Publié le 20 Apr 2022 - 17:37
AGRESSION D’UN COMMERÇANT À NGOR

La fille d’Alioune Mbaye Nder et ses acolytes encourent la réclusion criminelle à perpétuité 

 

Adja Ndèye Ndiaye Mbaye, Amadou Sow, Ameth Bangoura, Ablaye Dione, Ibrahima Ngom et Fodé Diakhaté risquent la réclusion criminelle à perpétuité. La première nommée, fille du chanteur Alioune Mbaye Nder, et ses coaccusés ont fait face, hier, aux juges de la Chambre criminelle du tribunal de grande Instance de Dakar. Ils répondaient des chefs d’association de malfaiteurs, vol en réunion avec usage de véhicule, avec usage d’arme et de violence ayant entraîné une incapacité temporaire de travail de sept jours au préjudice de Mouhamadou Moustapha Diagne.

 

‘’Le 1er octobre 2019 coïncidait avec un mardi. Adja Mbaye Nder n’a pas fait comme les femmes de Nder, parce qu’elle n’a trouvé mieux à faire, ce jour de mardi, que de perpétrer une agression’’, s’est offusqué, hier, Me Djigo, en s’adressant à Adja. La fille du célèbre chanteur Alioune Mbaye Nder, qui est trempée dans une affaire d’agression, faisait face aux juges de la Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Dakar. L’agression lui a valu sa comparution, ainsi que celle de ses acolytes Amadou Sow, Ameth Bangoura, Abdoulaye Dione, Ibrahima Ngom et Fodé Diakhaté. Ils ont été jugés pour association de malfaiteurs, vol en réunion avec usage de véhicule, avec usage d’arme et violence ayant entraîné une incapacité temporaire de travail de sept jours au préjudice de Mouhamadou Moustapha Diagne.

En effet, il ressort de l’enquête menée par les éléments de la Section de recherches qu’Adja Ndèye Ndiaye Mbaye a mûri un projet criminel qui consistait à agresser ce dernier qui, de surcroît, était son ami. Obnubilée par les objets de valeur et les fortes sommes que détenait celui-ci, elle a informé son petit-ami Amadou Sow. Ensemble, ils ont porté le projet. Celui-ci est allé voir Ameth Bangoura qui, à son tour, l’a mis en relation avec un certain El Hadj, sans autres précisions. Ainsi, a commencé le recrutement. El Hadj, qui connaît des agresseurs à Grand-Yoff, a engagé Abdoulaye Dione, Ibrahima Ngom et Fodé Diakhaté.

Alioune Mbaye Nder lui a remis 1,1 million F CFA

C’est ainsi que le jour des faits, raconte le plaignant, la fille de Mbaye Nder l’a appelé tôt le matin pour lui demander de la déposer à l’hôpital Principal. Ce qu’il a accepté sans problème. ‘’Arrivés au rond-point Ngor, elle a répondu à un appel, donnant à son interlocuteur notre position géographique, près de la mosquée de la Divinité. Quand je lui ai demandé celui qui était à l’autre bout du fil, elle m’a répondu que c’était sa mère’’.

Poursuivant, le surnommé Selfie a raconté qu’Adja Ndèye Ndiaye Mbaye a subitement simulé des maux à niveau de son orteil, prétextant avoir cogné son lit, la veille. Elle s’est mise à se tordre de douleur. ‘’Je lui ai ainsi demandé de descendre de la moto pour étendre un peu sa jambe. Mais dès qu’on est descendu, un scooter sur lequel étaient montés trois gaillards s’est arrêté net devant nous. Ces derniers m’ont attaqué. L’un m’a poignardé avec son couteau et l’autre m’a donné un coup à l’aide de la bouteille de pompe à gaz qu’il détenait. Ils ont pris mon sac, avant de fondre dans la nature’’, a-t-il relaté.

Selon la partie poursuivante, qui estime son préjudice à plus de 3 000 000 F CFA, Alioune Mbaye Nder lui a remis 1 100 000 F CFA par l’entremise de son avocat.

‘’Au début, il était convenu de lui tendre un piège’’

Désignée instigatrice de l’agression, Adja Ndèye Mbaye, âgée de 21 ans, a balayé d’un revers de main toutes les accusations portées sur elle.  À l’en croire, elle n’a jamais mûri un plan avec ses coaccusés. Toutefois, elle avoue avoir parlé avec son ex-petit ami et non moins père de son enfant, Amadou Sow, de la partie civile. ‘’C’est avec Amadou Sow, qui était mon copain d’alors, que j’ai parlé de Mouhamadou Moustapha Diagne dit ‘Selfie’. Je lui ai fait savoir que celui-ci me draguait. Au début, on n’a pas parlé d’agression, mais il était convenu de lui tendre un piège’’, a-t-elle déclaré.

Revenant au jour des faits, l’accusée indique que c’est la partie civile qui l’a appelée, tôt le matin, et elle en a profité pour lui demander de la déposer à l’hôpital Principal. En cours de route, il a cogné mon orteil. Vu qu’il saignait, il m’a demandé de descendre de la moto pour voir. C’est à ce moment que les assaillants sont venus’’, narre l’accusée qui révèle s’être mariée, dès qu’elle a obtenu une liberté provisoire.

A propos de sa relation particulière avec Amadou Sow, elle a confié : ‘’Mes rapports avec la victime sont purement amicaux. Par contre, Amadou Sow, j’ai eu avec lui un enfant en 2017. À l’époque, j’avais 16 ans et nous étions élèves tous les deux. Après la naissance de notre enfant, nous avons continué à nous fréquenter.’’

Invité à donner sa version des faits, Amadou Sow déclare avoir aidé sa copine Adja, mais n’a pas planifié l’opération. ‘’Adja est venue me voir et m’a dit qu’il avait donné de l’argent à la partie civile, afin qu’elle lui achète un téléphone et que celle-ci, après avoir pris son argent, refuse de lui donner le téléphone et l’a fait chanter. Je lui ai dit que j’allais en informer mon ami Ahmed Bangoura. Mais avec ce dernier, nous n’avons jamais parlé de piège’’.

Quant aux autres accusés, ils ont partiellement reconnu les faits de vol avec usage de véhicule et de violence pour lesquels ils comparaissaient. À les en croire, c’est bien eux qui ont soustrait le sac contenant des téléphones du plaignant, mais n’ont pas exercé des violences sur lui. Tous les trois ont également reconnu avoir reçu leur part du butin, soit 250 000 F chacun. Ameth Bangoura, le présumé recruteur d’agresseurs, lui, dit n’avoir reçu que 10 000 F.

Dans ses plaidoiries, le conseil de la partie civile, Me Djigo, n’a pas raté la fille d’Alioune Mbaye Nder. Il a réclamé la somme de 10 millions de francs CFA pour dédommager son client.

Pour le représentant du ministère public, les faits reprochés aux accusés leur sont imputables, car il y a suffisamment d’éléments de preuve qui militent en faveur de leur culpabilité. À cet effet, le substitut du procureur a requis contre eux la réclusion criminelle à perpétuité. Réquisitoire que les conseils des accusés jugent exagéré. Ainsi, ils ont sollicité une application bienveillante de la loi pénale. 

La décision sera rendue le 17 mai prochain. 

 

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Jp D’Almeida