Publié le 30 Aug 2019 - 07:29
DIX-SEPT MOIS APRES LEUR FESTIVAL

Le Fesrail sur des rails de  dettes

 

Près de dix-huit mois après avoir organisé la 8e édition du festival de théâtre de Thiès plus connu sous l’appellation Fesrail, les responsables régionaux de l’Arcots doivent 2 795 750 F Cfa à des particuliers. Une dette qu’ils peinent à éponger. Avant-hier, ils ont fait face à la presse, pour demander soutien avant qu’ils ne soient traduits en justice par leurs créanciers.

 

Organiser un festival comme le Fesrail nécessite des moyens financiers conséquents. Pour l’édition de mai 2018, Jules Dramé et son équipe devaient s’occuper de l’hébergement, du transport et de la restauration de plus de 300 personnes venues de huit régions du Sénégal. Pendant quatre jours, toutes ces personnes étaient sous leur tutelle. Il fallait leur assurer une prise en charge totale.

C’est ainsi que le président de l’Association des artistes du théâtre sénégalais (Arcots) de Thiès et son groupe décidèrent de contracter une dette de près de 3 millions de francs Cfa auprès des commerçants (deux personnes qui ne sont plus de ce monde) espérant recevoir aussitôt après la subvention de la mairie de ville pour effacer la dette.

Cependant, 18 mois après la tenue de cet événement qui promeut l’industrie théâtrale thiessoise en particulier et sénégalaise en général, les organisateurs peinent à honorer leur parole. Acculés par les créanciers qui menacent de les trainer devant les tribunaux, ces derniers ont fait face à la presse, avant-hier, dans la soirée, pour demander soutien.

 ‘’Nous avons organisé la 8e édition du Fesrail les 11, 12 et 13 mai 2018. Et cela fait 17 mois que nous courrons derrière une subvention de la ville de Thiès qui s’élève à 2 millions 500 mille francs Cfa. Lors des éditions précédentes, nous avions reçu la subvention de la mairie trois mois après. Mais, pour cette fois, les choses ne bougent pas et la situation est devenue très compliquée. Après l’événement, le maire Talla Sylla m’a appelé pour me dire que leur budget a été voté et qu’on allait recevoir notre subvention. Jusqu’ici, nous n’avons rien reçu. Et pourtant nous avons contracté une dette qui s’élève à 2 millions 795 mille 750 francs Cfa. Une dette que nous peinons à payer’’, regrette Souleymane Dramé, plus connu sous le sobriquet de ‘’Jules’’.

Pour résoudre cette affaire au plus vite, il invite les maires des trois communes qui composent la capitale du Rail, y compris Talla Sylla, à mettre la main à la poche, aux fins de leur épargner toutes tracasseries judiciaires.

Son collègue, Niambé Sène, est du même avis. Il soutient qu’il suffit que chaque autorité accepte de donner une somme symbolique, les artistes ne devraient pas avoir de problèmes et la somme attendue pourrait être recouvrée sans difficultés majeures, vu le nombre de cadres, de maires, de directeurs généraux et de ministres dont regorge la région de Thiès.

Poursuivant son propos, il indique que si les autorités de la région soutenaient la politique culturelle, ses camarades et lui ne seraient pas confrontés à cette dette dont ils peinent à payer depuis près de 18 mois.

Plus téméraire, Papa Ndiaye de la troupe Soleil levant invite les autorités du département et de la région de Thiès à agir très vite avant que lui et ses camarades ne décident de s’approprier le combat. ‘’Nous sommes très polis. On n’insulte personne. On ne descend jamais sur le terrain pour une quelconque manifestation. Nous avons un bon niveau d’études. Mais le jour où nous allons nous lever pour revendiquer nos droits, ça va faire très mal. Parce que nous serons soutenus par les populations, dans la mesure où nous sommes des porteurs de voix. Alors, nous nous battrons pour conserver et pérenniser notre Fesrail’’, fulmine-t-il.

Un festival qui, selon lui, est un héritage à préserver, quelles que soient les difficultés auxquelles ils feront face.       

La subvention du ministère jugée ‘’trop petite’’

C’est pourquoi le premier vice-président de l’Arcots plaide pour une revalorisation de la subvention du ministère de la Culture et de la Communication qui s’élève à 750 000 F Cfa. Pour un projet comme le Fesrail qui regroupe durant trois jours des centaines d’artistes comédiens, Jules Dramé trouve que la somme qui leur est allouée est ‘’trop petite’’.

Devant une telle situation, le principal organisateur affirme n’avoir plus le cœur à travailler pour ce festival. Lui qui, dans un an, termine son mandat de trois ans à la tête de l’Arcots de Thiès et se dit prêt à quitter le navire et laisser la place à d’autres.

A côté du Fesrail, Talla Sylla a initié son festival Kaay Thiès. Même si celui-ci ne peut influer négativement sur les activités du Fesrail, Jules Dramé demande au maire de la ville ‘’d’abandonner et d’arrêter ce festival qui est un fourre-tout’’ et de travailler à pérenniser le Fesrail.

GAUSTIN DIATTA (THIES)

 

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