Publié le 10 May 2016 - 14:31
CIRCULATION ET COMMERCIALISATION D’ŒUVRES D’ART

De la nécessité de  structurer le marché africain

 

Dans le cadre du marché international des arts (Madak), une conférence sur le thème : ‘’Le marché de l’art : circulation et commercialisation d’œuvres d’art’’, s’est tenue hier au Grand-théâtre.

 

Plus un pays est riche, plus les œuvres d’art y sont mieux vendus. Ainsi, l’art reste un produit de luxe. D’ailleurs, ce sont la Chine et les Usa qui ont enregistré les plus grandes parts de marché ces deux dernières années. Seulement, cela ne signifie pas que dans un continent considéré pauvre comme l’Afrique, il n’existe pas un marché pour l’art. Du moins, c’est ce qu’ont assuré les professionnels invités hier au Grand-Théâtre. Ils animaient une conférence sur ‘’le marché de l’art : circulation et commercialisation d’œuvres d’art’’. Cette rencontre entre dans le cadre de la première édition du marché international de l’art africain (Madak) organisé en marge de la 12e édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art).

 ‘’Il y a un marché en Afrique. Il n’est juste pas structuré’’, s’est désolé le conseiller spécial chargé du développement stratégique au Fongip et coordonnateur de la grappe Ticaa, Brahim Sakho. Ce marché a du mal à se structurer car tous les métiers des arts ne sont pas bien représentés en Afrique. Dans certains pays, il n’y a pas de commissaires priseurs par exemple ou de collectionneurs au vrai sens du terme comme l’a souligné le critique d’art et formateur Babacar Mbaye Diop. C’est à cause de ces manquements que ce dernier estime que ‘’le marché des arts en Afrique est presque inexistant’’.

Toutefois, le Pr Diop reconnaît qu’en Afrique anglophone, le marché est plus consistant qu’en Afrique francophone. Ce que confirme Brahim Sakho. Mais pour ce dernier, il faut améliorer la formation, renforcer les capacités des acteurs, qualifier les produits d’art. Il conseille dans la même optique que des crédits soient dédiés à la production et la création artistiques. Ce qui pourrait augmenter l’offre et attirer une demande plus consistante.  L’Afrique du Sud est à la 24e place mondiale avec des ventes et des achats estimés à 18 milliards de dollars en 2014.

Cela s’explique par le fait qu’en Afrique anglophone, ‘’le marché est bien structuré’’, comme l’a fait savoir l’économiste et expert des industries culturelles Siré Sy. Alors qu’en Afrique francophone ‘’le rapport avec l’art est biaisé’’. En effet, ici l’on considère que l’art est une question de philosophie et d’idéologie alors que chez les anglophones, c’est vu comme du business. Siré Sy a rappelé dans ce sens comment la 2e édition du Festival mondial des arts nègres devant se tenir au Nigeria a été hypothéquée. Quand la délégation sénégalaise est allée là-bas à l’époque pour les besoins de l’organisation, les Nigérians leur avaient fait comprendre que l’évènement devait être un business. Ce que leurs invités ne comprenaient pas bien. Cela a constitué un point d’achoppement.

En outre, ce sont les visions qui diffèrent mais aussi et surtout les textes. ‘’Il nous faut revoir notre législation pour pouvoir concurrencer les pays anglophones’’, a proposé le Pr Babacar Mbaye Diop. Le mieux serait une harmonisation des textes et l’unification de la sous-région ouest africaine par exemple telles que le suggère M. Sakho. Aussi, il faut penser à rendre la fiscalité plus favorable. Ce qui permettrait d’améliorer l’écosystème d’échanges.

Avoir un point franc pourrait être une mesure incitative qui boosterait sans nul doute le secteur de l’art. Bref, il serait mieux que l’Afrique francophone copie le modèle sud-africain. Parce que les arts sont un secteur porteur. Ainsi, ils devraient être mieux considérés parce que source  d’employabilité économique, selon M. Sy. Malheureusement, ‘’nos gouvernants ne l’ont pas compris’’, regrette-t-il. Pour lui, le ministère de la Culture tel qu’on le vit au Sénégal, n’est pas le meilleur modèle. ‘’Il faut donc penser à installer une Agence nationale des arts. Pour une meilleure animation culturelle au Sénégal’’, préconise l’économiste Sy.  

BIGUE BOB

Section: 
KËR NAFY : Kalista Sy ouvre une nouvelle ère des séries sénégalaises
“INDEPENDANCE TEY” Le cinéma comme mémoire vive d’un Sénégal en lutte
Tourisme
SAINT-LOUIS : 34e ÉDITION DU FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ : Une édition pour renforcer les liens culturels et artistiques entre les pays africains
Festival international littérature
MAISON DES ESCLAVES DE GORÉE : La Fondation Tano Kora scelle le lien mémoriel entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal
AVANT-PREMIÈRE “GERMAINE ACOGNY L'ESSENCE DE LA DANSE” : Le souffle d’une vie en mouvement
FORUM DE PRODUCTION - SAINT-LOUIS DOCS Une nouvelle génération de cinéastes africains prend la parole
CLÔTURE SAINT-LOUIS DOCS 2026 : Entre émotions, triomphes et regards vers l’avenir du documentaire africain
SAINT-LOUIS DOCS 2026 : Au cœur du processus de sélection
SAINT-LOUIS DOCS 2026 : Le rôle du critique revisité face aux enjeux du documentaire
SAINT-LOUIS DOCS 2026 Le documentaire Les Voyageurs ouvre le festival sur fond de réalités migratoires
JANT BEATS FESTIVAL 2026 : Dakar s’apprête à vibrer au rythme de la culture
VERNISSAGE DE L’EXPOSITION OUSMANE SOW INTEMPOREL : Ousmane Sow revient à la maison
SAINT-LOUIS : ITINÉRAIRES ARTISTIQUES : La 12e édition tournée vers un écosystème hybride
34ᵉ FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE SAINT-LOUIS : L’édition 2026 axée sur la continuité et le renouvellement
REGGAE AWARDS SENEGAL 2026 : Le reggae sénégalais s’offre une vitrine
FESTIVAL CULTUREL DE NDIAGANIAO : Célébrer la diversité de la population sérère ainsi que d’autres ethnies invitées
MASA 2026 : Khadija Ndiaye, l’œil qui raconte l’Afrique
AVANT - PREMIÈRE DE RAFET A DAKAR Khadidiatou Sow ouvre le débat sur l’acceptation de soi