Publié le 25 Feb 2016 - 17:52
TERRORISME

Plus de 23 djihadistes sénégalais ont déjà rejoint Boko Haram

 

Depuis 2015, 23 djihadistes ont rejoint le Nigeria pour soutenir leurs ‘’frères’’  de Boko haram, selon les 8 djihadistes sénégalais arrêtés récemment en Mauritanie et remis depuis à la Division des Investigations criminelles. Les prévenus ont aussi expliqué la provenance de leurs financements et leur projet pour le Sénégal.

 

Sans tambours ni trompettes, la traque des djihadistes ou candidats au djihad se poursuit. L’arrestation, en novembre 2015, d’Imam Aliou Ndao, avait mis sur le devant de la scène une réalité pernicieuse. Depuis, les forces de l’ordre sénégalaises ne relâchent pas la pression sur ces djihadistes sénégalais. Cette traque se fait de concert avec les forces de sécurité des pays limitrophes. C’est ainsi que, dernièrement, 8 présumés djihadistes de la cellule de Mohamed Ndiaye ont été remis entre les mains de la Division des Investigations Criminelles (DIC) par leurs homologues de la Mauritanie.

Il s’agit de M. Seck (le plus jeune âgé de 17 ans), Lamine Coulibaly appelé Abou Jaavar (23 ans), Mamadou M. Mbaye (il s’agit d’un ancien djihadiste de la Syrie âgé de 28 ans), Alpha Diallo (29 ans), Oumar Keita (33 ans), Boubacar D. Ndiaye (33 ans), Mor Mbaye Dème (35 ans). Ils ont été déférés au parquet pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ; blanchiment de capitaux dans le cadre d’activités terroristes en bande organisée ; actes de terrorisme par menaces ou complot ; apologie du terrorisme et financement du terrorisme.  Toujours, selon nos sources, les mis en cause ont confié que, depuis 2105, 23 combattants sénégalais ont rejoint Boko Haram. Ces Sénégalais djihadistes, poursuivent nos interlocuteurs, sont activement impliqués dans les combats.

Les quatre catégories de djihadistes sénégalais

Dans cette affaire, les enquêtes poussées et les interrogatoires serrés des susnommés ont révélé quatre catégories de djihadistes sénégalais. Il y a ceux qui sont de retour au Sénégal depuis belle lurette, notamment Ibrahima Diallo alias Abou Oumar, Mouhamed Mballo dont le nom de guerre est Thou El Kifli, et Abou Jendel. La deuxième catégorie concerne les combattants qui n’ont pas quitté le pays pour diverses raisons. C’est le cas pour Abdoul Ahmed, Pape Coulibaly et Mama Ba. Par contre, Moussa Sow alias Abou Doujana, Oumar Yafa encore appelé Abou Hafsa, Ibrahima Diallo ou Abou Khaled et Ibrahima Mballo alias Abou Moussa étaient sur le point de revenir au bercail, dans les prochains jours. C’est la troisième catégorie.

A côté de ces trois catégories, il y a ceux qui sont dans les champs de bataille en Libye. Ce sont les combattants Brahim Ba, alias Abou El Welid, Abdourahmane Mendy alias Abou Elimine et Moustapha Diop alias Abou Hatem. En outre, l’enquête a révélé qu’il y a un lien étroit entre ces personnes arrêtées et les réseaux de Mactar Diokhané et d’Abdourahmane Mendy. Elles ont été trahies par les envois de d’argent, un montant colossal non précisé qui devait leur servir de frais de transport pour la Libye, comme ce fut le cas, lors de leur première ‘’mission’’ au Nigeria, aux côtés de  Boko Haram. Les fonds destinés au financement viennent de deux pays : le Nigeria et la Libye.    

Initiation aux armes, apprentissage de la langue arabe et « bienfaits » du djihad

Lors de leurs auditions, ils sont aussi revenus sur le mode de recrutement des djihadistes. Les uns ont soutenu être dans l’affaire depuis plusieurs années. Les autres ont été recrutés, récemment. Ils se battent, soit pour Daesh, soit pour Boko Haram, ou en Libye. Ils ne sont pas tous partis ensemble rejoindre les théâtres de combat, parce qu’ils veulent d’abord tâter le terrain avant que les autres ne suivent. Une fois dans les zones de guerre, ils sont accueillis et initiés au maniement des armes, notamment lourdes, à la conduite des chars et à la manipulation des explosifs. Ils apprennent aussi la langue arabe et les bienfaits du djihad. Il y en a parmi eux qui ont participé à deux batailles au Nigeria. Ils ont, disent-ils, eu droit aux félicitations du chef du Boko Haram.

Les auditions des suspects ont révélé que ces djihadistes voulaient mettre sur pied un centre à Kédougou. Il devait servir à expliquer aux jeunes les bienfaits du djihad. Sauf  qu’il ne verra jamais le jour car la personne chargée d’apporter les financements a été alpaguée, sans qu’on ne précise de qui il s’agit.

CHEIKH THIAM

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