Publié le 20 Oct 2025 - 10:03
LOI DE FINANCES 2026

PIB réel projeté à 5,8 % en 2026 contre 3,8 % en 2025  

 

La réduction progressive du déficit et la maîtrise de la masse salariale, ainsi que des mesures fiscales spécifiques pour augmenter les recettes, comme la taxation des jeux et du mobile money, sont les orientations du projet de Loi de finances pour l'année 2026. 

 

Le projet de Loi de finances pour l'année 2026 du Sénégal, élaboré sous la direction du président Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, vise l'édification d'un « Sénégal souverain, juste et prospère » à travers l'Agenda national de transformation (ANT) et le Plan de redressement économique et social (PRES). L'exposé détaille les grandes orientations budgétaires, incluant la réduction progressive du déficit et la maîtrise de la masse salariale, ainsi que des mesures fiscales spécifiques pour augmenter les recettes, comme la taxation des jeux et du mobile money. Il fournit également les chiffres clés du budget 2026, avec des prévisions de recettes et de dépenses, et une allocation de crédits pour des secteurs stratégiques tels que la santé, l'éducation, l'agriculture et les infrastructures, dans le but d'assurer une transformation systémique de l'économie face aux défis persistants. 

« La croissance de l’économie mondiale devrait atteindre 3,0 % en 2025 et 3,1 % en 2026. Elle fait face à des défis structurels majeurs, dont l'accroissement préoccupant de la dette publique internationale qui, selon le FMI, pourrait atteindre 100 % du PIB mondial d'ici à 2030. Cette situation, combinée à l'incertitude d'une “guerre commerciale généralisée” et à la montée des tensions géopolitiques, fragilise la résilience budgétaire de nombreux États », explique-t-on dans le document. 

Au niveau national, l’économie sénégalaise a connu des chocs conjoncturels ralentisseurs au cours de l’année 2025. En effet, selon le gouvernement, « avec la publication du rapport de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques de la période 2019 à fin mars 2024, des irrégularités majeures ont été révélées, relativement aux agrégats budgétaires. Il est notamment révélé un endettement public de 119 % du PIB, aggravé par une dette bancaire contractée hors circuit budgétaire et un déficit budgétaire d’environ 12 % du PIB en 2024 ». Cette situation « défavorable » a comme conséquences « une réduction des marges budgétaires de l’État ». 

Aussi, d'après le document, les prévisions de croissance pour l’année 2025, initialement attendues à 8 %, ont-elles été revues à 7,8 % du fait d’un ralentissement de 0,2 % dans les secteurs chimique et agroalimentaire. « En dépit de ces obstacles, la détermination du gouvernement a permis de préserver les performances économiques du pays grâce au déploiement de la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2029. Cette approche stratégique devrait permettre une progression du PIB réel de 5,5 %, en moyenne sur la période 2026-2028, portée par les contributions respectives des secteurs primaire (+6,5 %), tertiaire (+6 %) et secondaire (+3,2 %) », annonce-t-on. 

Hors agriculture et hydrocarbures, le PIB réel est projeté à 5,8 % en 2026 contre 3,8 % en 2025.

Une série de réformes

Au titre de l’année 2026, l’amélioration attendue des performances de mobilisation des ressources sera portée par une série de réformes, notamment la révision du Code général des impôts, du Code des douanes et la mise en œuvre du Code des investissements.  Cette démarche, explique l’État du Sénégal, s’inscrit dans le cadre du déploiement du Plan de redressement économique et social (PRES) dont « l’objectif est de s’orienter définitivement vers un modèle nouveau, préalable à l’Impulsion et à l’Accélération », comme décliné par le Premier ministre.

En effet, le PRES repose sur une série de trente-sept (37) mesures structurantes qui visent à atteindre la souveraineté financière, la relance sectorielle et le soutien à l’économie nationale. « Le projet de Loi de finances pour l’année 2026 met en œuvre, sur une séquence annuelle, les grandes orientations économiques et sectorielles, en vue de satisfaire les attentes légitimes des populations, tout en respectant les exigences d’une gestion rigoureuse des finances publiques », a-t-on soutenu. 

Restaurer la crédibilité et la viabilité

Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique économique et sociale, les nouvelles orientations retenues devraient permettre de restaurer la crédibilité et la viabilité des finances publiques. Comme mesures à venir à mettre en œuvre, il y a la politique d’assainissement des finances publiques. Elle se poursuivra par le biais d’une consolidation budgétaire à court terme, selon le gouvernement.

Ainsi, la réduction progressive du déficit budgétaire permettrait de le ramener progressivement à 3 % en 2027 conformément au Pacte de convergence et de stabilité budgétaire de l'UEMOA. « En effet, dit-on, le déficit global établi à environ 12 % en 2024, est prévu en 2025 à 7,8 % et attendu à 5,37 % en 2026. Mieux, le solde budgétaire de base s’est fortement amélioré, passant de -678,5 milliards de FCFA dans la LFI 2025 à -81,6 milliards de FCFA dans le projet de LFI 2026, traduisant ainsi les efforts internes de l’État pour aller résolument vers la consolidation budgétaire ». 

Parallèlement, il est indiqué que l'apurement des arriérés de paiement se poursuivra en 2026, sur la base des montants certifiés par l'Inspection générale des finances, suivant une programmation qui tient compte de la soutenabilité financière. 

Une meilleure maîtrise de la masse salariale 

Autre mesure : « une meilleure maîtrise de la masse salariale ». Celle-ci demeure « une priorité » du gouvernement. Elle exige une gestion rigoureuse des effectifs de la fonction publique, notamment à travers l’introduction des plafonds d’emploi par ministère et par institution constitutionnelle, dans le présent projet de Loi de finances, conformément aux dispositions de la loi organique relative aux lois de finances. « La programmation de ces plafonds d’emplois repose sur l’encadrement des recrutements, en cohérence avec le cadrage budgétaire, et sur un meilleur suivi des mouvements de personnel entre les différentes administrations », a soutenu l’État. 

En outre, « les autorisations d’emplois feront l’objet d’un suivi infra-annuel dans le cadre de l’exécution du budget de l’année 2026, pour s’assurer du respect des plafonds fixés ».

Par ailleurs, un endettement choisi et avantageux ; une politique fiscale innovante et efficace ; la transparence, la crédibilité et la sincérité budgétaires ; une amélioration du cadre de gouvernance financière ; et une gestion rationnelle des investissements publics sont autant de mesures qui entrent dans ce sens. 

BABACAR SY SEYE 
 

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