Publié le 20 Feb 2025 - 16:16
FORUM D'AFFAIRES FRANCO-SÉNÉGALAIS

Vers une coopération économique renforcée

 

Le Mouvement des entreprises de France (Medef International), en partenariat avec le Conseil national du patronat sénégalais (CNPS), BPI France, Business France et l'ambassade de France au Sénégal, a organisé, hier à Dakar, un forum d’affaires franco-sénégalais. Cette démarche vise à renforcer les relations économiques entre le pays de Marianne et celui de la Teranga, en facilitant les échanges entre dirigeants d’entreprises françaises et décideurs économiques sénégalais.

 

Une plateforme d’échanges et de réseautage pour explorer les opportunités d’investissement et de collaboration entre la France et le Sénégal. C’est ainsi que se positionne le Forum d’affaires initié par le Medef International. Le président du Comité Afrique du Patronat français (Medef International), Philippe Labonne, souligne, à cet effet, que le développement économique du Sénégal repose sur des collaborations stratégiques avec des partenaires internationaux. ¨Nous sommes convaincus que les entreprises françaises peuvent participer à cette œuvre de construction, peuvent co-construire, participer à l'avenir de ce pays’’, déclare-t-il.

‘’Le rôle du Medef international est certes d’accompagner les entreprises françaises dans leur développement à l’étranger, qu’il s’agisse de grandes entreprises, de multinationales, des BPI ou de startups, mais aussi en ce qui concerne l’Afrique, de leur permettre d’identifier des partenaires locaux avec lesquels elles pourront s’engager dans une dynamique vertueuse et mutuellement bénéfique¨, a-t-il poursuivi.

En effet, l’objectif du Medef est de créer un environnement de collaboration propice à la réalisation de projets structurants. Ainsi, d’après lui, les entreprises françaises, déjà fortement implantées au Sénégal, affichent un engagement concret. ¨Avec un stock d'investissement direct étranger s'élevant à 2,3 milliards d'euros, elles participent activement à la croissance du pays¨, affirme-t-il.

Toutefois, il a rappelé que la vision qui sous-tend la tenue de ce forum va au-delà d'un simple apport financier. ¨Il s'agit d'accompagner la localisation des chaînes de valeur en Afrique¨.

‘’Le Sénégal est la quatrième destination des investissements français dans la zone CEDEAO’’

Outre la digitalisation et l'innovation, la formation s'impose comme un levier fondamental pour assurer le succès de ces initiatives.

Selon lui, les entreprises françaises possèdent un savoir-faire reconnu en la matière et peuvent accompagner les entrepreneurs sénégalais dans l'acquisition des compétences nécessaires. ¨Je vous invite à travailler dans un climat d'échange, un climat ambitieux et optimiste à l'élaboration, grâce à vos talents d'entrepreneurs, du Plan Sénégal 2050¨, encourage-t-il.

Dans cette dynamique, le premier vice-président du Conseil national du patronat sénégalais (CNP), abonde dans le même sens. En effet, il a souligné l'importance de ces échanges pour renforcer les synergies entre les entreprises françaises et sénégalaises, favorisant ainsi un développement économique mutuellement bénéfique. ¨Nous voici réunis pour renforcer nos relations de partenariat d'affaires et bâtir une convergence d'intérêts indispensable entre le pouvoir économique français et le pouvoir économique sénégalais¨, dit-il. D’après lui, il est temps d’avoir un contenu local plus inclusif, un partenariat public-privé plus affirmé et transparent, afin d’obtenir une complémentarité indispensable entre l'investissement direct étranger et l'investissement national. ¨Je rappelle que nous avons de nombreux acquis de coopérations économiques et de partenariats d’affaires¨, insiste-t-il. Il affirme que ¨la France est le premier investisseur au Sénégal avec 16 % des stocks d'idées en 2023, mais aussi que son poids relatif a progressivement décliné depuis 2015 où il était à 66 %.

¨Ainsi, le Sénégal est la quatrième destination des investissements français dans la zone CEDEAO et la deuxième dans l'espace UEMOA. Quant aux exportations du Sénégal, ¨la France est le quatorzième pays client. Pour les importations du Sénégal, la France est le quatrième pays fournisseur¨. Des chiffres qui confirment que les deux pays en qualité d'affaires ont su trouver des accords mutuels.

La coopération avec le secteur privé sénégalais, une nécessité pour les affaires

D’après l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, pour approfondir une coopération économique nourrie par l’investissement, l’innovation et l’échange du savoir-faire, le secteur privé doit être intégré dans la démarche. ¨Notre réussite se construit sur la complémentarité de nos forces et l’excellence de notre partenariat économique de longue date et toujours aussi dynamique. Qu’il s’agisse de grands groupes ou de PME innovantes, les entreprises françaises implantées au Sénégal sont des vecteurs majeurs de développement¨, explique-t-elle. Par ailleurs, elle rappelle : ¨Aujourd’hui, plus de 300 entreprises à capitaux français et sénégalais représentent plus de 30 000 emplois formels occupés en très grande majorité par des Sénégalais. Au-delà des chiffres, elles s’impliquent dans la formation des talents, la transmission de compétences, le transfert de technologie, de savoir-faire et la construction de filières stratégiques, témoignant ainsi d’un co-partenariat où chacun s’enrichit du succès de l’autre.’’

Autrement dit, pour l’ambassadrice, c’est une conviction partagée. Au cœur de cette dynamique, ¨c’est une coopération avec le secteur privé sénégalais qui doit perdurer et/ou se construire’’. Elle assure qu’en soutenant l’initiative privée, en misant sur l’expertise locale et en favorisant la montée en compétences au Sénégal, les deux pays pourraient faire de ces co-entreprises franco-sénégalaises de précieux catalyseurs pour l’emploi, la modernisation et la cohésion sociale du Sénégal.

Le directeur général de l’Agence de promotion des investissements (Apix), Bacary Séga Bathily, a affirmé que des réformes structurelles seront mises en place pour permettre de faire du Sénégal le hub régional en termes d'investissement. ¨Nous sommes en train de travailler pour réformer l'environnement des affaires, apporter plus de transparence, plus de bonne gouvernance et surtout plus de prévisibilité ; la visibilité dont vous, chefs d'entreprise, avez besoin’’.  

Ainsi, il a abordé le besoin d'évoluer dans un environnement des affaires attractif où l'Administration sénégalaise doit respecter ses propres codes. ¨Nous travaillons ici à mettre en place des réformes où l'investissement doit être un investissement mutuellement gagnant. (…) Aujourd'hui, nous sollicitons de la France et des entreprises françaises de ne plus considérer le Sénégal comme un pays d'exportation, mais plutôt un pays d'investissement où l’on peut apporter, trouver un secteur privé qualifié¨, a-t-il affirmé.

De plus, il invite le secteur privé sénégalais à se réformer au même niveau que l'État du Sénégal. ¨Se réformer pour répondre à des attentes à un niveau international. Il y a des normes de gouvernance qui sont attendues autant pour l'État du Sénégal en termes de bonne gouvernance, que pour le secteur privé national", explique M. Bathily. En réponse, il a annoncé les réformes mises en place : ¨Le programme d'accélération, le programme d'amélioration de la compétitivité du territoire et de l'économie’’. Un programme de réformes qui vise à adresser des questions, des problématiques longtemps occultées par les secteurs privés. Mais également l’engagement de l’Apix dans la révision du Code des investissements pour une meilleure harmonisation, son rôle dans la prévention des conflits entre les entreprises et l'Administration sera renforcé. Sans oublier la mise en place d’un réseau gazier qui est en construction qui sera à terme, au plus tard en 2027.

Pour finir, ils comptent améliorer les impôts régionaux pour le tourisme. Il explique : ¨Nous avons huit pôles de tourisme : Dakar, Ziguinchor, Saint-Louis, etc. C'est des opportunités d'investissement dans le tourisme.¨

Il n’a pas hésité à rappeler que ce forum est une opportunité pour l’Apix, le secteur privé national et secteur privé français, afin de renforcer et de montrer que la diplomatie économique constitue un levier à la transformation structurelle de l’économie.

THECIA P. NYOMBA EKOMIE

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