Publié le 30 May 2013 - 08:36
AGRICULTURE EN AFRIQUE DE L'OUEST

Ces pratiques néfastes qui brident la productivité

C’est un secret de polichinelle, l’argent qui est injecté dans le secteur de l’agriculture ne donne pas toujours les résultats escomptés en termes de performance.

 

Selon Ousmane Ndiaye de l’Association sénégalaise pour la promotion du développement à la base (ASPRODEP), pour que cet argent puisse produire des résultats durables, il faudrait qu’il y ait une plus grande concertation entre les différents acteurs, publics et privés. En second, il propose que l’environnement global soit amélioré. C’est-à-dire que chaque acteur joue le rôle qui est le sien parce que dit-il, ''s’il y a confusion de rôles, les investissements pourraient être orientés''. Et dans de telles conditions, il est difficile voire impossible d’obtenir des résultats probants, de l’avis de plusieurs agriculteurs.

 

Toutefois, le chemin que le Sénégal emprunte depuis quelques mois pourrait redresser la situation, de l’avis de Ousmane Ndiaye. L’État du Sénégal doit jouer son rôle qui consiste à bien définir les politiques après concertations, de suivre et d’évaluer ce que font les acteurs privés dans l’agriculture en général. C’est ainsi qu’il a souligné que le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO) s’inscrit dans cette dynamique même s’il reconnaît que la démarche n’est pas parfaite. M. Ndiaye a dit son espérance de voire dans le PPAAO 2 une franche concertation entre les acteurs. Surtout que ce sont les privés qui vont faire la productivité et non les institutions publiques. ''Ce sont les paysans, les industriels, les transformateurs qui vont faire la productivité avec l’accompagnement des institutions publiques. Il faudra donc que les gens se parlent afin que l’on clarifie les rôles et les responsabilités''.

 

30 milliards Cfa injectés au Sénégal

 

Il s’est agi hier du lancement de la phase 2 du programme. Grâce aux résultats enregistrés par le Sénégal dans sa première phase quinquennale saluée hier, le financement de cette deuxième phase a été ramené à 30 milliards de francs Cfa, la première phase était de 15 millions de dollars US. Selon Demba Baldé, représentant de la Banque mondiale, ce 2e financement va promouvoir la génération et la diffusion à grande échelle des technologies améliorées afin d’accroître fortement la productivité agricole au Sénégal.

 

Pour le directeur exécutif du CORAF, structure qui se charge de l’exécution régionale du PPAAO, la phase 2 du programme est une phase d’expansion. Elle mettra l’accent sur le renforcement des Centres nationaux de spécialisations et leur transformation en Centres régionaux d’excellence (CRE), la consolidation des systèmes de diffusion et d’adaptation des technologies et le développement d’un nombre croissant de technologies. Le PPAAO est initié par la CEDEAO au profit des pays membres avec l’appui financier de la Banque mondiale. Il constitue un prêt programmatique adaptatif régional d’une durée de 10 ans à raison de 2 phases de 5 années. La première phase achevée en décembre 2012 a enregistré des résultats probants, selon le ministre de l’Agriculture.

 

Amadou NDIAYE

 

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