Publié le 24 Jun 2014 - 23:44
EXPOSITION D'ARTS

 Le collectif ''Du benn'' étale son savoir-faire

 

Ils sont sept artistes et se sont regroupés autour d'un collectif baptisé ''Du benn''. Ils ont participé à leur manière à la biennale de l'art africain contemporain. 
 
 
En collaboration avec le centre culturel italien Ariana, le collectif d'artistes sénégalais ''Du benn'' a organisé une exposition à l'école hôtelière Cheikh Amala Sy. C'était  dans le cadre de la onzième édition de la biennale de l'art africain contemporain (Dak'Art). Mais les organisateurs sont allés au-delà des dates du Dak'art (NDLR la biennale de 2014 s'est tenue du 10 mai au 9 juin). Ils sont une dizaine d'artistes sénégalais et italiens à exhiber leurs œuvres.
 
On découvre autant de techniques que d'artistes. Le prix ''vive voix'' 2014 de la sélection officielle de la biennale de Dakar, Amary Sobel Diop, propose une série d'impressionnantes sculptures. Des arbres noircis par la fumée qui rappellent le ravage d'un feu de brousse. Il parle ainsi de la dégradation de la nature. Il a travaillé avec des matières plastiques fondues, du sable et de la colle. 
 
Les œuvres de Assane Sarr parlent elles aussi de problèmes d'environnement mais surtout des grandes problématiques qui minent l'Afrique. ''Je suis dans une démarche de dénonciation'', a-t-il fait savoir. Avec de la toile de jute et à l'aide de jeux de société comme le damier sur lequel il représente la carte de l’Afrique il évoque les deals des dirigeants africains avec ceux des pays du nord.
 
Des connections qui tournent autour du pétrole et du pillage des ressources financières du continent noir. ''Je parle également d'armes car l'Afrique ne produit pas d'armes mais reste le continent où il y a le plus de conflits'', s'est-il indigné. 
 
Le sujet traité par Pape Djibril Diop s'inscrit  dans le même sillage à des degrés moindres. Car si Sarr parle de l’Afrique, Diop lui, dénonce ce qui se passe au niveau national. C'est ainsi qu'il évoque les dures conditions de vie des populations de la banlieue dakaroise avec diverses représentations architecturales. Avec du zinc et à travers l'acrylique, il essaie de reproduire ce qu'il voit dans ces quartiers caractérisés par une forte paupérisation. Et tout y est. Sa peinture semble dater de longtemps tellement les couleurs sont ternes. ''Après avoir peint je gratte la toile. C'est pour montrer la saleté dans ces quartiers mais aussi dénoncer la latence de nos gouvernants'', a-t-il expliqué. 
 
Pape Djiby Ndiaye et la dualité
 
Si les œuvres de ces artistes nous parlent, celles de Baye René Gomis ne laissent rien transparaître. Et c'était l'effet recherché selon son auteur. ''En faisant ces tableaux je ne voulais pas que leur message soit perceptible à première vue. Je voulais que les gens réfléchissent. Je me cherche moi même. Je suis manjaque et je ne parle pas mes langues. Je fais des recherches sur ma culture'', a-t-il dit. Un autre artiste du collectif ''du benn'' qui travaille sur les fondements de la culture, c'est Moustapha Badiane.
 
Il exploite la culture léboue. A travers une peinture figurative, il présente le mysticisme des ''xamb'' et rend hommage aux femmes et aux cultivateurs. Pape Djiby Ndiaye a  travaillé sur un tout autre thème: la dualité. Pour lui, tout est binôme sur terre mais les humains doivent être capable d'aller au-delà de ce qu'il voit à l’œil nu. ''Je propose une transcendance à travers la dualité.
 
Je veux que les gens essaient de passer du figuratif à l'abstrait à travers une relation verticale'', a-t-il expliqué. C'est ainsi que le figuratif sort bien dans ses œuvres à travers des photographies éparpillées par-ci et par-là et plus ses dernières prennent de l'altitude plus elle deviennent floues et difficile à distinguer. 
 
BIGUÉ BOB
 

 

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