Publié le 10 Sep 2020 - 15:36

Vers une Alternative résiliente sur le Climat

 

Lorsque les membres d’une communauté en savent plus sur la façon de protéger leurs maisons et leurs villes, ils deviennent plus résistants aux catastrophes.

Au Sénégal, il est tombé en un seul jour le samedi 05 septembre plus de pluie que pendant trois mois de saison de pluie normale. Selon le ministre de l'Hydraulique Serigne Mbaye Thiam, il s'agit d'une pluviosité exceptionnelle avec 124 millimètres de pluie enregistrée.

La science du climat et la science météorologique ont fait des progrès impressionnants au cours de cette décennie écoulées dans leur capacité à suivre ces tempêtes et à identifier comment le changement climatique influence leur formation et leur férocité.

Pourtant, nos Etats sont encore malheureusement mal préparés. Nos côtes dans de nombreux endroits sont surdimensionnées et manquent de défenses contre les ondes de tempête et les inondations causées par de fortes pluies. Et la réponse dans les heures et les jours qui ont suivi ces intempéries est souvent lente et inadéquate.

Nous pouvons changer cela. Pour ce faire, les Etats africains devraient se tourner vers une alternative résiliente et scientifiques contre les dommages catastrophiques que les récentes intempéries peuvent infliger.

Les scientifiques ont une profonde expertise locale et géographique et comprennent que les dangers varient selon les paysages, de sorte qu'une protection adéquate d'un endroit ne protégera pas nécessairement un autre. Ils savent, par exemple quelles sont les zones les plus exposées aux vents extrêmes pour permettre d’anticiper sur les infrastructures adéquate et sur mesure.

Ils savent quels quartiers, villes et villages sont susceptibles de subir les dommages les plus graves et quelles communautés pourraient être coupées et isolées. Ils savent où les déchets industriels risquent de s'infiltrer dans un quartier ou de polluer les eaux souterraines.

En d'autres termes, ils en savent beaucoup.

Le problème est que cette expertise ne trouve pas toujours son chemin vers les élus et autres décideurs chargés de planifier et de répondre à ces catastrophes naturelles.

Une façon de changer cela serait de mettre sur pied des équipes d'intervention spécifiques et localisées de scientifiques et de responsables locaux de la gestion des urgences. Ces équipes seraient supervisées par un directeur central qui a une ligne directe avec les élus. Ils donneraient des conseils sur la façon de se préparer aux catastrophes naturelles, comment limiter les dégâts et comment assurer la sécurité des personnes.

Lorsque les membres d’une communauté en savent plus sur la façon de protéger leurs maisons et leurs villes, ils deviennent plus résistants aux catastrophes. Mais ce n’est pas ce qui se passe. Les élus ne sont pas tenus ou censés avoir une expertise dans l'atténuation des catastrophes. Mais on devrait s'attendre à ce qu'ils sollicitent et agissent sur les conseils d'experts.

L'écoute des scientifiques peut sauver des vies.

Imaginez si nous appliquions ce type d'expertise et de prise de décision politique aux innombrables défis qu'apporte la vie dans nos zones vulnérables : où nous construisons, comment nous rendons ce que nous avons construit résilient et comment nous préparons les résidents à des inondations et catastrophes naturelles de plus en plus fortes. Baser la politique sur la meilleure science disponible sera encore plus critique à mesure que le climat change.

Le réchauffement climatique donne plus de muscle aux inondations. Les scientifiques et les communautés ont des solutions. Ils doivent être habilités par nos dirigeants pour les aider à apporter les changements dont nous avons désespérément besoin.

Par Assane NIANG

Section: 
DU TEXTE AU GESTE : L’ordre de préséance et la valorisation des élus à la lumière du décret n°99 252 du 19 mars 1999
AU SENEGAL, LES PAUVRES PAIENT PLUS POUR SE SOIGNER : Le paradoxe de notre système de santé
DE LA SUPRÉMATIE PRÉSIDENTIELLE : Entre conflits et primauté
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel
De grâce ne nous faites pas ça !
SONKO MOY DIOMAYE - DIOMAYE MOY SONKO : C’est le difficile qui est le chemin
Vous n’avez même pas honte : récit d’une fraternité trahie
Refus de l’intangibilité absolue du titre foncier et fondement juridique d’une politique de récupération des biens publics irrégulièrement appropriés
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité
UNE DÉCISION JURIDIQUEMENT INDÉFENDABLE Pourquoi le Tribunal Arbitral du Sport annulera le forfait infligé au Sénégal
Qui dirige le Sénégal ?
NOS RESSOURCES NE DOIVENT PLUS ENRICHIR LES AUTRES. “L’Afrique doit servir d’abord les Africains”
DIOMAYE–SONKO ET LA TECTONIQUE DU POUVOIR : Quand les fissures du sommet traversent l’État
LA PAGE DE “L’AFFAIRE SOFTCARE” TOURNÉE : Les consommatrices soulagées
SÉNÉGAL : De nouveau sur la nécessaire et urgente refondation des institutions