Publié le 24 Mar 2021 - 18:36
COVID-19 ET GESTION DE L’INFORMATION 

Des journalistes de l’Afrique de l’Ouest formés créent un réseau de ‘’fact-checkeurs’’

 

L’information est devenue aujourd’hui un produit très difficile à gérer. En effet, avec la concurrence des réseaux sociaux, les médias classiques ne détiennent plus le monopole de l’information et la population se trouve dans une confusion totale pour déterminer l’authenticité et la véracité des renseignements reçus. Pour permettre aux journalistes de vérifier une information avant de la diffuser, un groupe de journalistes a créé un réseau ouest-africain de ‘’fact-checkeurs’’.

 

Un réseau de journalistes ouest-africains pour le ‘’fact-checking’’ vient d’être porté sur les fonts baptismaux, en vue de maintenir la fiabilité des informations diffusées dans les médias dits classiques. L’objectif est de permettre une meilleure gestion de l’information, dans le cadre de la pandémie de la Covid-19. C’est dans ce cadre qu’une trentaine de journalistes se sont réunis à Saly Portudal, pour un atelier de renforcement des capacités en ‘’fact-checking’’.

Selon Ousseynou Dieng, ‘’la pandémie de la Covid-19 nous a montré la nécessité et l’urgence, pour les médias, de recentrer davantage le traitement de toutes les questions qui concernent nos populations. Aujourd’hui, la multiplication des réseaux sociaux et des plateformes, aidée par le développement technologique, a fait en sorte que tout le monde peut produire ou diffuser des informations de manière instantanée et que le monopole n’appartient plus aux médias traditionnels. Aujourd’hui, cette question se pose de manière tellement cruciale, qu’autant cette pandémie a une dimension mondiale, autant le traitement de la question doit être fait  à un niveau mondial, à cause de  toutes ces plateformes numériques’’, a indiqué le directeur de la Communication au ministère de la Culture et de la Communication.

Sur cette lancée, M. Dieng a  estimé que ‘’la question de la ’mésinformation’, c’est-à-dire le fait d’être  mal informé, et la question de la désinformation, le fait  de donner délibérément la mauvaise information, préoccupent aujourd’hui l’ensemble des organisations, que ce soit  l’OMS ou l’Unesco et bien sûr  les pouvoirs publics,  qui déploient  beaucoup d’efforts pour arriver à bout de cette pandémie. Mais, malheureusement, on se rend compte de plus en plus que la question de l’information devient une préoccupation majeure’’.

C’est pourquoi il pense qu’il appartient ‘’à nous journalistes et acteurs des médias de prendre cette question au sérieux et de faire que les fondamentaux même du journalisme, c’est-à-dire comment traiter une information, la recouper, la  vérifier, soient respectés. D’autant plus que tout cela est facilité par les nouvelles technologies…’’. Poursuivant dans la même veine, il ajoute : ‘’Cette fois, nous voulons tirer des avantages sur les opportunités qu’offrent ces nouvelles technologies-là, voire comment, en termes de réseau de ‘fact-checkeur’, l’on pourrait rapidement vérifier et valider certaines informations avant de les mettre à la disposition de la population, parce qu’il y va de la vie humaine’’, estime le directeur de la Communication, qui soutient que cette question-là est très préoccupante, ‘’aussi bien dans nos pays qu’à travers le monde’’.

Selon lui, c’est la raison pour laquelle l’Unesco, en rapport avec Femedev et l’Union européenne, ont soulevé cette question d’’’infodémie’’ (c’est-à-dire du traitement de l’information dans le contexte de la pandémie). ‘’Je pense qu’on ne pouvait pas avoir un sujet plus actuel et nous espérons, au sortir de cette rencontre, un renforcement des capacités, un renforcement des réseaux en matière d’échanges d’informations’’, at-il souhaité.

Pour le représentant de Femedev, ‘’cet atelier vient à son heure,  parce qu’avec la prolifération des médias sociaux, beaucoup d’organes qui diffusent des informations n’utilisent pas des journalistes professionnels qui peuvent vérifier les informations ou les rumeurs avant d’en  faire la diffusion, alors même que les récepteurs donnent beaucoup de crédibilité aux informations qui leur parviennent et qui, malheureusement, sont des outils à but décisionnel et peuvent amener des personnes à prendre des décisions qui soient contradictoires avec la véritable information’’.

À l’en croire, ‘’le Bureau régional de l’Unesco a formé plus de 250 journalistes aujourd’hui en Afrique de l’Ouest, pour les mettre en réseau et les outiller suffisamment pour pouvoir vérifier les informations qui circulent’’.

IDRISSA AMINATA NIANG

 

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