Publié le 16 Oct 2015 - 14:54
PLUIE A DAKAR

Quand les eaux de pluie plombent la circulation

 

Les eaux de pluie d’hier ont dicté leur loi dans de nombreuses localités de la capitale dont la zone B et Colobane. Bus et véhicules particuliers en panne dans les eaux, tel était le spectacle, sans compter les embouteillages monstres et les disputes entre conducteurs.

 

La pluie inattendue et diluvienne, qui s’est abattue hier sur la capitale sénégalaise, a causé de nombreux dégâts. Plusieurs rues ont été transformées en véritables mares. Au niveau de la route qui mène au Lycée Blaise Diagne, nombreux ont été les automobilistes pris au piège par les eaux, notamment un bus ‘’tata’’ et deux taxis clandos qui ont subi des avaries. Devant cette situation, piétons et véhicules ont été contraints de trouver d’autres voies. Transformant leur matinée en véritable calvaire. C’est le cas de Martial Thiaw, un parent d’élève, qui voulait se rendre au lycée. Assis dans son 4x4, il a dit son désarroi. ‘’Je suis venu pour inscrire mes deux enfants. Mais malheureusement, ça ne sera pas pour aujourd’hui, parce que, comme vous le voyez bien, il y a de l’eau partout. Si j’insiste pour continuer, ma voiture risque d’y rester, parce que l’eau est arrivée à une grande hauteur.’’

Jules Sène, le bon samaritain

La pluie n’a pas causé que des inondations. Elle a occasionné de très grands embouteillages au rond-point de Colobane. En l’absence des policiers, c’était le chaos. D’où les disputes et les invectives entre chauffeurs. Chacun cherchant à dicter sa loi, à la longue, personne ne put bouger. Les piétons eux furent obligés de se déchausser et de marcher pieds nus dans les eaux rougeâtres. D’où la mésaventure d’Aïda Ndiaye, une maman qui venait du marché. Elle est tombée dans l’eau, avec les légumes et autres condiments qu’elle venait d’acheter.

Avec ses vêtements mouillés et salis, elle n’avait que ses yeux pour pleurer. Mais elle a pu compter sur la générosité d’un automobiliste qui, de sa voiture, a tout vu. Le bonhomme du nom de Jules Sène a appelé la dame et lui a offert un billet de 10 000 francs pour lui permettre de refaire son marché. ‘’Je la considère comme ma propre mère. Elle est tombée avec son panier de marché, à cause des eaux de pluie, parce qu’elle ne voyait pas où elle mettait les pieds. J’ai senti sa peine et son besoin de trouver des sous pour refaire son marché. Je lui ai remis ce franc symbolique, parce que je ne sais pas si elle aura l’argent pour le faire’’, a dit le bon samaritain. Mais Jules Sène n’a pas été son seul bienfaiteur. Une autre jeune dame lui a demandé de monter dans sa voiture, malgré son état, pour qu’elle la ramène chez elle.

La mauvaise canalisation pointée du doigt   

La mésaventure de mère Aïda a suscité un vif débat sur les lieux. D’aucuns accusent le gouvernement d’être responsable de cette situation. Les autres pointent du doigt la mauvaise canalisation. ‘’Le gouvernement n’a rien fait de bon dans ce pays. Quand il pleut à Dakar, tout stagne. Même pour aller au travail, les gens sont obligés de passer dans les eaux. Ce n’est pas normal’’, peste Demba Camara. Selon ce dernier, le gouvernement doit se pencher sérieusement sur cette question, en réglant cette question de canalisation.

Un avis partagé par Hélène Dione qui soutient que les tenants du pouvoir ne se soucient pas assez des préoccupations des Sénégalais. Par contre, Moussa Kane estime que le gouvernement n’est pas coupable de la mauvaise canalisation, même s’il a sa part de responsabilité. ‘’Toute cette situation est causée par la mauvaise canalisation. Il faut juste réparer cette canalisation’’, dit-il. ‘’Les canaux sont défectueux. Rien de bon n’a été fait pour l’écoulement de l’eau. Il faut que les canaux soient réparés. Ce n’est pas normal, que quand il pleut à Dakar, les gens arrêtent de travailler ou de vaquer à leurs occupations. Ce problème doit être réglé’’, fulmine Tidiane Sy, un  chauffeur de bus ‘’tata’’.

VIVIANE DIATTA

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