Publié le 23 Dec 2013 - 12:10
119EME EDITION DU MAGAL DE TOUBA

 Lieu de convergence, lieu de culte

 

La 119éme édition du grand Magal de Touba a été célébrée, hier, dans la ville sainte avec ferveur. Touba a été à l'instant le centre du monde.

 

Touba la sainte sous ses habits de Magal, le sol martelé par des milliers de pèlerins en portera longuement les stigmates. La poussière s’élève, se répand, trouble la visibilité, mais n’altère en rien la ferveur de cette déferlante humaine. La grande mosquée, lieu de convergence de ce monde fou, (plus de 3 millions selon les estimations), brille et illumine la ville.

L’image des minarets en chantier se reflète sur les carreaux en marbre et crée un décor magique. Les mausolées sont pris d’assaut par des fidèles venus de partout. ‘’Le Magal se bonifie, d’année en année, Cheikh Ahmadou Bamba a vraiment œuvré pour son Seigneur’’, souligne Ibou, en provenance de la Gambie. L’homme contemple avec étourdissement les vagues humaines qui viennent se recueillir et repartent le visage illuminé.

Pour eux, Touba est le lieu de tous les espoirs, ils viennent ici pour se repentir, rendre grâce à Dieu, à leur vénéré Cheikh et espèrent en engranger les retombées. Aux alentours des mausolées, les gens se bousculent. Une fois à l’intérieur, ils s’accroupissent, se recueillent et jettent billets de banque ou pièces de monnaie devant le tombeau. Le bruit des pièces qui s’entrechoquent crée une ambiance indescriptible dans ces lieux d'où tout part et tout semble revenir.

Cet argent est souvent ramassé et mis dans des sacs par des gardiens qui officient sur les lieux. Il servira à l’achat de vivres qui seront distribués aux 72 villages qui gravitent autour de la ville de Touba, confie un des collecteurs.

Les damnés du Magal

En dehors de la mosquée, c’est un autre visage de Touba marqué par des mendiants venus de partout. Ils souffrent de toutes sortes de handicap et tendent la main à n’importe quel passant. Ils sont pauvres et reflètent la misère. Ils crachent la douleur d’une vie indigente, soupirent le malheur du damné. Ils mendient et amassent beaucoup d’argent, en cette période de Magal : ''5 à 20 000 francs par jour'', confient-ils.

Les mendiants viennent de partout. Ce business marche fort, en atteste la pléthore d’individus qui le pratiquent. A Touba, la fibre généreuse est fouettée au quotidien. Les pèlerins donnent et espèrent être rétribués en retour. Plus qu’une simple philosophie, c’est un culte chez les talibés mourides, on reçoit toujours ce que l’on donne, en amplifié.

Le second Magal de l’année 2013 a  vécu et la ville sainte a renoué avec son monde de fidèles, ferveur en bandoulière. Le tout rythmé par des sons de Khassaides distillés…distillés et… distillés encore.

 

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