Publié le 2 Feb 2016 - 14:40
SA DEMANDE DE LIBERTE PROVISOIRE REJETEE PAR LE PARQUET DE KOLDA

L’imam Ratib Ibrahima Sèye perd une bataille

 

C’est une grosse désillusion pour Imam Ibrahima Sèye qui va rester en prison. Le juge d’instruction a déjà donné son accord pour sa mise en liberté provisoire, mais le parquet s’y oppose.

 

Le séjour carcéral de l’imam Ibrahima Sèye à la prison de Kolda se poursuit. Placé sous mandat de dépôt, depuis le 5 octobre 2015, le professeur d’Histoire et de Géographie au Lycée Alpha Molo Baldé est encore loin de voir le bout du tunnel. Dans la deuxième quinzaine du mois de janvier dernier, l’Imam Sèye avait introduit une demande de liberté provisoire auprès du juge d’instruction, afin de pouvoir retrouver sa famille et ses élèves, en attendant d’être jugé. Le juge d’instruction a donné son accord. Mais le parquet s’y est opposé, en interjetant appel. De ce fait, le dossier a été transmis à la Chambre d’accusation de Dakar qui va se prononcer, dans les jours à venir, pour départager le juge d’instruction et le parquet.

Pour l’instant, les motifs de ce rejet n’ont pas été rendus publics. L’enseignant va devoir prendre son mal en patience à la citadelle du silence.Ce qui est sûr et certain, c’est que le dossier sur l’imam Ibrahima Sèye tire à sa fin, selon une source judiciaire qui affirme que l’essentiel des investigations ont été faites par le juge d’instruction.

Les enquêteurs, qui suivent la piste empruntée par l’imam Ibrahima Sèye révèlent que le prévenu s’est rendu à la mosquée de Masdjidou Sunna à Rabah, capitale marocaine, puis au village d’Oumoul Khoura en République Islamique de Mauritanie. Mais sans préciser les raisons qui ont poussé le mis en cause à se rendre dans les deux localités.

Pour rappel, l’éducateur Ibrahima Sèye est poursuivi pour apologie du terrorisme, incitation à la désobéissance militaire et à l’intolérance religieuse. Le sermon incendiaire qui lui vaut ses déboires a été enregistré par un fidèle qui ne partage pas ses idées. Le document sonore a été remis aux autorités policières qui, dès lors, avaient décidé de mettre l’imam ratib sous surveillance. Après des mois d’enquête, il a été interpellé, le lundi 5 octobre 2015, dans la commune de Kolda. Le vendredi 9 du même mois, il a été déféré au parquet.

Il ressort des éléments de l’enquête que le bonhomme passe son temps à voyager entre le Maroc et la Mauritanie. Adepte d’un islamisme radical, l’imam a finalement payé ses excès.  Même si, selon des autorités judiciaires, il a émis des regrets et demandé pardon.

EMMANUEL BOUBA YANGA (Kolda)

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