Publié le 2 Oct 2013 - 18:50
5 ANS DE DÉTENTION PRÉVENTIVE POUR DÉTOURNEMENT DE DENIERS PUBLICS

 Un ex-DAGE de Adama Sall à un pas de la liberté

 

 

Mamadou Ifra Niang est en détention préventive depuis cinq ans, pour détournement de deniers publics et faux et usage de faux. L'ex-Dage (Directeur de l'administration générale et de l'équipement) de l’ancien ministre de l’Hydraulique, Adama Sall, est à un pas de la liberté, si du moins le tribunal correctionnel de Dakar suit le parquet qui a requis quatre ans ferme.

Les deux mois que Mamadou Ifra Niang a passés au ministère de l’Hydraulique, sous le règne de l’ex-ministre libéral Adama Sall, seront gravés dans sa mémoire. Car, ce bref passage (octobre 2007 à décembre 2007), après quatre années passées au département de  l’Assainissement, l’a conduit en prison. L’ex-DAGE de Adama Sall a été accusé d’escroquerie portant sur des deniers publics et de faux et usage de faux en écriture privée.

Le montant total du présumé préjudice est estimé à 114 millions de francs Cfa. Selon l’accusation, il s’agit de 45 millions qui étaient destinés à la réhabilitation du cabinet ministériel. Mais également d’un montant de 56 millions de francs Cfa issu d’un financement de la Banque africaine de développement (BAD) et destiné à l’achat de matériels hydrauliques dans le cadre du PEPAM. Mamadou Ifra Niang a fait les bons de commandes, mais d’après l’accusation, il n’y a pas eu de preuve de réception desdites commandes, alors que l’argent a été décaissé. A la barre, l’ex-DAGE  a affirmé avoir bel et bien acheté le matériel, après un appel d’offres. Il a expliqué avoir reçu des directives verbales de son ex-patron Adama Sall. ‘’Il exprimait les besoins, en me donnant des directives verbales que je me chargeais d’exécuter’’, s’est défendu le prévenu. Il a ajouté que le matériel a été aussi bel et bien réceptionné ; toutefois, il a soutenu qu’une partie ne se trouvait plus dans les magasins de Diamniadio et du ministère. Entendus comme témoins, trois parmi les fournisseurs ont confirmé l’effectivité de la livraison du matériel. Souleymane Bâ et Abdoulaye Diop ont confié avoir été payés respectivement à hauteur de 11 millions et 08 millions. Tout le contraire du patron de Global Universel. Djiby Bodian dit courir jusqu’à présent derrière ses 11 millions, alors qu’il a livré le matériel. Le trio a indiqué que la réception s’était faite en présence d’une commission composée du prévenu, du Comptable opérations financières (COF) du ministère de l’Économie et des Finances et du comptable du ministère de l’Hydraulique. Ce dernier a d’ailleurs confirmé ladite réception. Cependant contrairement à ces témoins, l’ex-directeur de l’exploitation et de la maintenance a enfoncé le prévenu. Babou Sarr a fait un témoignage à charge, en soutenant n’avoir pas avalisé la réception. Pour se justifier, il a expliqué qu’il n’a pas été informé d’une quelconque commande. C’est pourquoi, a-t-il dit, il a refusé de signer le PV de réception.

 

Mamadou Ifra Niang, 3ème victime de Adama Sall

Que Mamadou Ifra Niang ait détourné ou pas, l’Agent judiciaire de l’État (AJE) estime que ce dernier doit restituer la somme de 114 millions qui lui est reprochée. ‘’Il n’a pas bouffé, mais il a laissé bouffer’’, a soutenu l’AJE pour qui le prévenu a été utilisé par l’ex-ministre Adama Sall. ‘’C’est la troisième victime’’, a lancé Babacar Bâ. Il faisait allusion au cas de Ababacar Diouf directeur du Travail, lorsque Adama Sall occupait le département de l’Emploi et qui a été condamné en juin 2012, à cinq ans de prison ferme et une amende ferme de 500 000 francs pour détournement de deniers publics.

La défense a abondé dans le même sens, en arguant que leur client a été victime de sa naïveté. Me Dior Diagne a estimé que le prévenu est victime d’une liquidation politique. ‘’Politiquement, il gênait Adama Sall, car il a gagné sa localité à 100%. Alors, en tant qu’adversaire, il l’a emmené à ses côtés pour le tuer. Il envoie ses directeurs en prison et il est en train de se pavaner’’, a fulminé l’avocat, avant de demander la relaxe pure et simple. Car, contrairement au parquet qui a requis quatre ans ferme, Mes Pape Sène, Youssoupha Camara et Assane Seck pensent qu’il n’y aucun délit, car le prévenu a exécuté les ordres de son ministre et a respecté toute la procédure. Délibéré le 5 novembre prochain.

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