Publié le 15 Oct 2024 - 21:16
SYSTÈME ÉDUCATIF EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE, D’ICI 2030

Un besoin de neuf millions de salles de classe et 11 millions d’enseignants exprimé

 

Le dernier rapport d’Africa’s Pulse intitulé "Transformer l’éducation pour une croissance inclusive" en Afrique subsaharienne a révélé que pour parvenir à une éducation universelle d'ici 2030, les systèmes éducatifs devraient absorber environ 170 millions d'enfants et d'adolescents supplémentaires. Cela, dit-on, nécessiterait la construction d'environ neuf millions de nouvelles salles de classe et le recrutement de 11 millions d'enseignants.

 

Selon le dernier rapport d’Africa’s Pulse sur la transformation de l’éducation pour une croissance inclusive d’ici 2030, les systèmes éducatifs de l’Afrique subsaharienne devraient absorber environ 170 millions d'enfants et d'adolescents supplémentaires.

Ainsi, pour parvenir à une éducation universelle, elle aura besoin d’environ neuf millions de nouvelles salles de classe et le recrutement de 11 millions d'enseignants. Le rapport souligne que deux facteurs sont essentiels pour parvenir à relancer la croissance.

Il s’agira, suggère-t-on, de stabiliser les économies et de transformer l’éducation de manière à doter une main-d’œuvre en plein essor de bases de connaissances plus solides et de compétences en adéquation avec les attentes du marché du travail.

En effet, l’organisation rappelle qu’actuellement, en Afrique subsaharienne, “sept enfants sur dix n’ont pas accès à un enseignement préprimaire et moins de 1,5 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans suivent une formation professionnelle contre 10 % dans les pays à revenu élevé”. Selon elle, il est indispensable de combler ces lacunes pour lui permettre de réaliser tout son potentiel économique et d’assurer une croissance durable et inclusive. Le défi est de taille, rappelle-t-on, mais, soutient l’organisation, “la région a déjà accompli des avancées importantes : à l’heure actuelle, 270 millions d’enfants sont scolarisés dans le primaire et le secondaire, et les taux d’achèvement des études primaires se sont considérablement améliorés depuis 2000”.

D’après Andrew Dabalen, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique, “à l'avenir, les jeunes Africains devront être bien instruits et correctement qualifiés pour avoir accès à des emplois de meilleure qualité et tirer parti des débouchés créés par l’économie numérique et la transition verte”.

De même, il poursuit qu’une planification fondée sur des données probantes et des dépenses intelligentes seront essentielles pour élargir l’accès à l’éducation tout en améliorant les résultats en matière d’apprentissage et d’emploi.

“L’inflation devrait passer de 7,1 % en 2023 à 4,8 % cette année”

Par ailleurs, le rapport, qui cite la Banque mondiale, a aussi souligné que “l'inflation devrait s’atténuer, pour passer de 7,1 % en 2023 à 4,8 % cette année, sous l’effet de politiques monétaires et budgétaires plus strictes, de la stabilisation des devises et d’une diminution des perturbations d'approvisionnement”. Cette reprise, dit-on, est toutefois insuffisante pour sortir des millions de personnes de la pauvreté. Parce que, explique-t-on dans le document, la croissance “du PIB par habitant reste atone, à 0,5 % seulement en 2024, contre une moyenne de 2,4 % sur la période 2000-2014”.

En effet, les conflits, le changement climatique et l’explosion des coûts du service de la dette sont autant de freins aux progrès. En 2024, lit-on dans le rapport, “le service de la dette absorbera 34 % des recettes publiques dans la région, au détriment des investissements productifs”. À en croire l’économiste Andrew Dabalen, les gouvernements africains progressent dans leurs efforts de stabilisation des finances et de réduction des déficits budgétaires. Mais, fait-il savoir, le lourd fardeau de la dette limite leurs investissements dans des secteurs cruciaux comme l’éducation, la santé et les infrastructures qui sont essentiels pour une croissance inclusive à long terme.

FATIMA ZAHRA DIALLO

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