Publié le 25 Sep 2012 - 17:06
JUSTICE ÉDTOURNEMENT DE 42 MILLIARDS

Transitaires et agents de l'Etat risquent la prison

 

 

Les 42 milliards empochés par des transitaires véreux, en complicité avec des agents des Finances, ne seront pas épargnés par la rigueur de Dame Justice. Après découverte du scandale par les nouvelles autorités et la mesure prise par le très intègre directeur général de la douane, Mouhamadou Mactar Cissé, de mettre fin à l’activité des commissionnaires en douane ambulants, c’est au tour de la justice de prendre le relais.

 

La justice est fin prête pour envoyer en prison les transitaires et agents de l’Etat trempés dans l’affaire du détournement de 42 milliards. Elle a saisi la gendarmerie, via la section recherches, pour une audition très rapide des personnes impliquées dans le scandale. Le défilé des transitaires se poursuit devant les pandores qui devront identifier leurs complices et la part de responsabilité jouée par chacun, avant de transmettre à qui de droit.

Que l’on ne soit donc pas surpris de voir toutes les personnes impliquées se retrouver demain en prison. Pour que les sommes détournées atteignent une telle proportion, il a fallu que les personnes incriminées aient bien huilé le procédé qui permettait, pendant plusieurs années, à des transitaires dits « crédités » de disposer du quitus du Receveur Général du Trésor sans être en règle avec les caisses de l’Etat. Le dernier nommé avait, en effet, accordé cette facilité dans le but de permettre aux transitaires d’effectuer leurs opérations sans grands dommages pour leur capital disponible.

 

Ainsi, suffisait-il pour ces commissionnaires de déposer une caution comprise entre 30 et 60 millions pour avoir droit à un quitus qui permet d’enlever les marchandises arrivant au port. Tout cet avantage étant assujetti au reversement de la somme due à l’Etat dans les 120 jours qui suivent la livraison de la marchandise enlevée. Mais, au lieu de se conformer à cette obligation, les transitaires mettaient directement l’argent dans leurs poches. Ils prenaient non seulement le beurre mais également l’argent du beurre. Si la pratique a fait tâche d’huile pour faire perdre 42 milliards à l’Etat, c’est que les malfaiteurs ont toujours bénéficié de la complicité de responsables des Finances publiques.

 

Pour contourner la loi, les mis en cause se servaient de chèques en bois pour faire croire qu’ils étaient en règle avec les caisses et obtenir de nouveaux crédits. Autant la Perception de Dakar-Port que les services du Receveur Général du Trésor ont fermé les yeux sur le fallacieux procédé qui finit par causer un trou inestimable pour le Trésor public. C’est plutôt l’Inspection Générale des Finances, instruite par le ministre des Finances en personne, Amadou Kane, qui a mené l’enquête ayant permis de découvrir le pot aux roses.

 

Peu de transitaires ont remboursé les sommes qu’ils doivent à l’Etat. Les autres qui s’obstinent à passer à la caisse vont devoir faire face à la justice. Une source judiciaire d’indiquer qu’aucune indulgence ne sera faite aux transitaires véreux, encore moins à leurs complices.

 

Le Pays au Quotidien

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