Publié le 6 Jun 2012 - 12:57
SÉDHIOU - AGRICULTURE

Les raisons de la baisse de la production rizicole

 

L’Institut national de pédologie a présenté les conclusions de son étude sur la situation des sols de la région de Sédhiou. Il en ressort que des actions urgentes doivent être menées, en synergie avec les gros producteurs, pour contrer l’ensablement des vallées principales, cause de la baisse des productions rizicoles.

 

Les techniciens en charge de l’agriculture à Sédhiou sont unanimes sur la baisse conséquente et inquiétante des productions rizicoles dans les différentes vallées de la région. Une situation qui explique aussi en grande partie l’insécurité alimentaire qui a fini de s’installer dans la capitale du Pakao, ces dernières années. Une donnée que confirme El hadji Seydou Cissé, délégué régional de l’Institut national de pédologie (INP) des régions de Sédhiou et Kolda, à l’occasion de la rencontre de restitution d’une étude et des expérimentations que sa structure a menées sur le terrain.

 

‘’Dans toutes les vallées que nous avons étudiées à Sédhiou, elles sont ensablées. Or à Sédhiou, on cultive du riz inondé, donc le sable qui entre dans les vallées réduit considérablement les espaces cultivables et influe négativement sur la baisse des productions. Avec les fortes pluies, des tonnages importants de sables décapent des plateaux pour aller vers les vallées’’, fait-il savoir. La conséquence immédiate, selon M. Cissé, est que ‘’la surface fertile au niveau du plateau est enlevée, donc les rendements vont baisser ; mais dans la vallée aussi, le riz est enterré. C’est une catastrophe’’, a-t-il jugé.

 

Pour venir à bout de ces difficultés pédoclimatiques, la délégation régionale de l’Institut national de pédologie soutient que ‘’l’alternative est la défense et la restauration des sols, comme dans les plaines du Séfa, par la plantation des arbres pour lutter contre les vents et la pluviosité. Deuxièmement, une fois que les ravins sont établis, que la dégradation est très avancée, on fait des ouvrages anti-érosion que l’on appelle des diguettes en cadre qui nous permettent, le long du ravin, de diminuer la vitesse de l’eau, donc de baisser les volumes de sable qui vont dans les vallées’’.

 

Abdoul Aziz Aïdara, porte-parole des gros producteurs de la région, se dit optimiste quant à la mise en œuvre de ces recommandations de l’INP. ‘’Nous savons aujourd’hui que si elles sont appliqués, elles permettront d’améliorer les productions’’, s’est-il rassuré.

 

Lamine Ba

(Correspondant, Sédhiou)

 

 

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