Publié le 28 Oct 2015 - 17:09
RETRAIT DE LA GESTION DES ORDURES A L’ENTENTE CADAK-CAR

Khalifa Sall va saisir la Cour suprême

 

L’Entente CADAK-CAR et son président Khalifa Sall ne comptent pas se laisser faire dans la gestion des ordures ménagères. Estimant que les arguments avancés par les autorités étatiques ne sont pas fondés, le président compte saisir la Cour suprême afin d’annuler le décret présidentiel.

 

« La décision de retirer la gestion des ordures ménagères à l’Entente CADAK-CAR n’est fondée sur aucun argument valable. » Ces propos sont du directeur général de la structure Moussa Tine. En conférence de presse hier au siège de la structure, il a démonté pièce par pièce les arguments avancés par ministre de la Gouvernance locale Abdoulaye Diouf Sarr pour retirer cette gestion à l’Entente. Convaincu de l’illégalité du décret présidentiel qui transfère la gestion des ordures à  l’Unité de coordination et de gestion des déchets solides (UCG), Moussa Tine informe qu’ils ont déjà demandé à leurs avocats de saisir la Cour suprême, sous l’instruction du président de l’Entente CADAK-CAR Khalifa Ababacar Sall. Ils espèrent à travers cette saisine obtenir une annulation du décret et un sursis à l’exécution, car selon eux, il viole le code des collectivités locales.

Qui ne veut pas de la transparence ?

Revenant sur les raisons qui ont poussé le président de la République à signer ce décret, Moussa Tine estime qu’il a été mal informé. « On lui a fait prendre une décision contraire à sa religion », a-t-il affirmé devant les journalistes. Selon lui, son seul tort est d’avoir, dans un souci de transparence, décidé de lancer un appel d’offres pour attribuer les marchés aux concessionnaires. Il soutient que depuis le temps de Wade, la situation est pareille. Chaque fois qu’une structure de gestion des ordures ménagères lance un appel d’offres, elle est dissoute, ce qu’il ne peut pas comprendre. « Le Chef de l’Etat, qui défend une gouvernance vertueuse, ne peut pas adhérer à un tel procédé.

On lui a donné de fausses informations. Comment l’Etat peut-il se ranger derrière des privés qui ne veulent pas que les marchés soient transparents ? » s’interroge-t-il. En présence de ses collaborateurs et des représentants des syndicats, le directeur général de l’Entente CADAK-CAR a botté en touche tous les reproches que lui a faits le ministre de la Gouvernance locale. « On nous reproche des problèmes liés à la gestion du personnel. En mars 2013, lorsque nous prenions la structure à l’UGC, le personnel était payé souvent vers le 15 du mois. Aujourd’hui, ils perçoivent leurs salaires avant le 30. Ils ont des bulletins de salaire et une convention collective, ce qui n’était pas le cas. Nous avons fait tous ces efforts, alors que le budget est toujours de dix milliards, depuis 2002 », explique-t-il.

La décision des élus de Rufisque également mise en avant par le ministre est un prétexte, selon Moussa Tine. Il estime que, dans cette affaire, les autorités étatiques n’ont pas fait tout ce qu’il fallait pour avoir la bonne information. Selon lui, les déclarations de ces élus posent à la fois des problèmes de cohérence et de recevabilité très sérieux. A en croire M. Tine, la Communauté des agglomérations de Rufisque (Car) n’a pas été mise en place depuis les dernières élections locales pour une simple raison.

D’habitude, c’est le maire de Rufisque qui dirige l’organisation, mais il s’est trouvé qu’il est du Pds. Les anciennes communes d’arrondissement devenues communes de plein exercice du département sont dirigées majoritairement par l’Apr. Les maires du parti présidentiel refusent d’être dirigés par leur homologue du Pds. « Si l’acte 3 veut une décentralisation de l’Etat et qu’on prend cette décision pour centraliser cette question aussi importante pour les collectivités locales, donc il y a problème », a-t-il conclu.        

ABDOURAHIM BARRY (STAGIAIRE)

 

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