Publié le 11 Aug 2012 - 22:30
PROFESSEUR EL HADJI NIANG SUR LES BOUILLONS

« Des substances toxiques pourvoyeuses d'impuissance, d'insuffisance rénale, d'obésité....''

 

 

En raison d'une mauvaise alimentation, le Sénégal est en train de développer, à grande vitesse, les maladies des pays riches. Un constat amer qui étreint le cœur des spécialistes.

 

''C'est triste de constater que 50% du budget de la famille sert à l'achat d'ordonnances de maladies à vie qui auraient pu être prévenues par une alimentation saine. Et pire, ces médicaments si onéreux n'assurent pas une totale guérison. Les Sénégalais doivent revoir leur alimentation trop riche en gras et en sel'', déplore Mme Salimata Wade. La situation est si critique que dans son ouvrage ''Mémoires pour l'espoir'', l'ingénieur statisticien, Sogué Diarisso a sonné l'alerte ''sur les désastres créés par les maladies cardiovasculaires, deuxième cause de mortalité au Sénégal et le diabète''. Des maladies dont la progression est, en partie, liée à l'usage exagéré des bouillons et autres exhausteurs de goût selon les spécialistes.

La liste des maladies ne cesse de s'allonger dans notre pays. Le cancer, première cause de mortalité chez des personnes âgées de 40 à 60 ans, ne cesse d'avancer à grands pas. L'obésité avec son cortège de méfaits tels les maladies cardiovasculaires, gagne aussi du terrain. Le professeur El Hadji Niang, responsable du service radiologie de l'hôpital Aristide le Dantec, a fait de la lutte contre l'utilisation des additifs culinaires son cheval de bataille, en sa qualité de président de la ligue des consommateurs du Sénégal.

 

''Ce sont des substances qui peuvent affecter le fœtus''

 

Son combat : faire en sorte que ces substances toxiques soient interdites de vente. A défaut, il souligne que l'État doit appliquer une taxe dissuasive ou une taxe de contribution pour assurer la prise en charge des patients. ''Presque tous les bouillons en cube vendus librement sur le marché contiennent du glutamate monosodique qui est pourvoyeur d'obésité, de diabète et d'hypertension, lit de toutes les maladies cardiovasculaires''. Ce n'est pas fortuit, selon lui, si ces produits sont en train d'être traqués partout dans le monde. Il s'indigne du surcroît de dépenses en santé occasionné par la consommation de ces substances qui exercent aussi des actions sur le système nerveux. ''Le glutamate inverse la polarité au niveau du système nerveux, en provoquant la mort de la cellule nerveuse, or les neurones ne se régénèrent jamais''.

 

Pire encore, les bouillons font perdre aux mâles leur virilité. Car selon le professeur Niang, l'obésité est à l'origine de dysfonctionnements sexuels, voire d'impuissance sexuelle. ''Il faut rappeler que le bouillon est utilisé pour stériliser les animaux et de manière empirique, pour nettoyer le dos des marmites. Des ménagères utilisent ces substances agressives''. Aujourd'hui, les maladies non transmissibles sont en train de faire des ravages sous nos cieux. Et constate t-il, ''il y a cinquante ans, c'était rarissime de trouver des cas d'obésité ou de diabète. Aujourd'hui, ils prennent des proportions inquiétantes. Certains le mettent sur le compte du riz, mais il ne faut pas ignorer l'action des bouillons. Ces produits peuvent ruiner l'individu et leurs actions peuvent aller jusqu'à la descendance. Car ce sont des substances qui peuvent affecter le fœtus''.

 

Le professeur infirme la thèse selon laquelle ces produits comblent une carence en vitamine A. ''Faux! D'ailleurs c'est un élément qui n'est pas indispensable. Nos aliments sont naturellement équilibrés'', dit-il. Et d'ajouter : ''Ce sont des produits qui ne relèvent pas le goût. Ils ne font qu'augmenter la sensation et créer la volupté''. Entre autres remèdes, il conseille ''aux Sénégalais de manger le plus naturellement possible et d'apprécier le naturel''. Il tient à rappeler, que dans un passé récent, les populations ne consommaient pas de sucre, pour dire que ce produit n'est pas indispensable. ''Le sucre n'est apparu que récemment. Les grandes firmes ont créé le besoin alimentaire chez nous''. L'urgence, pour lui, est que les autorités prennent à bras le corps le dossier de ces substances incriminées comme toxiques, dans les pays développés qui génèrent des milliards de FCfa.

 

 

MATEL BOCOUM

 

 

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