Publié le 11 Oct 2012 - 21:13
CONTENTIEUX SUR LES ÎLES DIAOYU DAO

La Chine qualifie le Japon d'État irresponsable

 

Le nouvel ambassadeur de la République populaire de Chine au Sénégal, Xia Huang

 

Propriétaire incontestable selon l'histoire et les faits. C'est ainsi que Beijing résume le conflit qui l'oppose à Tokyo à propos des îles Diaoyu Dao, brusquement relancé le 10 septembre dernier. Pour le nouvel ambassadeur de Chine au Sénégal, «aucune force ne pourra stopper les Chinois dans leur effort de recouvrer la souveraineté sur leur territoire sacré».

 

A peine installé dans ses fonctions de nouvel ambassadeur de la République populaire de Chine au Sénégal, Xia Huang est déjà sur la brèche avec le contentieux sino-nippon sur les îles Diaoyu Dao (Senkaku, selon Tokyo). Face aux journalistes hier, le diplomate chinois a été très dur avec le Japon qu'il a, à plusieurs reprises, qualifié d'«État irresponsable» qui a intérêt à «devenir sérieux».

 

Dans une posture très offensive, Xia Huang a d'abord campé le décor historique attaché aux îles Diaoyu Dao, «partie intégrante du territoire chinois depuis l'antiquité», la Chine en détenant les «preuves historiques et juridiques irréfutables», dit-il dans un communiqué. «Sous la dynastie des Ming (entre le 14e et le 17e siècle), a-t-il ajouté, les Diaoyu Dao étaient déjà incluses dans la zone de défense maritime de la Chine en tant qu'îles affiliées à Taïwan. De ce fait, elles n'ont jamais été terra nulius, la Chine en étant propriétaire incontestable.» Et si ces îles «sont explicitement marquées sur la Carte du grand empire Qing parue en 1863», «elles ne sont pas mentionnées dans la Carte du grand Japon dressée en 1876 par l’État-major général du ministère japonais de l'Armée», a poursuivi l'ambassadeur chinois.

 

Du point de vue de la Chine, «le Japon a profité en 1895 de la première guerre sino-japonaise pour s'emparer illégalement de Diaoyu Dao et de ses îlots affiliés, et forcer le gouvernement des Qing à signer un traité inégal lui cédant l'île de Formose (Taïwan) tout entière et toutes ses îles affiliées». Au regard des actes juridiques internationaux que sont la Déclaration du Caire et la Déclaration de Potsdam, «qui constituent les acquis majeurs de la guerre mondiale contre le fascisme (…) acceptés et reconnus par le Japon dans son acte de reddition», note Xia Huang, «la Chine a (juridiquement) récupéré ses territoires occupés par le Japon y compris Taïwan». A ce moment là, «Diaoyu Dao et ses îlots affiliés ont ainsi été (également) restitués à la Chine au regard du droit international».

 

«L'Etat chinois a obligation de défendre le territoire chinois»

Aujourd'hui, alors que le Japon a «nationalisé» les îles en question après en avoir annoncé «l'achat», Beijing dénonce «une grave atteinte à la souveraineté territoriale de la Chine, au sentiment de 1,3 milliard de Chinois et (…) un mépris outrageant des faits historiques et du droit international». A cet égard, et sans écarter a priori l'usage de la force, Xia Huang s'est voulu menaçant : «Aucune force n'arrivera à stopper les Chinois dans leur effort de recouvrer la souveraineté entière de leur territoire» en dépit du fait que «notre politique étrangère depuis le 1er octobre 1949 (NDLR : naissance de la République populaire de Chine) est basée sur le principe de la coexistence pacifique». Mais, a ajouté le diplomate, «l'Etat chinois a obligation de défendre le territoire chinois» même si «la guerre est la pire des solutions pour régler un différend». Du reste, s'est interrogé Xia Huang, «il est scandaleux qu'un pays vaincu de la deuxième guerre mondiale, comme le Japon, réclame la souveraineté sur une partie intégrante du territoire d'un pays vainqueur comme la Chine».

 

Face aux responsabilités qui incombent aux Nations-unies, Beijing souhaite aussi que les «pays africains amis de la Chine» «comprennent la vérité (dans ce conflit) et sachent qui a raison, rien d'autre», a indiqué Xia Huang pour qui le Sénégal, «État moteur», peut aider à trouver une solution pacifique qui «respecte l'équité élémentaire» et ne travestisse pas «l'histoire et les faits» propres à ce contentieux.

 

MOMAR DIENG

 

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