Publié le 19 Jul 2012 - 17:00
ABDOU KHADRE CISSOKHO DU PARTI SOCIALISTE (2ère Partie)

"Je ne serai pas candidat"

 

 

C’est avec un œil de sagesse qu’Abdou Khadre Cissokho, ancien président de l’Assemblée nationale, suit la bataille autour du perchoir. Du haut de ses 15 années passées à l’hémicycle dont 8 au perchoir, le président du comité des sages du Parti socialiste rappelle aux prétendants les règles du jeu.

 

Comment expliquez le faible score obtenu par le candidat Ousmane Tanor Dieng, à la dernière présidentielle ?

Ce score n’est pas à la hauteur de l’homme, ni de sa coalition. C’est un score qui nous a tous surpris. Surpris, c’est peu être trop dire. Mais, nous nous-y attendions un peu puisque nous ne nous sommes pas lancés suffisamment dans la campagne. Nous avons beaucoup cru au M23. Nous étions à Dakar et nous nous sommes déployés dans les régions que très tard. Le candidat n’a pas pu parcourir tout le pays. On aurait dû avoir un score beaucoup plus important. C’est un parti qui est dans les villages. C’est un parti d’espoir. On a enregistré l’adhésion de jeunes cadres, d’étudiant, de professeur d’université, de chef d’entreprise. Vous avez vu qu’il y a beaucoup de jeunes candidats élus. Nous nous sommes abstenus pour donner la chance aux jeunes.

 

Est-ce à dire que vous allez participer aux prochaines élections locales ?

Non, je ne serai pas candidat. Je suis entré dans le gouvernement de Diouf en tant que technocrate avant de faire de la politique, quatre ans après. J’ai été ministre pendant 15 ans en plus d’être député. J’ai été président de l’Assemblée pendant 8 ans. J’ai accepté le redressement au niveau local. J’ai été président de conseil régional pendant 7 ans. Je pense qu’il est temps de laisser la place aux jeunes. Je suis là pour les aider. Conseiller aux cadres de militer à la base pour ultérieurement occuper les postes de président de conseils régionaux. Avec les changements à venir, on aura besoin de compétence pour leur gestion.

 

Comment appréhendez-vous l’après Tanor Dieng ? On parle de Khalifa Sall et Aïssata Tall Sall comme de potentiels successeurs ?

Une entrée des jeunes dans le parti ne veut pas dire un jeune à la tête du parti. La tête du parti sera définie par les militants à partir des candidats à la candidature. Comme le parti le prévoit, il faut que les candidats arrivent à battre campagne comme cela se fait en France. On parle souvent d’Ousmane Tanor Dieng. Mais c’est un homme qui s’est toujours battus pour le PS. Le parti a du respect pour lui et ne le poussera pas à la porte.

 

Avez-vous fixé un deadline pour organiser ces renouvellements ?

Non. Nous avons juste suspendu la vente des cartes jusqu’après ces élections-là. A tête reposée, nous procéderons au changement.

 

Le président Macky Sall vient de boucler ses 100 jours à la tête du pays. Quelle note lui donnez-vous ?

Je lui donnerai 9 sur 10 pour ne pas dire 10 sur 10.

 

Est-ce à dire que tout est bien ?

C’est une bonne note. Il a pris les choses entre ses mains dès sa prise de fonction. Même au sommet de l’Union africaine, il apporte des changements. Le calendrier du changement est respecté pour le moment. Je pense qu’il a fait zéro faute même si des gens essaient de lui jeter des peaux de bananes sur son chemin. Moi j’ai beaucoup d’espoirs. Ce que je lui demande, c’est de se battre pour que la coalition Benno Bokk Yaakaar reste unis, solidaire pour apporter des changements. Seule cette coalition peut y arriver.

 

Certains dénoncent le fait que le président de la République soit entouré de lobbies financiers. Si tel est le cas n’est-ce pas là une mauvaise chose ?

En Afrique, dès que vous êtes élu, il y a un groupe d’affairistes qui constituent une couronne et qui l’empoisonnent de réflexions, de considérations, etc. Le président doit prendre ses décisions sans pression. Quand j’étais président de l’Assemblée nationale, j’avais huit formations politiques et deux groupes parlementaires. C’était la première fois qu’on avait une assemblée plurielle. J’ai dit aux députés : ‘’Une fois que vous franchissez la porte de l’Assemblée, déposez votre casquette aux vestiaires’’. C’est la même chose avec le gouvernement. Quand on le forme, on pense à ses alliés politiques, ses compagnons de parti. Mais la primauté, c’est la compétence. Ça peut être un technicien, un homme d’affaires. Maintenant, une fois au gouvernement, ils sont obligés… et sont déjà encadrés par une loi. Ils sont alors au service de l’État.

 

 

PAR DADOUDA GBAYA

 

 

 

 

Section: 
MODIFICATION ARTICLES L29 ET L30 - NON RÉTROACTIVITÉ DE LA LOI Entre confusion et amalgame
MAME MBAYE NIANG SUR LA MODIFICATION DE LA LOI ELECTORALE « Au nom de quoi se battre à la place de Diomaye ? »
DUEL AU SOMMET - RÉVISION CODE ÉLECTORAL : L’Assemblée tranche pour Sonko !
RÉFORMES INSTITUTIONNELLES AU SÉNÉGAL Entre l’ambition du consensus et le spectre du “forcing”
RÉFORMES CONSTITUTIONNELLES : Le FDR rejette les propositions et appelle à la mobilisatio
EN ASSEMBLEE GENERALE A THIÈS Le FDR critique la situation du pays et la réforme électorale
ABDOULAYE B. GNING (PRESIDENT DU FRONT PATRIOTIQUE Républicain (FPR – YOON WI)) "Le temps est grave notre République vacille, notre souveraineté s'efface"
EN TOURNEE A THIES : Barthélémy Dias appelle l’opposition à se structurer
Fête de l’indépendance à Thiès
LOI D’AMNISTIE : La politique noie le Droit
DIPLOMATIE / CANDIDATURE ONU : Macky Sall face à son grand oral à New York
CONFLITS INTERNATIONAUX Diomaye Faye alerte contre la banalisation du recours unilatéral à la force
GUERRE AU MOYEN-ORIENT – CRISE DU MULTILATÉRALISME : L'Afrique face à ses responsabilités
MODIFICATION ARTICLE L29 ET ABROGATION ARTICLE L30 DU CODE ÉLECTORAL Le FDR dénonce une forfaiture et annonce des manifestations
CANDIDATURE SONKO - RÉVISION PROCÈS : Une partie de poker
CENTENAIRE D’ABDOULAYE WADE : L’État prépare une célébration nationale
LINGUÈRE - EL MALICK NDIAYE SUR LES LOCALES : “L’objectif n’est pas de satisfaire des intérêts mais de gagner”
El Malick Ndiaye
LOCALES 2027 : Nouvelle Responsabilité contre tout report
DÉSORDRE AU SOMMET DE L’EXÉCUTIF : Comme dans une armée mexicaine