Publié le 5 Jun 2024 - 12:25
BLOCAGE DE SES SITES DE MINERAIS

Situation alarmante aux ICS

 

Créées, il y a trente ans,  les Industries chimiques du Sénégal sont là pour valoriser le phosphate sénégalais, jusqu'alors exporté à l'état brut. Depuis le 28 mai dernier, les ICS font face à des problèmes à cause du blocage des sites de minerais par des personnes.

 

Depuis huit jours, les Industries chimiques du Sénégal (ICS) vivent une situation ‘’inquiétante’’. Cette dernière, informe-t-on dans un communiqué de presse, met ‘’progressivement à l’arrêt les activités de l’entreprise’’. Ce qui, naturellement, a un impact sur ‘’les cinq mille emplois directs générés par la société et les communautés environnantes dont les ICS constituent le principal moteur économique et social’’.

Dans la note, l’entreprise a informé que ‘’les activités minières des ICS sont à l’arrêt depuis le mardi 28 mai 2024, suite au blocage des sites d’extraction et de traitement du minerai par un certain nombre de personnes. Depuis le samedi 1er juin 2024, la ligne de chemin de fer reliant les sites a été bloquée, ce qui empêche l’évacuation de l’acide phosphorique et, par conséquent, provoque un arrêt progressif de la fabrication de ce produit. À noter que l’acide phosphorique, qui constitue l’un des principaux produits d’exportation du Sénégal, est largement utilisé dans la production d’engrais’’.

Il est rappelé dans le document que ‘’l’objet du blocage noté depuis le mardi 28 mai 2024 découle de la nouvelle demande des personnes impactées quant à la compensation de la dernière campagne d'exploration.  Cette campagne de sondage, comme celles menées depuis des décennies, a été effectuée en conformité avec les procédures légales établies quant à la réalisation des sondages et au règlement des impenses’’.

Pourtant, est-il indiqué, ‘’les ICS conduisent simultanément des travaux d’exploration et d’exploitation, dans le cadre des concessions minières pour l’exploitation des phosphates de chaux de Tobène Nord et de Tobène Sud, renouvelées en 2008 par décret et valables jusqu’en 2033. L’exploitation permet d’évaluer les caractéristiques du minerai en quantité et en qualité à travers des sondages. Cette première phase d’étude et d’analyse préalable est donc nécessaire à la planification de la mine, avant toute décision d’investissement. Vient ensuite la phase d’exploitation qui requiert le transfert des droits d’usage des terres afin que le minerai puisse être extrait, traité et transformé’’.

Dans ce cadre, il est précisé que des compensations financières sont prévues à chaque phase. Pour celle d’exploration, il est prévu une ‘’compensation pour les trous de sondage de quelques centimètres pratiqués sur le sol et les éventuels dégâts causés aux cultures sur la saison impactée. Les propriétaires des champs gardent l’usage de leurs terres et il n’y a pas d’engagement quant à une acquisition future’’.

Pour celle d’exploitation, il y aura une ’’compensation faisant l’objet d’une négociation tripartite (ICS, impactés et administration) avec signature d’un accord qui permettra le transfert définitif des droits d’usage des terres aux ICS’’.

Mais aujourd’hui, ‘’les personnes dont les champs ont été sondés demandent que les sillons laissés par les véhicules soient indemnisés au barème de l’acquisition des droits des terres pour l’exploitation, ce qui ne se fait dans aucune société minière au Sénégal, voire du monde entier’’. Aussi, souligne-t-on dans la note, ‘’à ce jour, bien qu’aucun rapport officiel n’ait été transmis par la Commission départementale de recensement et d’évaluation des impenses chargée du processus, les autorités des ICS ont échangé plusieurs fois avec les impactés, sous l’égide des autorités administratives. À la suite du premier blocage, en mi-mai, les ICS ont accepté, à titre exceptionnel, d’indemniser pour les sillons à hauteur de deux saisons agricoles et un forfait par hectare afin d’aider les impactés à niveler les sillons, en plus des impenses habituelles telles que le trou de sondage et les dégâts aux cultures’’.

En outre, ‘’il est établi que les ICS ne sauraient prendre l’engagement d’acquérir des zones faisant l’objet de sondages d’exploration (avec des résultats incertains) et ne peuvent, par conséquent, compenser sur les mêmes montants pour les terres acquises à des fins d’exploitation minière. Il est à préciser que les ICS ont toujours été, en toutes circonstances, dans les dispositions d’octroyer des compensations justes, en accord avec les modalités de calcul et les règles définies. Il y a aussi lieu de noter que les ICS n’ont jamais varié dans leur disposition à honorer ces compensations’’, ajoute-t-on.

Babacar Sy Sèye

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