L’ONAS veut sécuriser les zones sensibles

En tournée dans la capitale du Nord, le directeur général de l'Office national de l'assainissement du Sénégal (ONAS), Séni Diène, a inspecté les chantiers pré-hivernaux, notamment à Pikine Tableau Walo. Si les travaux affichent un taux d'exécution compris entre 70 % et 75 %, le patron de l'Onas appelle également les populations à adopter des comportements citoyens pour préserver les ouvrages d'assainissement.
L'Office national de l'assainissement du Sénégal (ONAS) accélère la mise en œuvre de son dispositif préventif pour réduire les risques d'inondation dans les zones les plus vulnérables. En déplacement à Saint-Louis, le directeur général de l'institution, Séni Diène, a effectué une visite de terrain sur plusieurs sites stratégiques, avec une étape importante à Pikine Tableau Walo, quartier réputé particulièrement exposé aux eaux de pluie.
Cette démarche, a-t-il expliqué, vise à s'assurer que les difficultés rencontrées lors des précédents hivernages soient considérablement atténuées cette année. « Les dispositions sont en train d'être prises pour que les situations vécues les années précédentes ne se reproduisent pas ou, à défaut, qu'elles soient de moindre ampleur », a assuré M. Diène.
Le directeur général rappelle que Saint-Louis figure parmi les villes les mieux dotées en infrastructures d'assainissement du pays. Le réseau comprend près de 120 kilomètres de conduites d'eaux usées desservies par huit stations de pompage, auxquels s'ajoutent environ 40 kilomètres de réseau d'évacuation des eaux pluviales et une quinzaine de stations de pompage.
Pour autant, ces équipements ne suffisent pas à éliminer tous les risques. À Pikine, les contraintes topographiques demeurent importantes. Situé à une altitude proche du niveau de la mer, le quartier connaît des difficultés naturelles d'évacuation des eaux vers le fleuve Sénégal. À ces contraintes s'ajoute une urbanisation parfois désordonnée qui limite l'accès des engins de chantier et complique la réalisation de nouvelles infrastructures.
Face à ces difficultés, l'ONAS a engagé des mesures correctives. Séni Diène a indiqué qu'une conduite de refoulement de 400 mètres est actuellement en cours de réalisation afin de contourner un point critique identifié dans le réseau, en attendant l'achèvement des travaux prévus dans le cadre du projet des « Dix Villes », dont l'exécution a connu plusieurs retards.
Selon le directeur général de l'ONAS, les différents chantiers visités affichent aujourd'hui un niveau d'avancement compris entre 70 % et 75 %. L'objectif est de finaliser l'ensemble des interventions avant le 15 juillet, afin que les ouvrages soient pleinement opérationnels dès les premières fortes pluies.
Au-delà des investissements techniques, M. Diène estime que la lutte contre les inondations passe aussi par un changement de comportement des populations. Il a dénoncé les nombreux déchets retrouvés lors des opérations de curage des canaux, notamment des filets de pêche, des abats d'animaux, des bidons et divers détritus qui obstruent les ouvrages et entravent l'écoulement des eaux.
« Les canaux ne sont pas des dépotoirs. Leur préservation est l'affaire de tous », a insisté le directeur général, invitant les habitants à s'approprier les infrastructures d'assainissement plutôt qu'à les dégrader.
Il a, dans le même temps, salué l'émergence d'initiatives citoyennes dans plusieurs quartiers, où des habitants s'organisent bénévolement pour nettoyer les caniveaux et sensibiliser leurs voisins. Pour lui, cette mobilisation, conjuguée aux efforts des collectivités territoriales et des délégués de quartier, constitue un maillon essentiel de la stratégie de prévention.
IBRAHIMA BOCAR SÈNE
SAINT-LOUIS






