Publié le 10 Feb 2014 - 22:34
ÉTUDE QUANTITATIVE SUR LE COMPORTEMENT ÉLECTORAL

Les sans opinion, Macky, Karim et Idy

 

Les sondages se suivent mais ne se ressemblent pas. Un bien curieux document confectionné par des professionnels de la mesure d'opinion, révèlent des chiffres qui renseignent sur un certain état des rapports de force, il y a six mois. EnQuête cible un aspect du document qui semble bien renseigner sur les clefs d'une cristallisation de l'opinion dans les années à venir...

 

L'étude réalisée fin juillet 2013 porte sur un échantillon de 2 517 individus représentatifs de la population sénégalaise, sur la tranche d'âge de 18 ans et plus. Elle utiilise la méthode classique des quotas. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. ''Le taux de participation à l’élection de 2017 devrait être plus important que celui de 2012. En effet, 94,6% des personnes interrogées ont l’intention de voter contre 93,6% qui ont voté en 2012.''

La foire des indécis

Mais si les intentions de vote pour la présidentielle sont de 94,6%, contre seulement 5,4 qui ne comptent pas voter, ils sont par contre très nombreux à être sans opinion lorsqu'on leur demande à qui sont destinés leurs bulletins de vote.  A la question de savoir : ''Si oui (ndlr, intention exprimée de voter), pour qui allez-vous voter ?'', ils sont en effet 24,5% à ne pas se prononcer en faveur d'un candidat déterminé. Ils sont à 0,5 point du score réalisé par Macky Sall.

Signe de leur puissance de feu, les indécis font les scores réunis de Karim Wade et d'Idrissa Seck, bien classés, révèlent avec un brin de surprise les sondeurs. Me Abdoulaye Wade ne fait pas partie des personnalités concernées dans le sondage. Nulle part dans le document que nous avons parcouru, son nom n'est cité. Son fils, dans les liens de la prévention, semble y bénéficier d'un effet report de voix en sa faveur.

Le sondage a par ailleurs eu lieu dans un contexte marqué par des manœuvres pour le départ d'Abdoul Mbaye de la Primature et des déclarations du Président de Rewmi sur l'état de panne économique du pays. Sans doute faudrait-il ajouter que la seconde mise en accusation de Karim Wade dans le dossier de la traque des biens mal acquis n'était pas encore mise en branle.  

Le bilan et le taux d'abstention...

L'enseignement qu'ils en tirent, est que ''l'opinion sera assez mouvante et personne ne peut dire vers qui iront ces voix en cas de vote''. En tout cas, analyse le document, ''d’autres investigations à l’approche de la présidentielle de 2017 verront ce taux baisser considérablement.

Ce qui est intéressant, c’est que ces 24,5% dépendront de plusieurs facteurs : le bilan de Macky Sall, l’issue de la traque des biens mal acquis, le comportement des challengers de Macky Sall, les alliances qui peuvent se nouer, les opportunités qui vont se présenter aux uns et aux autres et les orientations stratégiques des partis ou coalitions de partis qui vont les supporter'', peut-on lire dans la partie synthèse.

On note par ailleurs un recul des partis de gauche, socialistes et communistes. Leur déclin n'a d'égale que la confiance de moins en moins importante que les Sénégalais accordent aux leaders des partis qui se réclament de la gauche.

 

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