avec la loi. Cela à quelques jours du début du ramadan. Ce geste en faveur des pensionnaires de la Maison d’arrêt et de correction pour mineurs de Fort B est une sorte de reconnaissance et de témoignage pour les relations de bon voisinage entre l’école et ce lieu de détention. ‘’Lorsque nous nous sommes installés dans cette école, notre premier terrain de sport se trouvait à l’intérieur de Fort B, de la prison. Vous avez été des voisins très proches. Vos services médicaux ont accueilli beaucoup de cas d’urgence de nos élèves. En guise de reconnaissance, nous avons décidé de vous offrir ces 8 machines à coudre pour permettre aux mineurs en détention d’apprendre un métier déjà en milieu carcéral’’, a déclaré M. Diallo à l’endroit de la directrice de la Maison d’arrêt et de correction pour mineurs de Hann Fort B.

Pour sa part, Mme Djeynaba Samba s’est réjouie de ce don et a rappelé les missions de son institution. ‘’La Mac pour mineurs de Hann Fort B est l’un des 37 établissements pénitentiaires du  Sénégal qui accueillent exclusivement les pensionnaires de sexe masculin, âgés entre 13  et 18 ans, en conflit avec la loi.  A l’instar des autres établissements pénitentiaires, elle assure une mission de sécurité et de préparation à la réinsertion sociale, grâce à un programme de prise en charge individuel et collectif. Ce programme permet aux jeunes d’apprendre un métier pratique, au cours de leur séjour en milieu carcéral, qui devient un tremplin à leur retour dans la société. Votre école vient donc de poser un jalon important dans la lutte contre l’oisiveté des pensionnaires et dans le processus de leur réinsertion sociale’’, s’est-elle félicitée.

Sur un autre volet, l’éducateur spécialisé de formation, Saliou Faye, a invité les élèves à un usage responsable des technologies de l’information et des réseaux sociaux. A l’en croire, la délinquance juvénile, autrefois suspectée être quelque chose de propre qu’aux foyers pauvres, a changé de camp. De plus en plus, note-t-il, on se rend compte que la délinquance juvénile touche beaucoup plus les enfants des familles aisées, avec l’évènement des réseaux sociaux tels que facebook, whatsApp, instagram. ‘’J’invite les jeunes à être très prudents avec ces outils de communication.

Très souvent, nous avons des jeunes qui sont confiés à des juges d’instruction, parce qu’ils sont impliqués dans des délits extrêmement graves.  Des jeunes qui scannent les carnets de leurs parents, qui imitent des signatures et qui se font confectionner actes de pièces d’état civil, qui volent les véhicules de leurs parents et qui finissent par se retrouver en milieu carcéral.  Aujourd’hui, il y a plusieurs jeunes qui se sont retrouvés dans les lieux de la détention, parce qu’ils ont tout simplement validé une invitation qu’on leur a envoyée sur facebook, sans connaitre l’auteur de cette invitation. Généralement, ce sont des jeunes hackers (pirates de l’informatique). Ils récupèrent les ordinateurs de leurs parents et brisent les mots de passe’’, a fait remarquer le formateur qui a tenu à attirer l’attention des jeunes élèves sur l’usage des technologies de l’information et de la communication qui, selon lui, sont un couteau à double tranchant.

MAMADOU YAYA BALDE

 

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