Publié le 26 Mar 2022 - 22:52
DECLARATION DE DAKAR

Un ‘’Blue deal ‘’ présenté au Monde de l’eau

 

La déclaration de Dakar a mis fin, hier, au 9e forum mondial de l’eau. Axée sur cinq points, il présente des recommandations aux gouvernements et à la société civile, pour une meilleure gestion et l’accès à l’eau.

 

Le 9e forum mondial de l’eau a pris fin, hier. Ce rendez-vous des réponses, soutient le Co-président dudit Forum, est un succès. Malgré les incertitudes, les contraintes, les hésitations et les doutes, souligne Abdoulaye Sène, les équipes ont su garder le cap. Ainsi, en compagnie du gouverneur honoraire du Conseil Mondial de l’eau Patrick Lavarde, il a lu la déclaration de Dakar. Qui, dit-il, est issue de longues trois années de concertations, d’une semaine d’échanges intenses et également de réflexions et d’engagements politiques au plus haut niveau. Cette déclaration est un ‘’Blue deal’’ qui présente cinq axes.

Le premier axe, c’est de garantir le droit à l’eau et l’assainissement pour tous. ‘’Pour cela, il a été proposé deux points majeurs dont le premier consiste à accélérer l’application du droit à l’eau potable et à l’assainissement, en se dotant d’un cadre législatif adapté et de mobiliser tous les acteurs à faire des stratégies intégrées et inclusives. Le deuxième point, c’est de favoriser l’application du droit international humanitaire en particulier le protocole additionnel de la Convention de Genève qui prévoit la protection des systèmes d’adduction d’eau, de l’assainissement qui sont absolument vitaux en cas de conflits’’, explique M. Lavarde. 

Le deuxième axe précise-t-il est fondamental. Il s’agit de la mer, un appel à garantir la disponibilité de la ressource et de la résilience, ‘’à travers trois successions fortes’’. ‘’Il s’agit d’abord d’adopter des plans de gestion durable et intégrer pour préserver les ressources en eau et les écosystèmes. Il s’agit de garantir la résilience face aux changements climatiques et la pression démographique. Mais aussi, de sensibiliser à ces problématiques pour susciter une impulsion vers les modes de production et de consommation plus durable et plus responsable. Enfin, il s’agira de renforcer la protection des zones humides, d’inciter à la préservation des systèmes d’eau traditionnels et surtout de favoriser le recyclage et la réutilisation des eaux usées. Ces éléments devraient marquer notre engagement pour garantir la disponibilité de la ressource et de la résilience’’, renseigne Patrick Lavarde.

Le troisième axe, c’est d’assurer les financements adéquats nécessaires à la mise en valeur des politiques. Selon Abdoulaye Sène, il est fixé par quatre points majeurs. Il s’agit de mobiliser les ressources financières publiques adéquates au sein des États. Mais aussi, celles des partenaires au développement pour investir dans les infrastructures de l’eau et de l’assainissement afin de développer des emplois verts en particulier, en faveur des jeunes, des femmes et du monde rural. ‘’Il faut aussi encourager la mise en place de mécanismes de financement et de vente, ainsi que les investissements du secteur privé dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. Mais surtout de veiller à la mise en œuvre effective du programme effectif d’Addis-Abeba pour le financement développement et en particulier investir dans les infrastructures de l’eau et de l’assainissement. Nous proposons de faire évoluer les modalités et les modèles de financement international pour générer davantage d’investissements dans ces deux secteurs’’, fait-il savoir.

Promouvoir une gestion transparente des services d’eau et de l’assainissement

Le quatrième axe de cette déclaration concerne la facilitation de la gouvernance inclusive de l’eau, à travers quatre points. Il s’agit, pour le premier, de promouvoir une gestion transparente, efficiente et inclusive et adéquate des services d’eau et d’assainissement, ainsi que des modes de gestion diversifiés et concertés. ‘’Cela vise à mettre en ligne les plans de gestion intégrés d’utilisation rationnelle et durable de ces ressources, la préservation de la qualité de la ressource, la protection et la conservation des écosystèmes. Le troisième axe, c’est de favoriser la cohérence endémique de l’eau et celle de l’agriculture, du développement rural, de la santé, de la biodiversité, de l’énergie et de l’industrie. Le quatrième, c’est de bâtir des politiques publiques liées à l’eau sur la base de la connaissance de la science. Car, il faut soutenir les innovations, former et renforcer les capacités pour une gestion durable des ressources en eau’’, soutient-il.

Le dernier axe de déclaration de Dakar parle de la coopération. Il s’agit, explique Patrick Lavarde, d’accorder une attention particulière aux enjeux de l’eau dans la coopération bilatérale et multilatérale, y compris aux échelles sous régionale, régionale et internationale. Il faut aussi, souligne M. Lavarde, renforcer les organismes de bassin et soutenir leurs efforts pour la gestion inclusive, durable et intégrée des ressources en eau. ‘’Il faut renforcer la coopération et le partenariat mutuellement bénéfiques en matière de gestion de bassins transfrontaliers, y compris les bassins aquifères, notamment en favorisant les échanges d’informations, d’expériences et de bonnes pratiques. Il est nécessaire de placer le dialogue, la coordination et la coopération au cœur de la résolution des différends, dans l’esprit de l’hydro diplomatie’’, défend-t-il.

Par conséquent, ils recommandent au gouvernement du Sénégal et au Conseil mondial de l’eau, en leur qualité de co-organisateurs du Forum, de soumettre la Déclaration comme contribution à la Conférence des Nations Unies sur l’eau en 2023. Ils invitent la communauté internationale et toutes les parties prenantes à endosser la ‘’Déclaration de Dakar sur la Sécurité de l’eau et de l’assainissement pour la paix et le développement’’ et à contribuer à la mise en œuvre effective des résultats issus du Forum de Dakar.

VIVIANE DIATTA

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