Publié le 2 Apr 2013 - 20:34
MUSIQUE-CONCERT AU GRAND THÉÂTRE

 Belle ballade musicale en hodou

 

La tradition au cœur d’un concert. C’est ce qu’a proposé et réussi, dimanche soir au Grand-théâtre, l’instrumentiste Issa Mbaye Diary Sow.

 

Un espace aménagé sur l’avant-scène du grand-théâtre avec Ousmane et Cheikh, les deux rappeurs de NBB, autour d’une théière. Ils s’occupent du ataaya (séance de thé) comme le font bergers peulhs. Sur le côté opposé de l’avant-scène, un groupe de jeunes filles s'affaire autour du lait caillé. Une spécialité bien hal pulaar. Au milieu de la scène, un espace avec de petits coussins rappelant les nattes des peuples du Sahel lors des soirées au clair de lune.

 

Le décor est bien campé pour une soirée des musiques pastorales et lyriques. Que de la musique traditionnelle à l'initiative de l’instrumentiste Issa Mbaye Diari Sow. Lequel a bâti sa renommée avec le hodou (xalam). Et c’est armé de cet instrument qu’il donne le la de la soirée. Accompagnée de moins d’une dizaine de ses pairs, ils ont offert au public un concert de sonorités bien mixées au yella.

 

Cocktail avec l’Orchestre philharmonique de la Belgique

 

Après cette première partie qui a replongé bon nombre des spectateurs au milieu de leurs soirées d’enfance, place à l’Orchestre Philharmonique de la Belgique dont est membre Issa Mbaye Diary Sow. Le groupe sert un cocktail de hodou et de violons accompagné des rythmes d’un saxophone, d’une guitare, d’une kora et d’une batterie. Et le tout en musique traditionnelle hal pulaar. Au point que Wouter Vandenabeele, qui dirigeait l’orchestre, s’est laissé aller à cœur joie. Sa bonne humeur et son entrain étaient presque contagieux surtout quand Mamy Kanouté, de sa voix veloutée, a pris le micro pour des envolées lyriques dignes d’une diva mandingue. Thiédèle Mbaye, cantatrice peulh, a chanté après l’orchestre philharmonique avant de céder la place au roi du yella Baba Baïdy Maal.

 

Toujours égal à lui-même, l’interprète de ''Télévision'' a livré une prestation de haute facture avec des titres aux couleurs acoustiques. Pour changer de registre, il a été fait place à la chanteuse venue du sud du Sénégal, Facoly. Moulée dans une robe de couleur verte qui épouse merveilleusement ses formes, elle a fait voyager le public vers d’autres horizons musicaux. A sa suite, ''le roi des peulhs'', Simon Sène, a étalé toute la richesse culturelle du Sine. Habillé d’un grand boubou trois-pièces fait avec un pagne traditionnel, son xalam à la main, il a sublimé et fait ressortir les notes assez aiguës de son instrument qui font toute la splendeur de la musique sérère.

 

Pas en reste, le tambour major Doudou Ndiaye Coumba Rose ajoute une dose pour faire basculer le public vers l’extase. Très en forme dimanche soir, le tambour major n’a pas fait que diriger ses batteurs. Il a dansé et même chanté pour Issa Mbaye Diary Sow. Passé ces instants de pur bonheur avec un public bercé par un riche cocktail musical, la fratrie Sall de Bideew Bu Bess a ramené tout le monde au Nord du Sénégal avec son titre ''My feeling''. La soirée est close par l’Orchestre philharmonique de Belgique qui a accompagné l’organisateur de cette soirée des musiques pastorales et lyriques après une prestation assez réussie du chanteur mauritanien Ousmane Gangué.

 

 

Une école de musiques traditionnelles en gestation

 

Par ailleurs, la manifestation était une manière pour Issa Mbaye Diary Sow de lancer son projet de création d’école de musiques traditionnelles. ''Je veux créer une école de musiques traditionnelles qui sera établie entre Dakar et Mbour. Cette soirée annonce le projet'', a-t-il fait savoir. L’établissement doit coûter 3 millions d’euros, environ 2 milliards de francs Cfa. ''Je n’ai pas encore tous les fonds, je suis en train de chercher. Il y aura des salles de classe, un espace réservé à l’hébergement et des salles de concert'', a-t-il informé. Baaba Maal a lancé un appel à soutien à ce projet.

 

 

BIGUÉ BOB

 

 

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