Publié le 25 Apr 2019 - 18:37
SERIE JEUNESSE

‘’Dakar rapide’’, pour le plaisir des enfants

 

Il manquait du contenu local approprié pour les enfants. Du moins, c’est ce que dit le réalisateur et patron de Level Studio, Mame Ass Seck. Pour y remédier, il a créé ‘’Dakar rapide’’, une série jeunesse produite par la Sonatel et projetée hier à Canal Olympia, en avant-première.

 

Dans les nombreux et fameux projets de l’ancien président du Sénégal Abdoulaye Wade, figurait celui de la casse de tous les ‘’cars rapides’’ du Sénégal. Ces derniers devaient être remplacés par les bus Tata. Mais cela est resté à l’étape d’annonce. Malgré tout, il a inspiré un créateur qui en a fait une bande dessinée, puis une série jeunesse. Le réalisateur Mass Seck a imaginé la démolition de tous les ‘’cars rapides’’, excepté un qui sera traqué tous les jours par un policier dénommé ‘’Amna Yakaar’’.

‘’Dakar Car rapide’’ est le nom de cette série qui est disponible sur la Tv d’Orange, sur la vidéo à la demande. Elle a été produite par Orange Sénégal qui avait sélectionné le projet lors d’une des éditions du Dakar Digital Show. A cette occasion, était organisé un concours de pitch. ‘’On a été charmé par le projet, car il est rare de voir des dessins animés d’origine sénégalaise’’, a expliqué la représentante de Sonatel Multimédia, Coura Fall. Ce que confirme le président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) Babacar Diagne.

‘’Il y a un énorme besoin dans ce domaine. C’est presque un désert. La bande dessinée n’est pas innocente. Elle vient avec du contenu culturel’’, a indiqué cet ancien directeur général de la Rts. ‘’Nos enfants connaissent Dora, Lady Bug, etc. Ils n’ont pas de héros africains. C’est pour cela que j’ai créé cette série’’, a réaffirmé Mass Seck. Seulement, tout Sénégalais qui connait bien l’écosystème de  ces transports en commun se demanderait quels exemples on peut offrir à des enfants à travers des apprentis car qui sont, pour la majeure partie, insolents, pour ne pas dire carrément indisciplinés. Que dire des chauffeurs qui sont pires et qui n’ont aucun sens du civisme ? Ces questions méritent d’être posées. Mais ‘’EnQuête’’ vous rassure.

Les quatre premiers épisodes des treize que compte la série, sont loin du spectacle quotidien auquel les Sénégalais assistent dans les ‘’cars rapides’’. Les personnages de ‘’Dakar rapide’’ sont taillés sur mesure pour tenir en haleine les tout-petits. Ils sont taquins et rigolos jusque dans les mimiques ; aucun dérapage verbal et toujours dans des coups foireux, à croire qu’ils sont apparentés aux ‘’Thunderman’’. Entre le chauffeur de taxi qui a une anecdote sur tout, les deux apprentis, l’un con et l’autre futé, le policier Amna Yakaar qui est à la recherche du ‘’car rapide’’ dans tout Dakar, les enfants ont leurs héros. Aussi, pour le réalisateur, ‘’pour raconter des histoires, il faut partir d’une particularité. Le ‘car rapide’, on ne le trouve qu’au Sénégal’’, d’où son choix. Il faut le dire, il se passe des histoires des plus truculentes aux plus banales.

Et à voir le résultat qui a coûté près de 15 millions à la boite pour 13 épisodes, le directeur adjoint de la Sonatel, Fabrice André, a raison de dire : ‘’’Dakar rapide’ est un mythe.’’ Et Mass Seck d’avouer que c’est un rêve réalisé. ‘’Je me voyais faire ce genre de chose à 9 ans’’’, a-t-il partagé. La chance qu’il a eu de voir son souhait se réaliser, pleins d’autres jeunes peuvent le faire. Aujourd’hui, une enveloppe de 200 millions est mise sur la table par la Sonatel pour financer des contenus locaux et africains, d’après M. André.

 

Section: 
MOSAÏQUE D'HUMANITÉ Quand une psychiatre raconte les blessures invisibles
MASSAMBA GUEYE PARLE DE BABACAR MBAYE NDAAK : L’adieu d’un compagnon de mémoire
FDCUIC : Nitdoff démissionne, Red Black se positionne
HEMLEY BOUM À DAKAR : Quand la mémoire devient une terre d’exil
SAINT-LOUIS : 1ère ÉDITION DU FESTI GAAL : Les acteurs se dressent pour la sauvegarde de la pêche artisanale
MOSAÏQUE D’HUMANITÉ : Katy Sène Mbaye invite à une pause intérieure
POSITIVE BLACK SOUL : PBS promet un show inédit le 8 août
Sodav- plus de 53 millions à verser aux artistes
RESTITUTION, RECHERCHE ET NUMÉRIQUE : Les chantiers d’Abdou Simbandy Diatta
CULTURE : UNE PRÉCARITÉ QUI S’INSTALLE : Les animateurs culturels haussent le ton pour exiger leur intégration
WORK IN PROGRESS : À Dakar, l’art ralentit la ville
DIALAWALY FESTIVAL Dagana célèbre Ady Aïdara, gardien de la mémoire du Waalo
LE 14 JUILLET SOUS LE SIGNE D'UNE PAGE QUI SE TOURNE Christine Fages fait ses adieux au Sénégal
INFLUENCEURS CULTURELS : Les nouveaux critiques musicaux ?
DANS LA PEAU DU RECRUTEUR : Et si le secret d'un emploi se trouvait dans la tête du recruteur ?
LA GRANDE NUIT DU CONTE : Quand les contes rallument la mémoire collective
GRANDE NUIT DU CONTE : Le conte contre les écrans
INVITE PAR RADIO FRANCE INTERNATIONALE Mamadou Sellou à Avignon avec Dof
MUSIQUE : Les professionnels apprivoisent l’IA, sans lui céder la création
JUPI INVITE MASTERCLASS : Le cinéma s’ouvre à ceux qui n’ont pas de réseau