Publié le 28 Mar 2014 - 15:36
LE SÉNÉGAL FACE AU VIRUS EBOLA

Les médecins divisés sur la fermeture des frontières

 

La déclaration du ministre de la Santé et de l'Action sociale de ne pas demander la fermeture des frontières face à la menace du virus Ebola est diversement appréciée par les professionnels de la santé.

 

La fièvre Ebola constitue de se propager en République de  Guinée. Quatre nouveaux cas ont été détectés hier à Conakry la capitale. Cette maladie qui n' a ni recette encore moins de vaccin fait peur au point que la Mauritaniens ont décidé de fermer certains points de passage de sa frontière avec le Sénégal.
 
Mais pour le ministre de la Santé et de l'Action sociale Awa Marie Coll Seck, la fermeture de frontière n'est pas pour le moment recommandée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Une déclaration qui divise les spécialistes de la santé.
 
Selon le secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l'action sociale  (Sutsas), Mballo Dia Thiam, pour une maladie qui se développe à une vitesse exponentielle, plus meurtrière que le choléra, la meilleure solution, c'est de fermer les frontières.
 
 ''La Mauritanie fait partie de l'OMS et elle a fermé ses frontières. Elle a mis en avant la santé de sa population. Et pourtant, elle est loin de la menace. Ce qui n'est pas le cas du Sénégal qui est un pays frontalier de la Guinée. Nous pensons que la meilleure mesure à prendre, c'est de fermer la frontière'', a dit Mballo Dia Thiam.
 
Poursuivant son propos, le Sg du Sutsas pense qu’après la fermeture des frontières, des dispositions doivent être mises en place pour la prévention et la sensibilisation afin de se prémunir des effets de cette grave maladie. ''On est presque impuissant devant les infections graves. Nous n'allons pas tergiverser sur une maladie aussi meurtrière.
 
Mais si on attend le premier cas pour réagir, ce sera la catastrophe. Les conséquences sont énormes, donc mieux vaut réagir pendant qu'il est temps'', a-t-il prévenu.
Pour lui, le problème ce n'est pas  l'OMS mais la santé des populations. ''Parce que l'OMS n'est pas un tribunal pénal. Est ce qu'on fait tout ce que recommande l'OMS. Elle a recommandé 15% du budget pour la santé alors qu'on est  relativement à 11%.''
 
''On peut prendre des mesures sanitaires sans fermer les frontières''
 
Le docteur Cheikh Seck de l’hôpital général de Grand Yoff  n'est pas de cet  avis . A l'en croire, fermer une frontière, c'est quelque chose de lourd. ''On n'est pas en guerre. On peut prendre les mesures sanitaires nécessaires sans fermer les frontières'', a t-il déclaré avant de se demander s'il y a  une menace réelle sur le plan sanitaire pour pousser à ce que l'on ferme la frontière.
 
Il a indiqué que les contrôles se font au niveau des frontières. ''Quand la personne voyage, elle doit disposer d'un carnet de vaccination pour prouver qu'il n'a pas de maladie contagieuse. Donc il n'y a pas de raison de fermer les frontières.''
 
S'agissant de la fermeture des loumas, il a estimé que c'est une bonne décision. ''C'est des mesures sécuritaires. Un marché, c'est un lieu de rassemblement et d'échange. Les produits vendus sont transportés d'un pays à un autre.  Cela veut dire que le germe peut être transporté. Il y a donc des risques majeurs d'autant plus que c'est un marché international et des gens viennent de la Guinée. Il faut prendre des mesures''.
 
''Pour l'instant l'heure est au contrôle des frontières''

De son côté, le chef du Service national de l'éducation et de l'information pour la santé (Sneips) Docteur Alouise Diouf, a soutenu que pour l'instant, l'heure est au contrôle des frontières, à la capacitation des agents et à la mise en place du dispositif de prévention et non à la fermeture des frontières.

Même son de cloche chez le docteur Mohamed Ly selon qui la fermeture des frontières doit être la  dernière extrémité. ''C'est la dernière éventualité à envisager. Le danger, c'est avec les liquides biologiques. Donc il suffit d’être vigilant et de prendre les mesures qu'il faut. Il faut régler les problèmes de santé de manière responsable. Le système de santé doit être réactif pour faire face à ce défi.''   

Viviane DIATTA

 

 

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