Publié le 18 Jul 2025 - 16:19
SALON NATIONAL DES ARTS VISUELS 2025

Ancrage territorial, vitrine des créatrices, pluralité de techniques

 

Lancé hier, le Salon national des Arts visuels a pour thème ‘’Regards nouveaux / Yeesaal Gis-Gis’’. Avec une participation des artistes issus de différentes régions du pays, cette édition témoigne d'un ancrage territorial fort. Les femmes artistes et figures féminines sont mises en lumière avec une exposition qui leur est dédiée.  

 

C’est reparti pour une nouvelle édition du Salon national des Arts visuels, événement devenu un levier de la politique culturelle nationale dans le segment des arts visuels. Cette 12eme édition, ouverte hier,  a pour thème "Regards nouveaux / Yeesaal Gis-Gis’’. Elle s'inscrit dans une logique de renouvellement et d’ouverture attendue de la créativité artistique. ‘’Ce nouveau regard que nous appelons de nos vœux est d’abord celui porté par la jeunesse. La présence remarquée de jeunes artistes dans cette édition est un signe appréciable de leur volonté de prendre part activement à la construction culturelle et symbolique de notre société’’, a déclaré le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la culture, Khady Diène Gaye.

Elle constate que les thématiques abordées dans cette 12ᵉ édition traduisent l’ancrage de l’art dans les grands enjeux actuels. En effet, l’intelligence artificielle, avec son impact sur la création et la condition humaine, est ici questionnée dans ses promesses autant que dans ses risques. L’environnement, sujet désormais crucial à l’échelle mondiale, est abordé à travers des œuvres qui interrogent le lien entre l’Homme et la nature, la responsabilité humaine envers les écosystèmes, mais aussi notre capacité à inventer une écologie nouvelle. Il y a aussi la question de la modernisation de l’agriculture. Ce sujet est traité comme une question de souveraineté, de justice et d’émancipation, notamment pour les communautés des terroirs.

Cette édition rassemble des artistes issus de 12 des 14 régions du Sénégal. Pour la ministre, ceci est la ‘’preuve que la vitalité artistique ne se limite pas aux grandes villes’’. Khady Diene Gaye salue ‘’un ancrage profond du Salon dans la réalité nationale, et conforte notre volonté d’une politique culturelle équitable, qui donne à voir les talents, les esthétiques, les imaginaires venus de toutes les parties du pays’’.

Il y a  222 candidatures dont 201 pour l'exposition principale et 21 pour l'exposition mettant en avant des plasticiennes. Ce second volet constitue un pas significatif vers une meilleure visibilité des créatrices dans le champ des arts visuels, d'après le premier Directeur général de la culture, Abdou Simbandy Diatta. Vingt-deux œuvres ont été reçues dans ce cadre et 19 sélectionnées, illustrant une belle richesse de propositions. Il s’agit de dix-sept peintures, une photographie et une pièce de design.

En outre, la participation des artistes issus de différentes régions en témoigne. Il y a 37 œuvres provenant des régions dont 31 du nord et du centre et 6 du sud, notamment Ziguinchor. Tandis que 183 œuvres sont issues de Dakar. Deux artistes basés à l'étranger (Norvège et Finlande) ont également pris part, confirmant l'ouverture du salon à l'international.  

Autre élément essentiel dans cette édition: la mise en lumière des femmes artistes et des figures féminines dans la création visuelle. L’exposition qui leur est consacrée s’inscrit dans une dynamique de la reconnaissance de leur place dans le champ artistique comme dans la société. ‘’Le Salon national des arts visuels participe ainsi à la valorisation d’une parole féminine créative, plurielle, courageuse, complexe, qui transforme les représentations et enrichit nos imaginaires’’, soutient Mme Gaye. Qui ajoute : ‘’Les femmes y apparaissent à la fois comme créatrices de sens, gardiennes de mémoire, penseuses de la modernité, actrices du changement’’.

Concernant les médiums présentés, l’on note une forte diversité. Il y a 159 œuvres de peinture, 17 installations, 5 sculptures, 10 photographies, 2 vidéos, une œuvre en céramique. Pour  Abdou Simbandy Diatta, ce panorama montre bien plus qu'une simple pluralité de techniques. Il témoigne, dit-il, d'un renouvellement profond des formes et des démarches.

BABACAR SY SEYE

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