Publié le 31 Dec 2023 - 02:19
COPIE PRIVÉE

Les artistes interpellent le Président Macky Sall 

Le comité de veille pour la mise en œuvre urgente de la rémunération privée, composé d'artistes de différents domaines, a fait face à la presse, hier, pour demander solennellement au président de la République d'agir dans l'immédiat pour l'application de cette loi.

Après la phase de diffusion de vidéos via les réseaux sociaux, les artistes passent à la vitesse supérieure dans la lutte pour l'application de la Copie privée. Hier, le comité de veille pour la mise en œuvre urgente de la rémunération privée a tenu une conférence de presse pour demander au chef de l’État d'agir dans l'immédiat pour l'application de la loi sur la copie privée.

"Nous demandons au président de la République d'agir dans l'immédiat, parce que c'est lui le problème et c'est lui la solution. En ce moment, on ne sait pas qui a intérêt a bloqué la procédure", s'est demandé l'artiste comédien Makhtar Diouf. Selon qui, la non application de la Rémunération pour Copie privée au Sénégal a fait perdre aux artistes plus de 30 Milliards de Francs CFA.

Depuis des années, les artistes sont en train de se battre pour l'application de cette loi, mais jusque-là, rien n'est encore fait. "À chaque fois qu'un artiste passe quelque part, tout le monde nous pose la question de savoir : Est-ce que l'artiste vit de son art? Et en général, ce sont ceux qui bloquent notre droit qui nous posent cette question. S'il ne vit pas de son art, c'est parce qu'il n'y a pas de copie privée. Si d'autres personnes utilisent les vidéos, les musiques des artistes pour gagner de l'argent et lui, le créateur, le producteur, à son insu, d'autres en profitent, mais, c'est normal qu'il ne vive pas de son art. C'est normal qu'on revienne vers l'Etat pour demander de l'aide. Après l'État aussi nous revient avec des aides sociales, des accompagnements, des subventions, alors que s'il nous avait donné nos droits, on pourrait vivre sans pour autant tendre la main", fulmine l'artiste comédien.

D’ailleurs, une majorité des pays africains a adopté la Rémunération pour la Copie privée. "On réclame un droit. On n'est pas en train de demander au président de la République de l'aide. Nous ne voulons plus être perfusés. Nous ne voulons pas de calmants. Nous voulons le véritable remède qui fait qu'on ne soit plus jamais malade", lance un des membres du comité de veille pour la mise en œuvre Urgente de la Copie privée, Daniel Gomez.

Présent à la rencontre, Didier Awadi a indiqué que c'est un scandale d'aller faire du folklore à la Fasnacht. "Pour moi, c'est un grand scandale d'aller faire du folklore à la Fasnacht. Ce qu'on veut faire à la Fasnacht, mettons cette énergie pour la copie privée et fêter la copie privée à la Fasnacht", a-t-il martelé. "Nous demandons solennellement au Président de la République de mettre en application la Rémunération pour la Copie privée. Car, c'est ce qui va permettre à chaque artiste de notre pays de vivre décemment de son travail", ajoute-t-il.

Pour rappel, la Rémunération pour Copie privée est une redevance prélevée sur les supports et appareils d'enregistrement destinée à compenser les ayants droit pour l'exception de copie privée de leurs œuvres. Elle est aussi consacrée par la loi 2008-09 sur le droit d'auteur et les droits voisins au Sénégal dans ses articles 103 à 109. Elle est distribuée aux auteurs, artistes interprètes et producteurs de phonogrammes à raison d'un tiers par catégorie, après déduction de la fraction de 15% pour le financement de projets culturels.

Au Sénégal, la Commission de rémunération pour Copie Privée est présidée par le ministère chargé de la Culture avec comme membres : le ministère du Commerce, la Douane, les Associations des Commerçants et des Consommateurs et les ayants droit. En outre, elle définit le modèle de perception, le taux de perception, la listes des supports et appareils assujettis. Elle effectue également le suivi évaluation de la gestion des perceptions et des études d'usage concernant les pratiques de copie des utilisateurs.

FATIMA ZAHRA DIALLO

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