Publié le 3 Dec 2020 - 11:45
LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA

Les entraves de la Covid-19

 

Même si le monde a réalisé de grands progrès, le VIH reste un enjeu majeur de santé publique, au niveau mondial. Comme c’est le cas pour de nombreux autres grands problèmes de santé, car la pandémie de Covid-19 crée des difficultés supplémentaires.

 

Les services de prévention, de dépistage, de traitement et de soins du VIH ont tous été perturbés par la pandémie de la Covid-19. En particulier dans les pays qui ont des systèmes de santé fragiles. La détérioration de ces services essentiels menace des vies. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), tout ralentissement dans leur fourniture exposera de nombreuses populations vulnérables à une hausse du risque d’infection à VIH et de décès liés au sida.

Néanmoins, partout dans le monde, les agents de santé et les représentants des communautés s’efforcent d’assurer la continuité des services, adoptant des moyens novateurs de pallier les dysfonctionnements causés par la Covid-19.

Le 1er décembre (avant-hier), l’OMS s’associait à ses partenaires pour rendre hommage à tous ceux qui fournissent des services de lutte contre le VIH. L’institution onusienne invite, en outre, les dirigeants mondiaux et les citoyens de toute la planète à engager un élan de solidarité planétaire, afin de préserver les services essentiels de lutte contre le VIH pendant la pandémie de Covid-19 et après. C’est un appel à agir en priorité en faveur des groupes vulnérables qui sont déjà à risque et à étendre la couverture aux enfants et aux adolescents.

En 2020, Année internationale des sages-femmes et du personnel infirmier, l’objectif est aussi de pousser à renforcer la protection et le soutien apportés à ces agents de santé qui, depuis si longtemps, combattent le VIH en première ligne.  ‘’Nous pouvons tous contribuer à mettre fin au sida et à construire un monde en meilleure santé’’, a dit le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Selon une enquête de l’OMS menée avant la conférence de l’International AIDS Society, 73 pays ont signalé qu’ils risquaient de connaître des ruptures de stock d’antirétroviraux (ARV) en raison de la pandémie de Covid-19. Vingt-quatre pays ont indiqué que leur stock d’ARV était extrêmement faible ou que l’approvisionnement pour ces médicaments vitaux était perturbé. Cette enquête fait suite à une modélisation effectuée par l’OMS et l’Onusida en mai, selon laquelle une interruption de six mois de l’accès aux ARV pourrait entraîner un doublement du nombre de décès liés au sida en Afrique subsaharienne, pour la seule année 2020. On estime qu’en 2019, 8,3 millions de personnes bénéficiaient d’ARV dans les 24 pays qui connaissent actuellement des pénuries. Cela représente environ un tiers (33 %) des personnes qui prennent un traitement contre le VIH à l’échelle mondiale.  Bien qu’il n’existe aucun traitement curatif contre l’infection à VIH, les ARV permettent de maîtriser le virus et de prévenir sa transmission sexuelle.

Il ressort de l’enquête que l’incapacité des fournisseurs à livrer des ARV à temps et la fermeture des services de transport terrestre et aérien, associées à un accès limité aux services de santé à l’intérieur des pays, en raison de la pandémie, sont parmi les causes de ces perturbations.

‘’Les conclusions de cette enquête sont très préoccupantes. Les pays et les partenaires qui œuvrent en faveur du développement doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que ceux qui ont besoin d’un traitement contre le VIH continuent d’y avoir accès. Nous ne pouvons pas laisser la pandémie de Covid-19 réduire à néant les avancées obtenues de haute lutte dans la réponse mondiale contre cette maladie‘’, dit le Dr Tedros.

VIVIANE DIATTA

 

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