Publié le 4 Nov 2017 - 22:57
HORS COMPETITION - ‘’VOLUBILIS’’

Décor antique, histoire à la page

 

 

Hors compétition au 22e Festival international du cinéma d’auteur de Rabat, ‘’Volubilis’’, du réalisateur marocain Faouzi Bensaïdi, a été présenté mercredi matin au cinéma Renaissance. Ce film expose une réalité marocaine par très belle à voir.

 

Les problèmes de classes semblent être un véritable problème au Maroc. Les réalisateurs du royaume chérifien en parlent beaucoup. Chacun à sa manière. L’un des cinéastes les plus connus et respectés pour son travail, Faouzi Bensaïdi, a consacré au sujet sa dernière création, ‘’Volubilis’’. Oui, le film a été tourné dans cette grande ville romaine d’Afrique, merveilleux site classé patrimoine mondial de l’UNESCO et projeté à la 22e session du Festival international du cinéma d’auteur de Rabat, mercredi. La caméra, généreuse, promène les spectateurs dans les féeriques ruines de cette cité proche de Meknès. Ce qui donne un air enchanteur au film qui, pourtant, raconte l’histoire d’un vigile pas du tout tendre.

Issu d’une famille très pauvre dont le pater ne sait faire autre chose que boire de l’alcool et vociférer, Abdelkader travaille dans un centre commercial comme gardien, pour permettre à sa famille d’avoir le pain tous les jours. Sa femme, Malika, fait le ménage chez des familles riches, pour elle également soulager son mari. Ils sont tous les deux jeunes, amoureux et beaux. Ils ne rêvent que d’une chose : économiser assez d’argent pour avoir leur propre appartement. Ils dorment dans le salon avec les cinq frères et sœurs d’Abdelkader. Mais le mari est fougueux, impulsif et coléreux. Il est très porté sur l’islam et prend son travail très à cœur. Il ne connaît pas la demi-mesure. Les paroles de son patron sont sacrées.

Ce n’est pas pour autant qu’il se laissera piétiner par ce dernier. Quand on lui dit que les gens doivent faire la queue, qu’il n’y a pas de distinction entre les pauvres et les bourgeois, tout le monde doit se conformer à la règle. C’est cela qui lui coûtera son travail, d’ailleurs. Il se retrouve au chômage après une altercation avec une dame qui lui promet l’enfer. A juste titre. Abdelkader sera cueilli, battu à sang et humilié avant d’être libéré. Lui, le très pieux musulman se noie alors dans l’alcool. Mais c’était juste pour un soir. Après, il décide de se venger. Il découvre alors que ses bourreaux sont des gens ‘’répugnants’’. La femme trompe son mari sous son nez et le mari est un corrompu.

Désir de vengeance

Obnubilé par ce désir de vengeance et plein de rancœur, il en arrive à des extrêmes avec sa mère, sa femme. Cette dernière quitte la demeure familiale. Les tentatives de la récupérer restent vaines. Seulement, elle reviendra d’elle-même, quand elle découvre par hasard la vidéo des exactions subies par son mari.

En effet, au cours d’une de ces soirées bourgeoises, ils se passaient la vidéo qu’ils visionnaient en rigolant. Ce qui dégoûte la jeune fille qui part retrouver son mari et tente de le convaincre de partir ensemble de la ville. Mais Abdelkader tient à sa vengeance. Ce qu’il ne sait pas c’est, comme l’a remarqué d’ailleurs sa femme, qu’on ne peut rien contre ces gens qui font la pluie et le beau temps à Volubilis. Ils ne savent qu’une chose : casser du pauvre.

En outre, dans ce film, Faouzi Bensaïdi oppose une société marocaine très riche et une autre très pauvre. Chacune d’entre elles avec ses vices avec, au moins pour la deuxième, la volonté de travailler et d’être juste. Ce qui n’est pas toujours le cas avec les bourgeois. Ils ont de l’argent, mais ne sont pas heureux, sont méprisables et vils. 

 BIGUE BOB

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