Publié le 12 Nov 2015 - 01:19
DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL A TOUBA

Les usines commencent à sortir de terre

 

La ville de Touba commence à abriter plusieurs industries : Touba agro-industrie (TAI), Complexe agro-industriel de Touba (CAIT). En plus de ces deux industries, une zone industrielle est en gestation dans la ville sainte.

 

Touba, la ville religieuse, se veut une cité industrielle. Depuis quelques années, des usines sortent de terre dans la ville du mouridisme. Le ministre de l’Industrie et des Mines s’est rendu avant-hier dans la localié pour constater de visu ce qui se fait sur le terrain. Première étape de la visite, l’entreprise Touba agro-industrie (TAI). L’accès à cette société qui se situe à quelques kilomètres de la commune de Touba est pénible en raison d’une route difficilement praticable. Les responsables de l’usine ont même profité de cette rencontre pour exposer au ministre leur principale doléance : la réhabilitation de cet axe.

TAI est une industrie qui s’active dans la production d’eau minérale. Son propriétaire, Ahmadou Badawi Mbacké, fils de Serigne Fallou Mbacké ancien khalife général des mourides. De blanc vêtu avec un bonnet de même couleur vissé sur la tête, Ahmadou Badawi Mbacké veut passer inaperçu. Lors de la cérémonie officielle qui a sanctionné la fin de la visite du ministre, il est assis derrière le présidium, loin des objectifs des caméras et autres appareils photos. ‘’Ahmadou Badawi est un exemple. Il croit en lui et contribue au développement économique de ce pays’’, témoigne le maire de la commune de Touba, Abdoul Ahad Ka. Tous ceux qui ont pris la parole ont magnifié le travail d’Ahmadou Badawi qui, en plus de cette usine, disent-ils, fait beaucoup dans le développement humain avec la création à Touba d’un internat pour la formation des enfants.

 Ahmadou Badawi est aussi le promoteur de la zone industrielle de Touba qui doit s’étendre sur un espace de 30 ha dans la zone de Mbacké, informe le directeur de l’industrie. D’après Mouhamadou Sylla Kébé, les investissements pour la réalisation de la future zone industrielle sont estimés à 11 milliards de F CFA. Fuyant toujours les caméras, Ahmadou Badawi a même délégué sa parole à Serigne Sidy Moukhtar Ka. Selon son porte-parole du jour, l’usine Touba agro-industrie emploie beaucoup de jeunes. ‘’Si tout le monde suivait cette voie, les jeunes n’auraient plus besoin de partir à Dakar pour chercher du travail’’, dit-il.

L’usine de Touba agro-industrie a une capacité de production de 7000 bouteilles d’eau minérale par jour. Selon le ministre Aly Ngouye Ndiaye, Ahmadou Badawi Mbacké est loin d’être le plus riche à Touba. ‘’Il y a des marabouts ou talibés à Touba beaucoup plus riches que lui. Mais il a choisi d’investir dans l’industrie’’, se félicite le ministre. Pour mettre sur pied Touba agro-industrie, Ahmadou Badawi a investi 1,2 milliard de F Cfa, informe-t-il.

Un concurrent pour la Suneor

Après TAI, la délégation du ministre est revenue sur la ville sainte pour visiter le complexe agro-industriel de Touba (CAIT). Cette usine s’active dans la fabrication d’huile brute ou raffinée, de tourteaux, des pâtes en savon, des aliments de bétail. Bref, CAIT évolue dans plusieurs domaines. Selon son directeur technique, le CAIT tourne depuis 2004. L’huile brute ou raffinée, dit-il, est surtout exportée vers la Chine ou la Suisse. CAIT a du mal à vendre son huile sur le marché local. ‘’Les gens n’achètent pas l’huile raffinée à cause de la concurrence déloyale de l’huile de palme importée de la Malaisie’’, déplore Messou Kouamé.

Le complexe agro-industriel de Touba a aussi du mal à s’approvisionner en arachide en raison de la concurrence des Chinois qui, depuis quelques années, sont sur le marché sénégalais et achètent l’arachide à des prix que l’usine a du mal à proposer, ajoute M. Kouamé. L’usine subit aussi les coûts élevés de l’électricité en plus des multiples délestages, à en croire  Messou Kouamé. Malgré tout, le directeur technique du CAIT estime que les perspectives sont prometteuses parce que l’usine envisage de passer à une capacité de production de 60 000 tonnes. Son taux actuel est de 35 000 tonnes. 

ALIOU NGAMBY NDIAYE

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