Publié le 26 Sep 2016 - 01:43
3 QUESTIONS AU DOCTEUR MASSAMBA GUEYE

‘’Les tambours n’ont plus un sens liturgique’’

 

Quand est-ce que le ‘’sabar’’ ou tam-tam a été créé ?

Vous savez, quand vous dites tam-tam, il concerne l’ensemble des tam-tams qui font plus de dix. Le ‘’sabar’’ est un tam-tam spécifique qui se joue avec une baguette et qui dirige le rythme. Ce que nous appelons communément le ‘’sabar’’, c’est l’instrument qui se nomme le ‘’ndeer’’. Donc, qui est un outil que l’on retrouve chez les Sérères, les Wolofs. C’est un instrument dont nous n’avons pas la date exacte de création.

Au début, nous savions que ce sont des instruments liturgiques qui servaient à invoquer Dieu et à accompagner les prières. Ce qu’on en sait aussi, c’est que ce sont des instruments à bâton, contrairement à ceux de la forêt que l’on joue avec les mains. Maintenant, ce que nous appelons ‘’sabar’’ constitue l’élément principal qu’utilise le maestro accompagné de toute une batterie. Sa construction date de ce qu’on peut appeler l’éclatement de l’empire du Mali. Depuis cette date, ces instruments existent et sont orientés vers les danses profanes. Aujourd’hui, leur fonction première est celle de résistance. Elle n’est plus religieuse.

Quelle est son histoire (le sabar) ?

Il y a une version qui dit que le mot ‘’sabar’’ vient de l’expression ‘’sabal’’ qui veut dire chanter. Ce que fait l’oiseau. L’instrument principal s’appelle le ‘’ndeer’’. Le ‘’ndeer’’ est un oiseau qui a un volume extrêmement élevé. Certains disent que c’est une déformation de ce mot ‘’sabal’’ qui a donné le nom ‘’ sabar’’. Maintenant, le nom ‘’ sabar’’ désigne à la fois l’instrument qui permet de diriger la danse, mais définit aussi l’activité. La cérémonie elle-même s’appelle ‘’sabar’’. Nous constatons aussi souvent que les griots wolofs disent que c’est la rencontre de trois morts. La mort d’un tronc d’arbre, d’une branche et d’une peau. Donc, c’est une peau morte, un tronc d’arbre mort et des branchettes mortes ensemble qui donnent un rythme qui donne vie au corps de l’homme.

A la base, le sabar servait à quoi ?

Au début, tous les tambours que nous avions étaient liés à la liturgie. Ça permettait de faire des prières. Mais, nous n’avons plus cette tradition. Donc, ils sont devenus des instruments de résistance pour la joie.  

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