Publié le 4 Sep 2012 - 20:32
REPLIÉ A PARIS APRÈS UN SÉJOUR AU MAROC

Me Wade, un solitaire à Versailles

Les visites se font de plus en plus rares pour l'ancien président de la République, replié à Paris, précisément à Versailles, sans qu'on ne sache si cela est une volonté de Me Abdoulaye Wade ou la conséquence d'une désertion du navire amiral par ses ''fidèles''. Ce qui est sûr, c'est qu'il est toujours en connexion avec le nouveau régime. Ce, pour «négocier» le sort de sa famille biologique d'abord et de certains de ses proches, très proches... Le ''prix du silence'' ?

 

Qu'est-ce qui a poussé l'ancien Président Wade à quitter le Maroc où il était bien confortablement installé pour rejoindre Paris où tous les tapis lui étaient déroulés sous la présidence de Nicolas Sarkozy ? Depuis deux semaines, Me Abdoulaye Wade se trouve en France. Où il doit recevoir, comme annoncé par le Parti démocratique sénégalais (PDS), un prix décerné par le Forum de la Renaissance africaine (Fora), le 23 septembre prochain. Mais si cette médaille peut participer à doper l'ego rudement malmené d'Abdoulaye Wade, il reste que l'homme qui a dirigé le Sénégal pendant douze ans ne dort plus que d'un œil depuis que l'affaire des audits a été brandi contre sa famille. Dans son repli au Maroc et ensuite à Paris, Me Wade a voyagé avec les dossiers de ses enfants.

 

Ces dossiers qui empêchent Wade de dormir...

 

Selon des sources dignes de foi, il négocierait bien pour que le nouveau pouvoir ferme les yeux sur certains dossiers comme celui du Troisième Festival mondial des arts nègres (Fesman), de l'Agence nationale de l'organisation de la conférence islamique (Anoci) et du jet privé qui assurait les déplacements de son fils Karim aux frais du contribuable, pour ne citer que ces affaires. «C'est ce qui explique le silence aussi bien de Viviane, Sindiély Wade que de Karim Wade.»

 

L'omerta frappe aussi des proches du Président comme Pape Samba Mboup, reçu par le Président Macky Sall juste avant que Wade ne plie bagages pour le Maroc, Farba Senghor, absent lors de la réunion du Comité directeur samedi dernier, Me Ousmane Ngom qui se fait discret, Madické Niang qui estimerait, selon certaines confidences, que la meilleure solution est celle de la conciliation.

 

Signe que Me Wade ne porte plus ses ''bagages'' trop lourds depuis sa chute (qui l'a surpris), il n'a voyagé à Paris qu'avec son neveu et body guard, Lamine Faye et Baye Moussé Bâ dit ''Bro''. Ces derniers assurent sa sécurité à Versailles, même si aucune menace ne pèse réellement sur son intégrité physique. «Le problème, c'est qu'il ne reçoit personne. Les audiences qu'il accorde sont très rares, même s'il reste en contact téléphonique avec certains ténors du Pds comme Oumar Sarr», informe une source proche de lui.

 

Un étranger à Paris...

 

L'ancien chef d'Etat sait qu'il ne peut plus compter sur ses réseaux français depuis la chute de Nicolas Sarkozy qui a emporté avec lui Claude Guéant, ancien secrétaire général de l'Elysée puis tout puissant ministre de l'Intérieur. Ce dernier faisait partie des souteneurs les plus sûrs et les plus discrets des Wade, alors que les nouveaux tenants du pouvoir n'ont, pour l'instant, aucune relation sérieuse avec la famille du prédécesseur de Macky Sall. Si donc Me Wade a débarqué à Paris, «c'est moins pour des raisons de lobbying que pour être proche des médecins les plus qualifiés au monde»; Paris étant une place particulièrement experte dans le domaine de la Médecine.

 

Ce qui est clair, le retour à Dakar de l'ancien Président n'est pas pour demain la veille. De plus en plus, on évoque le syndrome Senghor ou Diouf. Ces derniers s'étaient repliés en France après leur chute du pouvoir. Même s'il affiche une fibre africaniste plus tranchée que ses prédécesseurs, Me Wade marche résolument sur leurs pas...

 

 

ABDOU MBAYE

 

 

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