Publié le 28 Feb 2023 - 21:41
EXPLOITATION DE GAZ

BP veut plus de puits pour la phase 2 de GTA 

 

Le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) va avoir une phase deux comme annoncée. Pour maximiser l’exploitation, le géant pétrolier BP compte forer de nouveaux puits.

 

De quatre, le nombre de puits envisagés dans le développement du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) devrait évoluer. La compagnie British Petrolum (BP) qui pilote le projet avec l’Américain Kosmos Energy, en partenariat avec les compagnies pétrolières nationales de Mauritanie (SMHPM) et du Sénégal (Petrosen), a fait savoir hier qu’avec ses partenaires, elle compte ‘’développer d’autres puits pour maximiser l’exploitation’’.

Cette nouvelle donne se passera dans le cadre de la prochaine étape de l’exploitation des hydrocarbures au large de la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie, car BP et ses partenaires passent à ‘’l'évaluation du concept de la phase 2 du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA)’’, selon une note officielle de la compagnie pétrolière.

Cette deuxième phase de l’exploitation a été annoncée par le président de la République depuis septembre 2022, avant même l’achèvement de la première. Lors d’une rencontre consacrée au secteur des hydrocarbures et de l’énergie en général, à Dakar, Macky Sall a soutenu que ‘’dans la phase 2, qui viendra immédiatement après la phase 1, nous prévoyons de produire 5 millions de tonnes de gaz [en 2027], avec l’objectif d’atteindre 10 millions de tonnes de gaz [en 2030].

Le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) ou GTA 1, auquel vont s’ajouter les futurs puits, consiste à exploiter quatre puits pour vingt ans au moins. Il vise la production d’environ 2,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an pour l’exportation et 70 millions de pieds cubes de gaz naturel par jour (capables d’alimenter 500 MW de centrales électriques) pour les marchés domestiques de la Mauritanie et du Sénégal. L’exploitation est envisagée à partir d’une infrastructure sous-marine d’extraction de gaz naturel, reliée par des pipelines à une unité flottante de production, de stockage et de déchargement de pétrole (FPSO). Le FPSO traitera ensuite le gaz extrait et le renverra via un pipeline au terminal de liquéfaction flottant (FLNG).

‘’Une capacité totale comprise entre 2,5 et 3 millions de tonnes de GNL par an’’

Si BP et ses partenaires ont confirmé aujourd'hui […] la deuxième phase du projet de gaz naturel liquéfié GTA, celle-ci va générer ‘’une capacité totale comprise entre 2,5 et 3 millions de tonnes par an’’, écrit BP. Et pour le vice-président exécutif de BP pour les opérations et la production, Gordon Birrell, ‘’nous allons nous appuyer sur notre solide collaboration avec nos partenaires et les gouvernements mauritanien et sénégalais pour poursuivre le développement d'une plate-forme énergétique fructueuse à long terme en Afrique occidentale. GTA demeure le fondement de notre stratégie visant à développer les hydrocarbures les plus résilients pour contribuer à assurer la sécurité énergétique aujourd'hui’’.

Avec GTA 2, de ‘’nouveaux puits et équipements sous-marins […] s'intégreront aux infrastructures existantes de GTA et les développeront’’, précise le document. En août dernier, BP faisait savoir que la pose du brise-lame de la plate-forme est achevée, suite à l’installation du 21e et dernier caisson en béton au mois de mai. Aussi, la plate-forme QU (quartier d’habitations) qui a parcouru près de 19 300 km (12 000 milles nautiques), depuis Yantai en Chine jusqu’au site du projet GTA au large de la Mauritanie et du Sénégal, est enfin opérationnelle.

Outre les quartiers d’habitation pour les employés offshore, la plate-forme QU comprend des bureaux, une centrale électrique, des stations de traitement d’eau et d’épuration des eaux usées et d’autres installations nécessaires pour l’exploitation du premier terminal GNL côtier du monde.

La plate-forme héberge également le poste de contrôle du capitaine du port qui assurera la gestion des mouvements des navires autour de la plate-forme, ainsi que la salle de contrôle principale du terminal.

L’avancement de ces installations rassure sur les délais pour le démarrage de la production des hydrocarbures prévu au second semestre 2023. Ce qui devrait être le démarrage d’un apport conséquent de recettes dans le budget du Sénégal. Dans le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2023-2025 du ministère des Finances et du Budget, les prévisions annoncent des recettes de l’exploitation du gaz et du pétrole pour le Trésor public, évaluées à près de 887 milliards F CFA. En combinant les projets Grand Tortue Ahmeyim (GTA) et Sangomar, sur la période triennale, les recettes tablent sur un montant global de 887,68 milliards F CFA réparti comme suit : pour la première année d'exploitation 2023, les recettes sont estimées à 59,16 milliards F CFA, 327,28 milliards F CFA pour 2024 et 501,24 milliards F CFA pour 2025.

Alors que la première phase du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) est achevée à 80 %, le président Macky Sall anticipe d’ores et déjà l’étape suivante, laquelle devrait démarrer entre 2024 et 2025. ‘’Dans la phase 2, qui viendra immédiatement après la phase 1, nous prévoyons de produire 5 millions de tonnes de gaz [en 2027], avec l’objectif d’atteindre 10 millions de tonnes de gaz [en 2030]’’, a déclaré le chef de l’État lors d’une rencontre consacrée au secteur des hydrocarbures et de l’énergie en général, à Dakar le 1er septembre. Selon le président Sall, cette deuxième étape nécessitera des investissements d’environ 5 milliards de dollars.

Sangomar, autre projet pétrogazier attendu depuis longtemps, devrait également commencer à produire au cours du deuxième semestre de 2023. La société australienne Woodside détient 82 % du champ en cours de développement au large des côtes sénégalaises, le reste appartenant à la compagnie pétrolière nationale Petrosen.

 Selon Shiva McMahon, vice-présidente exécutive de Woodside pour les opérations internationales, le projet serait déjà achevé à 60 %. La phase 2 de Sangomar nécessiterait des investissements d’une valeur de 2,5 milliards de dollars et devrait produire environ 100 000 barils de pétrole par jour, sans plus de précisions sur le calendrier.

Lamine Diouf 

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