Publié le 14 Oct 2025 - 09:00
DIGITALISATION DE LA COMMANDE PUBLIQUE  

L’Arcop engage la révolution des marchés publics

 

Avec près de 3 000 milliards FCFA injectés chaque année, la commande publique représente l’une des principales sources de corruption, de blanchiment et de détournements de deniers publics par divers procédés. À travers la digitalisation des procédures, l’Arcop espère faire gagner aux autorités contractantes jusqu’à 300 milliards de francs CFA.

 

La commande publique fait sa mue. Sous la conduite de l’actuel directeur général de l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop), Dr Moustapha Djitté, le Sénégal entend tourner la page des appels d’offres physiques coûteux, archaïques et peu transparents. Cette nouvelle ère s’ouvre dès demain avec le lancement officiel de la plateforme numérique dénommée Achats publics en procédures électroniques (Appel).

À en croire Dr Moustapha Djitté, c’est un tournant majeur dans la mise en œuvre de la commande publique. À terme, ce ne sont pas moins de 300 milliards de francs CFA d’économies qui sont espérés de cette réforme de l’administration sénégalaise, avec plus de 80 milliards de gains budgétaires, entre autres avantages.

« Nous n’exagérons vraiment rien quand on parle de 300 milliards. Je vous donne un exemple : dans l’administration, nous avons plus de 800 autorités contractantes. En moyenne, chaque autorité contractante réalise au moins 10 marchés par an. Pour chaque marché, il faut faire une insertion dans un journal… Vous imaginez ce que ça fait », souligne le directeur général de l’Arcop, non sans préciser qu’une insertion pour une demi-page peut coûter jusqu’à 400 000 francs CFA.

La dématérialisation des procédures lancée dès demain

Désormais, les autorités contractantes pourront publier leurs avis sur la plateforme et non plus dans les journaux. Aussi, elles ne seront plus tenues de confectionner des piles de dossiers impressionnants qu’elles auront même du mal à archiver et à conserver. « Nous créons les conditions permettant à l’administration de se départir complètement du papier », a ajouté le directeur général de l’Arcop, qui explique : « Avant, des dossiers très volumineux étaient confectionnés par l’autorité pour lancer un marché. Lesquels dossiers étaient distribués aux opérateurs qui, à leur tour, devaient préparer des piles de documents pour présenter leurs offres. C’était des dépenses énormes supportées par l’administration et par l’entreprise. Je n’ai pas parlé des déplacements pour accomplir certaines formalités, déposer des dossiers… Avec la dématérialisation, c’est la fin de toutes ces lourdeurs. »

Dans cette phase pilote qui sera lancée demain, 50 autorités contractantes sont concernées. Ces dernières sont choisies sur la base de plusieurs critères, dont le volume de leurs portefeuilles. Parmi elles, on peut citer : Ageroute, Senelec, Sones, Port autonome de Dakar, SenTer, Sonacos, Artp… Figurent aussi dans la short-list les ministères de l’Intérieur, de l’Énergie et des Transports…

Des gains économiques et opérationnels énormes

À la question de savoir si le basculement sera intégral pour ces autorités enrôlées dans la phase pilote, Monsieur Babacar Khaly Diagne, chargé du projet Demat à l’Arcop, précise : « Elles ne basculent pas tous leurs marchés maintenant, mais on va choisir un certain nombre de marchés sur ce qui leur reste pour l’année 2025. »

En principe, souligne Monsieur Diagne, le basculement intégral pour tous les acteurs devrait intervenir fin 2026, si tout se passe normalement. Mais il s’empresse de préciser : « Lors de la phase pilote, une concertation va avoir lieu avec les structures pilotes pour définir ensemble les modalités du programme. C’est au cours de cette phase que nous déciderons quand procéder au basculement. »

L’un des avantages essentiels de la digitalisation est le renforcement de la transparence, la lutte contre la corruption et certaines pratiques molles comme la surfacturation. Selon les études, à travers le monde, l’incidence financière des pratiques frauduleuses dans les marchés publics a atteint le seuil de 25 % des montants engagés. Au Sénégal, la commande publique est estimée à 3 000 milliards par an. En conséquence, le simple renforcement de la transparence pourrait permettre d’économiser plus de 500 milliards de francs CFA.

L’étude d’impact réalisée par l’Arcop révèle par ailleurs que la dématérialisation des procédures pourrait générer : un gain de 30 % sur la productivité  et une réduction de 40 % des coûts d’accès aux marchés pour les PME.

Une plateforme sûre et sécurisée

Concernant la sécurité de la plateforme, l’Arcop tente de rassurer toutes les parties prenantes. Tout a été mis en œuvre pour renforcer la fiabilité du processus, du début à la fin.
« Les avis d’appels d’offres sont publiés sur la plateforme ; les dossiers sont disponibles en ligne ; le candidat prépare son dossier et postule en ligne, et l’évaluation se fait également en ligne. C’est un processus complet qui réduit au maximum l’intervention humaine, donc les risques de manipulation », a expliqué le DG de l’Arcop, qui affirme avec optimisme : « Nous avons une plateforme sûre, sécurisée, flexible, innovante et originale dans sa conception. »

À son avis, la plateforme sénégalaise est en avance sur plusieurs autres. « À travers le monde, la plupart des plateformes s’arrêtent à l’évaluation. La nôtre est plus ambitieuse : nous voulons intégrer la gestion des audits, les formations, la redevance… », renchérit Dr Djitté.

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