Publié le 30 Jun 2025 - 09:22
14ᵉ ANNIVERSAIRE DE Y EN A MARRE  

Afrikki pour finir en beauté

 

Le mouvement Y en a marre a clôturé la célébration de son 14ᵉ anniversaire par la diffusion du film Afrikki de Gaëlle Leroy. Cette œuvre retrace la trajectoire de cette organisation née en 2011.

 

La diffusion d'un documentaire retraçant l'épopée du mouvement Y'en a marre constituait la meilleure trouvaille pour clore la commémoration de cet anniversaire. « Je pense qu'il faut avant tout remercier Gaëlle Leroy pour ce film, qui est un rempart contre l'oubli. La démocratie sénégalaise est une trajectoire où chacun a posé un jalon », déclare d'emblée le rappeur Fou Malade. Dans son intervention, ce membre fondateur de Y'en a marre a livré son avis clair sur la production. « Concernant le film lui-même, il ne s'agit pas de scénarios créés ex nihilo. Tout est réel, sans aucune préméditation. Toutefois, mon seul regret est qu'il n'y ait pas assez de hip-hop dans le documentaire. Or, ce mouvement dont on narre la trajectoire a été majoritairement porté par le rap. Mais j'apprécie beaucoup ce film, car il lutte contre l'amnésie ».

Pour analyser cette œuvre, le professeur de littérature africaine Ibrahima Wane a apporté son éclairage : « La première prouesse est de résumer douze années de lutte en moins de deux heures. Il faut retenir que l'art et la politique ont toujours cheminé ensemble, comme en témoignait jadis l'expression “Niani bagn neu”. Avec Y'en a marre, une révolution s'est opérée : les figures artistiques sont désormais celles de l'action politique ».

Remontant un quart de siècle en arrière, le président du conseil d'administration du Musée des civilisations noires a rappelé le rôle des « ancêtres de YAM », lors de la première alternance : « En 2000, la jeunesse a activement contribué à l'élection de Wade. Mais les jeunes n'y sont pas parvenus en prenant d'assaut les urnes, car ils ne représentaient alors que 11 % du fichier électoral, prétextant que le changement ne passerait pas par le vote. Leur génie fut d'influencer le choix de leurs aînés : pères, mères, oncles et tantes. C'est ainsi que la jeunesse a été décisive dans la chute du régime socialiste ».

YAM et politique

Durant cette session de clôture, Malal Almamy Talla, alias Fou Malade, a clarifié un sujet récurrent : « YAM est régi par des textes précis. L'une de ses dispositions interdit strictement l'engagement politique. Quiconque aspire à s'y aventurer doit présenter sa démission. Certains, comme Kilifeu ou Fadel Barro, ont fait ce choix, que nous avons respecté en gentlemen. Jamais nous n'investirions les médias pour accuser quiconque de trahison ».

MAMADOU DIOP

Section: 
DU GRAND ÉCRAN AU TÉLÉPHONE : Au Sénégal, le cinéma change de taille, mais pas d’envie
OUMY GUÈYE - ARTISTE : L’Europe comme nouvelle scène
CINÉMA - “ZÉRO” : Dakar au cœur d'un thriller qui veut remettre les compteurs à zéro
COPIE PRIVÉE : Le Sénégal veut enfin passer à l’action
DIALAWALY FESTIVAL : À Dagana, la culture prend racine
DIALAWALY FESTIVAL DE DAGANA : Ady Aïdara honoré de son vivant
DAGANA : Le Dialawaly Festival fait vibrer le Waalo
MÉDINA SOUS TENSION : Docta remercie les autorités et appelle à la vigilance collective
EXPOSITION « IL ÉTAIT UNE FOIS GAZA » : Gaza, l'exposition qui veut réveiller les consciences
MOUSTAPHA NAHAM, ARTISTE : “Le Dialawaly Festival doit devenir le grand rendez-vous culturel du Waalo”
OSCARS DES TALENTS 2026 : DEM COM mise sur la culture pour retenir les jeunes
MOSAÏQUE D'HUMANITÉ Quand une psychiatre raconte les blessures invisibles
MASSAMBA GUEYE PARLE DE BABACAR MBAYE NDAAK : L’adieu d’un compagnon de mémoire
FDCUIC : Nitdoff démissionne, Red Black se positionne
HEMLEY BOUM À DAKAR : Quand la mémoire devient une terre d’exil
SAINT-LOUIS : 1ère ÉDITION DU FESTI GAAL : Les acteurs se dressent pour la sauvegarde de la pêche artisanale
MOSAÏQUE D’HUMANITÉ : Katy Sène Mbaye invite à une pause intérieure
POSITIVE BLACK SOUL : PBS promet un show inédit le 8 août
Sodav- plus de 53 millions à verser aux artistes
RESTITUTION, RECHERCHE ET NUMÉRIQUE : Les chantiers d’Abdou Simbandy Diatta