Publié le 2 Feb 2015 - 03:06
PILLAGE DES RESSOURCES MARITIMES

Les pêcheurs sénégalais aux bancs des accusés

 

Quand il s’agit de parler du pillage des ressources halieutiques, l’on pense souvent aux bateaux étrangers. Mais de l’avis du capitaine de frégate Malick Ndiaye, les nationaux sont aujourd’hui les véritables pilleurs de la ressource maritime.

 

Le bilan du programme de partenariat de l’Afrique pour le renforcement de la loi maritime (AMLEP, acronyme en anglais) a été dressé hier par les parties américaine et sénégalaise, à la base navale de la marine nationale. Troisième du genre, cette opération organisée dans la zone économique exclusive du Sénégal est destinée à aider le pays à mieux surveiller ses côtes. Si l’on en croit le capitaine de frégate Ibrahima Diao, ces manœuvres qui ont eu lieu du 23 au 29 janvier avec la participation de tous les corps concernés ont permis de repérer 70 navires côté maritime et 74 autres côté aérien. De tous ces navires repérés, 30 ont été inspectés. Mais aucune infraction n’a été relevée. Les Américains qui ont visité 4 bateaux n’ont relevé eux non plus aucune violation de la loi.

Un résultat qui conforte la thèse du capitaine de frégate à la Direction de la protection et de la surveillance des pêches (DPSP), Malick Ndiaye. Selon ce dernier, les chalutiers étrangers constituent de moins en moins le problème de la pêche. ‘’Depuis le bateau ‘’Oleg Naydenov", aucune incursion n’a été signalée. Or, à chaque fois qu’une incursion a lieu, les pêcheurs font la dénonciation’’. De l’avis de M. Ndiaye, le problème, c’est surtout avec les nationaux. Ce sont eux aujourd’hui les véritables pilleurs de la ressource halieutique. ‘’Les gens oublient souvent que 80% des débarquements proviennent de la pêche artisanale’’, souligne-t-il.

Le capitaine n’a pas oublié que tout récemment à Thiaroye, des pêcheurs ont brûlé la mairie, un minibus TATA et un bus Dakar Dem Dikk. ‘’Ils ont failli brûler vif mes agents’’, regrette-t-il. Et tout cela, parce que ces éléments étaient venus rappeler aux pêcheurs les endroits dans lesquels il leur est interdit d’exercer cette activité. Une autre preuve attestant que les pêcheurs sénégalais ne sont pas, à ses yeux, coopérants est leur refus de payer le permis de pêche annuel. ‘’15 000 F l’année, c’est quoi ? Même le vendeur de thiaf (cacahuète) paye plus que ça’’, martèle-t-il. 

L’AMLEP n’est pas uniquement destiné à protéger les ressources. Il  vise de façon plus large à assurer la sécurité maritime. Le lieutenant colonel Issa Ndiaye rappelle que 90% des recettes de la Douane proviennent de l’axe maritime. Ce qui fait qu’en cas d’insécurité rédhibitoire, les navires chargés de marchandises pourraient ne plus venir. Ce qui impacterait les recettes douanières. D’où la nécessité de maîtriser toutes les activités qui se développent en mer.

BABACAR WILLANE

 

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