Publié le 26 Feb 2013 - 21:45
CINÉMA - ''LA PIROGUE'' DE MOUSSA TOURE

 Rêves noyés en haute mer

 

Le film du réalisateur sénégalais Moussa Touré, ''La Pirogue'', a été projeté hier à Ciné Burkina, dans le cadre du 23e Festival panafricain de l'audiovisuel et du cinéma de Ouagadougou (Fespaco). Le long-métrage raconte ''Barça wala Barsax'' (parvenir à Barcelone ou mourir) avec son lot de pertes en vies humaines pour nombre de pays africains. Il s'agit de jeunes et moins jeunes, tentés de rejoindre les côtes espagnoles à bord de pirogues de fortune.

 

Grand, beau, imposant, port altier et belle allure, Souleymane Sèye Ndiaye dégage de l’énergie, de la force et du courage. Espoir pour son pays, mannequin de son État, Julot, comme on l’appelle sur les planches, est le personnage principal du film, ''La Pirogue'', du réalisateur sénégalais Moussa Touré. En compétition au Festival panafricain de l'audiovisuel et du cinéma de Ouagadougou (Fespaco), dans la catégorie ''Étalon du Yénenga'', le long-métrage a été projeté hier matin au Ciné Burkina.

 

Surnommé Baye Laye dans le film, Julot est pêcheur de son État. A bord de sa pirogue, il décide de convoyer 30 personnes en Espagne, moyennant une certaine somme. Dans le lot, le comédien Leyti Fall, dans le rôle de Lansana, et Malamine Dramé dans celui de Abou. L'odyssée à bord de la version 21e siècle du "Radeau de la Méduse" met en scène des voyageurs d’horizons divers et de différents âges. Chacun a ses raisons. Pierre, un handicapé et ancien pêcheur, a décidé de rejoindre l’Espagne pour refaire sa jambe perdue lors d’un accident en haute mer. Il mourra en chemin pendant un violent orage.

 

Ousmane, lui, a choisi de prendre le large et d'aller vers l’eldorado pour entretenir sa femme et sa fille. Jeune, beau et voulant croquer la vie à pleine dents, Lansana a tenté l’aventure afin de se remplir les poches et mieux faire la bamboula. ''J’ai décidé de devenir quelqu’un'', dit-il. Un groupe de Guinéens, dont un père et son fils, ont quitté leurs pays pour aller chercher du travail en Occident ; ils ont péri en chemin, terrassés par la faim.

 

De mal en pis

 

Un soir, une tempête survient en haute mer. Dans le noir, l’eau et le vent font gravement tanguer la pirogue, conçue pour le voyage. Deux des passagers passent l'arme à gauche. Une prière mortuaire est organisée dans la pirogue et leurs corps sans vie sont jetés dans la mer. Un malheur ne venant jamais seul, Baye Laye, seul maître à bord, perd son précieux outil de navigation, le GPRS. Et puis l’essence tarit. Reste une seule solution : laisser la pirogue aller à la dérive. Dans l’incertitude et la peur, la faim s’invite. Les voyageurs meurent un à un.

 

L'imaginaire africain s'invite : les Guinéens soupçonnent la seule femme à bord de leur porter malheur et tentent en vain de la balancer dans l’eau. Au bord de l'anéantissement total, plus de la moitié des voyageurs étant morts, la Croix-rouge espagnole survint et sauva le restant du groupe . Rapatriés, les candidats à ''Barça wala barsax'' (parvenir à Barcelone ou mourir), ont droit, chacun, à un sandwich et un billet de dix mille francs Cfa...

 

BIGUÉ BOB

 

 

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