Publié le 18 Dec 2020 - 15:17
ALLÈGEMENT POUR LES MUSICIENS

Abdoulaye Diouf Sarr intransigeant 

 

Il n’est pas question de ne pas respecter des mesures barrières de lutte contre la pandémie du coronavirus. Tout individu et toute catégorie professionnelle ont l’obligation de suivre les recommandations. Cette précision vient du ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr.

 

Les musiciens sénégalais vont devoir prendre leur mal en patience. Les autorités ne comptent plus lâcher du lest. Le ministre de la Santé et de l’Action sociale ne veut pas entendre parler d’allégement des mesures barrières pour une catégorie professionnelle ou socio-professionnelle. 

Venu présider, hier, la réunion du Comité interne de suivi du Plan national de développement sanitaire et social (PNDSS), Abdoulaye Diouf Sarr précise qu’on ne peut pas économiser le respect des mesures barrières. ‘’Il faut se rendre à l’évidence, dire les choses telles qu’elles sont. Si on ne respecte pas les mesures barrières, nous risquons une situation qui sera dommageable. C’est pourquoi, nous continuons à lancer un appel pour que chaque Sénégalais, à son niveau, se dise que le combat commence par moi. Il faut le port systématique du masque, le respect de la distanciation physique et éviter les événements qui occasionnent cette promiscuité et qui est porteur de propagation du virus’’, soutient le ministre.

S’agissant des artistes musiciens qui demandent un allègement pour mener à bien leur fonction, le ministre de la Santé reste ferme. ‘’Je ne spécifie pas. Je ne parle pas des artistes, ni des sportifs, encore moins des pêcheurs ou de catégorie. Je parle de principe et d’orientation. Aujourd’hui, on ne peut pas économiser cette rigueur. Il faut absolument que tous les Sénégalais respectent les mesures barrières, pour permettre de remporter cette lutte’’, précise le chef du département de la Santé. 

Les acteurs de la musique ont décidé d’organiser un sit-in le mercredi 23 décembre, pour protester contre les décisions de l’arrêté du ministre de l’Intérieur. Ces acteurs veulent dénoncer l’arrêté du 12 décembre 2020 portant suspension des autorisations de faire de la musique, des chants et danses dans les débits de boissons. ‘’Cet arrêté nous interpelle à plus d’un titre. Sur la forme, il sort un samedi (jour non-ouvrable) et vise la musique, les chants et les danses, en lieu et place des regroupements susceptibles de favoriser la propagation de la pandémie. Sur le fond, il stigmatise la culture comme cause première de cette pandémie‘’, soutiennent les acteurs dans un communiqué publié récemment.

Les quatre niveaux d’intervention contre la Covid-19

Par ailleurs, concernant la deuxième vague, motif des dernières restrictions imposées, Abdoulaye Diouf Sarr souligne que toutes les mesures sont prises pour combattre cette pandémie. Il y a, renseigne-t-il, quatre niveaux d’intervention. Un niveau prévention qui repose sur l’application des mesures barrières dans toutes les communautés à travers toutes les personnes. Il s’agit, selon lui, d’une responsabilité individuelle et collective. Après la prévention, il y a toute la détection, ensuite la prise en charge. Pour cette dernière, il annonce la réactivation des centres de traitement épidémiologique (CTE)’’ pour pouvoir prendre en charge cette vague.

‘’Nous avons réactivé tout le dispositif de prise en charge des urgences et des cas graves, pour prendre en charge l’augmentation de ces différents cas. Au plus haut de la crise, nous avions constaté que nous avions une quarantaine de cas graves. Au moment où je vous parle, nous avons la possibilité, jusque-là, de soutenir l’évolution de ces cas et de rester dans une position confortable’’, rassure le ministre. A l’en croire, le pays a la possibilité de détecter, de tester de la manière la plus agressive, s’il le faut. ‘’Il y a un domaine important qui est la prévention. Dans la prévention, l’élément majeur, c’est le respect des mesures barrières’’. 

Par ailleurs, pour ce qui est du PNDSS, le ministre recommande de renforcer les stratégies mobiles du Programme élargi de vaccination, d’améliorer la prévention et la prise en charge du paludisme dans la région de Louga. Il suggère également que les collectivités locales soient formées dans le fonctionnement des comités de développement sanitaires (CDS). ‘’Nous devons assurer la reconnaissance juridique des CDS, assurer la fonctionnalité des organes des CDS. Il faut respecter la clé de répartition des dépenses des CDS et intervenir dans le secteur éducatif’’. 

Selon le ministre, pour une meilleure intégration de l’offre et de la demande, le plan d’action des CDS a été institué comme premier niveau d’identification, de priorisation et de planification des besoins. Ce plan, élaboré de manière inclusive et participative, va intégrer les plans opérationnels des collectivités territoriales/santé qui, à leur tour, intégreront les plans de travail annuels des districts. ‘’Une telle dynamique est à saluer, car elle contribuera à améliorer le capital humain et permettra d’atteindre plus efficacement vers la couverture sanitaire universelle. C’est à la fois une question de justice sociale et d’efficacité, dans la mise en œuvre de la politique publique de santé et d’action sociale’’, dit-il.

VIVIANE DIATTA

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