Publié le 19 Nov 2020 - 19:41
EMIGRATION IRREGULIERE ET DRAMES EN MER

Une procession silencieuse pour dénoncer le mutisme de l’Etat 

 

Le Collectif 480 organise, samedi prochain, une procession silencieuse, pour dénoncer le mutisme de l’Etat dans le drame de l’émigration irrégulière. Il s’agira également de proposer des solutions, en vue d’endiguer un phénomène qui n’a que trop duré.

 

Après le deuil national organisé par des jeunes Sénégalais, plusieurs mouvements citoyens ont décidé d’aller plus loin. La gravité de la situation l’impose. Regroupés au sein du Collectif 480 - un chiffre en référence au nombre de morts déclarés en mer - ils prévoient une marche silencieuse, samedi prochain, à la place de la Nation. ‘’Des centaines de Sénégalais ont perdu la vie, en tentant de regagner l’Europe par la mer. Nous sommes assaillis par des images bouleversantes qui nous interpellent. Malgré tout cela, nos autorités et les autres segments de notre société continuent leurs activités comme si ce spectacle insoutenable relevait de l’anecdote ou du fait-divers. Face à cette situation, nous avons jugé qu’il était temps de prendre le taureau par les cornes et d’attirer l’attention quant à la nécessité de trouver des solutions idoines à cette équation macabre’’, fait savoir Aida Niang, membre du collectif.

Toutefois, le Collectif 480 se veut clair : cette procession silencieuse est placée sous le sceau de la citoyenneté et de la responsabilité, sans coloration politique ou politicienne. Ses membres appellent à la mobilisation et à une synergie d’actions, en vue d’endiguer un fléau qui a déjà fait assez de dégâts. ‘’Nous appelons les Sénégalais d’ici et d’ailleurs à s’approprier l’initiative en vue de donner la raison à ce plaidoyer. Il est temps d’œuvrer pour un changement de paradigmes, afin que l’espoir revoie le jour pour que notre jeunesse ne soit plus encline à braver la mer. Il sera question, pour nous, de nous incliner devant la mémoire des défunts et d’exprimer notre compassion à leurs familles et proches. La gravité de l’heure demande une analyse approfondie de la situation. C’est ce que nous comptons faire à la suite de notre marche et proposer ainsi des solutions. J’insiste sur le fait que c’est une marche citoyenne et que le sujet est suffisamment grave pour ne pas faire l’objet de querelles partisanes’’, poursuit-elle.

De prime abord, le Collectif 480 soutient que le gouvernement sénégalais a enlevé aux jeunes tout espoir de réussite dans le pays. ‘’Beaucoup de nos jeunes frères ont bravé la mer, ces derniers jours, pour avoir une vie meilleure. Mais, malheureusement, près de 500 parmi eux ne sont plus de ce monde. La plupart des victimes sont des enfants, des mineurs. Et aux iles Canaries, on a reçu l’information selon laquelle des femmes sont parties avec leur bébé. C’est une situation très douloureuse face à laquelle les Sénégalais sont meurtris. Dans les familles, certains ont perdu cinq à sept membres. Cette douleur, les Sénégalais la vivent dans leurs maisons, dans leurs chambres. Nous sommes allés à Mbour, Fass Mboye, Diogo et Lompoul, et nous avons vu combien ces familles sont meurtries, en plus des difficultés dans lesquelles elles vivent. Même si l’Etat ne donne aucun appui matériel à ces familles, il peut faire preuve de compassion. Mais les pouvoirs publics ne veulent pas aborder la question, parce que c’est la preuve palpable de leur échec’’, détaille Saliou Ndiaye, également membre du collectif.

Samedi, la couleur exigée est le noir, en signe de deuil. Les familles endeuillées ne pouvant pas rallier la capitale sont invitées à marcher dans leurs localités respectives. L’objectif, ici, selon Saliou Ndiaye, est de marquer l’indignation, la douleur et la compassion.

Par ailleurs, les membres des secteurs d’activités aujourd’hui en difficulté, paralysés et oubliés par le gouvernement, sont attendus à cette marche. ‘’L’indifférence de l’Etat est inadmissible. Lors du déclenchement de la crise sanitaire de Covid-19, toutes les dispositions ont été prises. On a fermé tous les lieux publics et 1 000 milliards ont été injectés dans la lutte. Aujourd’hui, le Sénégal perd 480 jeunes, mais c’est le silence total. Aucun communiqué, ni réaction n’ont suivi après le deuil national organisé par les Sénégalais. Aucune autorité ne s’est prononcée’’, martèle-t-il.

A ce jour, aucune autorité n’a énoncé le nombre exact de migrants sénégalais disparus en mer. On est encore dans des approximations, pendant que des services étatiques en ont la vocation première. Un pan du problème qui demeure et qui explique l’appellation de ce collectif citoyen. Il a opté symboliquement pour le chiffre 480, largement médiatisé lors des récents drames.

EMMANUELLA MARAME FAYE

 

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