Publié le 12 Feb 2016 - 23:51
NON-RECOUVREMENT DES CRÉANCES, CONCURRENCE DÉLOYALE, DÉLESTAGES…

Ces goulots qui étranglent le secondaire et le tertiaire

 

Les chefs d’entreprise des secteurs secondaire et tertiaire souffrent beaucoup du non-recouvrement des créances, de la concurrence déloyale qui existe entre eux, des délestages ou de la fiscalité. Ces industriels, interpellés par la Direction de la prévision et des études économiques, déplorent ces difficultés qui portent atteinte à la bonne marche de leurs activités.

 

La Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) a, dans une enquête faite auprès des chefs d’entreprises, touché du doigt les difficultés que rencontrent le plus les industriels du secondaire et du tertiaire. Au mois de décembre 2015, la Dpee a interpellé certains parmi eux pour pouvoir déterminer avec exactitude leurs problèmes. Les résultats de l’étude qui viennent d’être publiés dans son dernier point économique montrent d’abord que le non-recouvrement des créances fait partie de l’un des goulots qui entravent la bonne marche des activités des industriels dans ces deux secteurs. Cette première entrave citée par les acteurs représente, à elle seule, 18% du problème dans le secondaire et le tertiaire.

Ensuite, il y a la ‘’concurrence supposée déloyale’’ entre les industriels. Cela n’est pas sans conséquences sur les difficultés que rencontrent les chefs d’entreprises. Elle constitue même 19% du problème, rapporte l’enquête de la Dpee. Puis s’ensuit la question des délestages. Même si ces derniers ont sensiblement baissé au cours de l’année 2015, ils continuent toujours de porter préjudice aux industriels. La récurrence des délestages, selon la Dpee, pèse pour 11% des difficultés. ‘’Interrogés sur l’évolution de la production et des carnets de commandes entre novembre et décembre 2015, les industriels ont majoritairement fait état d’une baisse même si le niveau des commandes est resté au-dessus de la moyenne. En outre, les enquêtés ont majoritairement indiqué que les stocks de produits finis sont au-dessus de leurs niveaux moyens’’.

Une fiscalité qui plombe les services

Le sous-secteur des bâtiments et travaux publics est aussi confronté au même problème. L’enquête de la Direction de la prévision et des études économiques qui a permis d’interroger certains acteurs du bâtiment montre que pour ce sous-secteur, les difficultés de recouvrement des créances représentent 27% du problème. Elles sont suivies de ‘’la concurrence supposée déloyale’’ pour 23% et la fiscalité 18%. Selon les entrepreneurs interrogés par la Dpee, ces facteurs ont le plus affecté le sous-secteur durant le mois de décembre 2015. Toujours dans ce sous-secteur, les chefs d’entreprises de Btp déplorent la baisse des commandes publiques. Tout le contraire des commandes privées qui ‘’se sont bien orientées’’ dans le dernier mois de l’année 2015.

Même les services et l’activité commerciale sont concernés par cette situation. Pour le premier sous-secteur cité, le non-recouvrement des créances (37%), la concurrence supposée déloyale (17%) et la fiscalité (15%) sont cités par les personnes enquêtées comme les principales contraintes qui ont plombé l’essor de leur activité. S’agissant de l’activité commerciale, la Dpee révèle que ‘’les difficultés de recouvrement des créances (27%), la concurrence supposée déloyale (24%) ainsi que les délestages (12%) ont été les principales contraintes au courant du mois de décembre 2015’’. Malgré cette conjoncture, les services de Serigne Moustapha Sène indiquent que ‘’le chiffre d’affaires et les carnets de commandes se sont bien orientés, en variation mensuelle, selon les commerçants’’.

Réduction de 20,7 milliards sur le déficit commercial

Le déficit commercial a connu une réduction de 20,7 milliards de F CFA au mois de décembre 2015, calculé sur une base mensuelle. La Direction de la prévision et des études économiques, dans son point mensuel de décembre 2015, publie que le déficit commercial est passé à 119,3 milliards au cours du dernier mois de l’année 2015 contre 140 milliards de F CFA le mois précédent. Cette nouvelle situation s’explique par la hausse qu’ont connue les exportations pendant cette période, passant de 104,8 milliards de F CFA en novembre 2015 à 145,5 milliards de F CFA en décembre de la même année.

Les produits qui ont été les plus exportés durant cette période sont, d’après la Dpee, l’acide phosphorique, l’or brut, les produits alimentaires, les produits pétroliers, les engrais… Au même moment, les importations n’ont connu, au mois de décembre 2015, qu’une hausse de 8,1%, passant de 278,2 milliards au mois de novembre 2015 à 300,9 milliards au mois de décembre 2015.

ALIOU NGAMBY NDIAYE

 

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