Publié le 26 Sep 2017 - 20:05
DEMARRAGE DU DEGUERPISSEMENT DES IMPACTES DU TER A RUFISQUE

Mardi de tous les dangers

 

Alors que le délai qui leur était imparti pour quitter les lieux où doit passer le Train express régional arrive à terme aujourd’hui, les victimes de Rufisque ont déclaré hier qu’ils ne bougeraient pas.

 

Les impactés du train express régional (Ter) sont dans le désarroi. Au cours d’un sit-in tenu hier à la gare ferroviaire de Rufisque, des centaines de chefs de famille ont crié à l’injustice. En effet, c’est aujourd’hui que la sommation que leur avaient servie les autorités compétentes prend fin. A leurs yeux, ces autorités ont usé d’une méthode cavalière. De l’avis de Babacar Guèye leur porte-parole, ils ont reçu à leur’grande surprise, le 23 septembre 2017, un arrêté du préfet les convoquant ce lundi 25 septembre au Bureau du Ter pour remplir des dossiers, afin de pouvoir continuer la procédure. Ils disent : ‘’Nous sommes étonnés parce qu’il ne nous appartient pas de régler les papiers administratifs.’’  

Mais le plus étrange, d’après les impactés du Ter à Rufisque, c’est le problème au niveau du barème fixé pour les indemnisations.’Nous n’accepterons jamais ce qui nous a été proposé’’, fulmine Babacar, bouillonnant de rage. Selon lui, les autres ‘’déguerpis’’ établis dans d’autres sites ont été mieux traités. Il explique : ‘’des sites de recasement ont été donnés aux commerçants du marché Thiaroye avec 3000 places, de même que les gens de Colobane à qui on a octroyé des dizaines d’hectares. Alors que nous, en ce moment même, nous sommes laissé en rade. Personne d’entre nous n’a reçu un seul sou’’. A l’en croire, la situation est la même à Keur Mbaye Fall, Diamaguene et Bargny.

Ibrahima Mbengue, quant à lui, a affirmé qu’ils sont dans les dispositions de libérer les emprises, mais à condition d’être traités de la même manière que les autres. ’Nous ne refusons pas de partir mais il faut qu’ils nous accompagnent car nous sommes des pères de famille. Nous pensons qu’il y a deux poids deux mesures. Ils ont convoqué certaines personnes et laissé en rade d’autres. L’Etat devrait mettre toutes les personnes affectées au même pied d’égalité’’, a-t-il déclaréSelon Ibrahima, les montants dégagés pour leur indemnisation sont insuffisants. Il précise : ’Pour un terrain de 150 mètres carrés, il est prévu une enveloppe de 1 500 000 francs CFA alors qu’ici, à Rufisque, on ne peut pas trouver un terrain avec cette somme. On ne peut pas comprendre que pour un projet qui impacte plus de 250 000 personnes, l’on nous dise qu’ils n’ont pas d’endroit pour nous recaser.’’

Face à cette situation, les impactés du Ter à Rufisque sont unanimes. Ils clament haut et fort : ’Nous ne bougerons pas. Nous ne reculerons pas sur notre décision. Le préfet lui-même a annoncé que les travaux commenceront mardi (aujourd’hui) alors que la BAD avait demandé qu’il y ait des indemnisations équitables.’’

PAPE MOUSSA GUEYE (RUFISQUE)

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